8 mars: journée internationale de la femme

VÉRONIQUE YANG

Le 8 mars est la journée internationale des droits de la femme, elle est fêtée à travers le monde.

Officialisée en 1982 en France,  le 8 mars a été dédié aux femmes à l’initiative du MLF et de la ministre Yvette Roudy, quoiqu’aucune loi ni décret ne le mentionne, et en fait une célébration pour les Droits des femmes. C’est l’occasion de participer à des cérémonies pour revaloriser et rappeler l’importance du rôle des femmes dans la société française.

L’idée de la journée internationale des femmes a été lancée en 1910 lors de la conférence internationale des femmes socialistes. Un an plus tard, les femmes manifestent en Europe et en 1914, les femmes réclament le droit de vote en Allemagne, en 1915 elles réclament la paix et en 1917, elles manifestent à St Pétersbourg initiant la révolution russe. Le 8 mars 1921, Lénine décrète le 8 mars journée des femmes. Cela devient une tradition depuis 1945 et en 1977, les Nations Unies officialisent la Journée Internationale des Femmes.

En 2018, on continue à célébrer la femme le 8 mars, autonomie, égalité et dignité ont été au programme tout comme la lutte contre l’inégalité et le non respect de la personne. Malgré cela, les femmes restent minoritaires dans la formation et la promotion professionnelle, les salaires restent aussi inférieurs tout comme les postes à responsabilité.

Cette année, le Président de la République s’est rendu en compagnie de Marlène Schiappa, secrétaire d’état chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, et des ministres de l’économie Bruno Lemaire, du travail Muriel Pénicaud, au siège social de l’entreprise parisienne Gecina,  première au palmarès de la féminisation des grandes entreprises. Cette société foncière est exemplaire pour son égalité entre femmes et hommes. Gecina emploie 500 personnes dont 60% de femmes,on retrouve la présence de celles-ci  dans les 100  premiers postes à commencer par celui de la directrice générale, Méka Brunel (Pierre d’Or 2018 Professionnelle de l’Année) nommée en 2017.

Le président de Gecina, Bernard Michel, tient à souligner la parité du conseil d’administration  depuis 2015 et la réduction des écarts de rémunération femmes/hommes à compétences égales depuis 2011. Depuis 2016, le réseau “Open your I” concernant l’égalité professionnelle en phase de recrutement  intervient sur trois aspects : ” lutter contre toutes les formes de stéréotypes dans le développement des carrières, favoriser l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, et soutenir l’entreprenariat au féminin, la mixité et la diversité sont les moyens d’améliorer les performances de l’entreprise”. Pour Méka Brunel , il  faut maintenant entretenir cet état d’esprit qui n’est pas naturel ”

Parmi les autres personnalités présentes se trouvait la Maire de Paris Anne Hidalgo qui est un exemple de réussite féminine dans la politique.

Profitant de la célébration de la Journée Internationale de la femme, elle a inauguré le 8 mars deux voies aux noms de femmes célèbres:

-l’Allée Zabel Essayan en présence de l’ambassadeur de la République d’Arménie en France, Viguen Tchitetchian, commémorant cette femme de lettres arménienne et militante des droits humains née en février 1878, arrêtée en 1937 à Erevan et disparue en 1943

-la rue Antoinette Fouque, militante féministe et figure historique du MLF qu’elle a co-fondé en 1968; elle créa aussi en 1973 les Editions des Femmes afin d’encourager les femmes à écrire. Elle militait aussi au sein de l’ADF créée en 1989. Ce fut pour elle l’occasion de rencontrer d’autres femmes en lutte à travers le monde telles l’espagnole Eva Forest, la birmane Aung San Suu Kyi, la bangladaise Taslima Nasreen ou la turque Leila Zana. Députée européenne de 1994 à 1999, elle décède en 2014 à Paris.

-Dans la même démarche, l’adjointe à la maire en charge de l’égalité femmes/hommes Hélène Bidard a inauguré la place Monique Antoine née en 1933, ancienne avocate représentant les prostituées et les femmes violées, elle a plaidé aux côtés de Gisèle Halimi. En 1973, elle a créé le MLAC en faveur de la liberté pour l’avortement et la contraception dissout en 1975 après la dépénalisation de l’IVG.

Le 8 mars a aussi servi à renforcer l’engagement de Paris sur la place des femmes dans la culture en organisant un colloque sur ce sujet. Dans ce secteur, les femmes sont majoritaires mais seulement 20% d’entre elles ont des postes à responsabilités dans les établissements culturels et leurs salaires sont inférieurs de 18% à ceux des hommes. Un plan d’actions pour l’égalité femmes/hommes au sein du secteur culturel a donc été proposé ce 8 mars  et se déploiera jusqu’en 2020 autour de 4 grands axes:

-Lutte contre les stéréotypes à travers l’éducation et l’enseignement artistique

-Garantie de l’égalité professionnelle, salariale et accès aux postes de direction

-Valorisation et promotion de la création artistique féminine des femmes

-Réalisation de statistiques sexuées pour rendre visible les inégalités et élaborer un diagnostic sur les inégalités observées sur le territoire parisien.

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