Adieu Mireille Darc

Véronique YANG

Mireille Darc s’est éteinte à l’âge de 79 ans après s’être battue contre la maladie. Elle est partie  le matin du 28 août chez elle entourée de son époux et de l’acteur Alain Delon resté près d’elle jusqu’à la fin.

Souvent comparée à Brigitte Bardot, celle que l’on surnommait « La Grande Sauterelle » a marqué le cinéma en particulier pour sa robe à décolleté plongeant dans le dos dans « le Grand Blond.. », mais Mireille Darc n’est pas seulement une actrice, c’est aussi une réalisatrice et une photographe. Par ailleurs , elle a écrit plusieurs livres ( « Tant que mon coeur battra » en 2005 et  une autobiographie  « Mon père » en 2009). Elle s’est aussi essayée à la chanson avec Gainsbourg et Sardou.

Mireille Darc , de son vrai nom Mireille Aigroz est née à Toulon le 15 mai 1938 d’un père d’origine suisse (qui n’est pas son père biologique) et d’une mère épicière. Elle appartient à une famille de trois enfants. Elle arrête ses études à 15 ans pour se consacrer à la danse puis entre au Conservatoire de Toulon pour en sortir en 1957 avec un prix d’excellence.

En 1959, elle monte à Paris et choisit son pseudonyme de Mireille Darc. Elle entre au cours de théâtre de Maurice Escande et gagne sa vie en faisant de petits boulots dont un petit rôle au théâtre pour remplacer une comédienne malade.

Elle fait ses débuts à la télévision en 1960 dans « la Grande Bretèche » de Claude Barma et obtient un an plus tard le premier rôle dans « Hauteclaire » de Jean Prat. Elle décroche son premier rôle au cinéma dans « Pouic Pouic » aux côtés de Louis de Funès et Jacqueline Maillan. Elle tourne ensuite  avec Georges Lautner avec qui elle fera 13 films dont  « les Barbouzes », « Ne nous fâchons pas », « La grande Sauterelle »en 1967 dont le titre reprend le surnom que lui donnait Audiard , « Il était une fois un flic » en 1971 et » la valise » en 1972. C’est ensuite la série des « Grand Blond » avec Pierre Richard sous la direction d’Yves Robert  dans les années 70. On la retrouve aussi aux côtés d’Alain Delon qu’elle a rencontré en 1968 lors du tournage de « Jeff » et avec qui elle vivra pendant 15 ans. Elle participe à de nombreux films où ils se retrouvent, « Madly, Borsalino, Borsalino and co, «  »Les seins de glace », « L’homme pressé » et « Mort d’un pourri »

Dans les années 80, elle doit subir une opération à coeur ouvert, l’intervention est pratiquée par le professeur Cabrol. En 1983, elle est victime d’un grave accident de la route et est hospitalisée plusieurs mois à Genève, après une fracture de la colonne vertébrale. C’est après cela qu’elle se sépare d’Alain Delon et met sa carrière en sourdine, préférant se consacrer à la photographie, à la télévision et au théâtre.   En 1989, elle réalise pour la télévision le film « La Barbare » avec Murrey Head. et perd son compagnon Pierre Barret,directeur de l’Express  puis  président d’Europe 1. Entre  1992 et 2015, elle réalise des documentaires pour la télévision portant sur les greffes d’organes, les prostituées, et  réalise un documentaire sur la mort et les maladies cancéreuses intitulé ‘Le Doute et l’espérance’.  Elle participe aussi à des séries télévisées dans les années 90 (« Les coeurs brûlés », « Les yeux d’Hélène », « Terre Indigo », « Le bleu de l’océan » et « Frank Riva » en 2003). E n 1996, elle rencontre l’architecte parisien Pascal Desprez qui deviendra son futur mari et qu’elle épousera en 2002.

A partir de 2005, elle devient la marraine de l’association humanitaire « La chaîne de l’espoir » créée en 1988 par le professeur Alain Deloche  pour donner un accès aux sons pour les enfants le plus démunis dans 30 pays et pour laquelle elle recevra le « Prix Clarins » en 2006 . La même année elle reçoit  les insignes de chevalier de la Légion d’Honneur des mains de Jacques Delors, puis devient en 2008 la marraine de l’opération « + de vie » s’adressant aux personnes âgées hospitalisées. En 2007, elle monte sur les planches  du théâtre Marigny avec Alain Delon pour interpréter « Sur la route de Madison ». Le 1er janvier 2016, elle est élevée au grade d’officier de la Légion d’honneur et expose ses photographies  en noir et blanc pour la première fois lors d’une exposition intitulée « Un après midi à St Germain des Prés ».

Elle fut aussi décorée en tant que commandeur de l’ordre national du Mérite et commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres.

Depuis 2013, la santé de l’artiste était plutôt précaire, il a fallu une seconde intervention cardiaque  et depuis elle était suivie par le professeur Deloche. En 2016, elle  a frôlé la mort suite à des complications pulmonaires et deux hémorragies cérébrales dont elle se remettait difficilement. Finalement, elle s’est éteinte dans les bras de son mari. Depuis l’annonce de sa mort, de nombreux hommages lui sont rendus en commeçant par Alain Delon, son fils Anthony qui considérait Mireille Darc comme une seconde mère, l’ex président Nicolas Sarkosy, la maire de Paris Anne Hidalgo, Brigitte Bardot qui considérait Mireille Darc comme sa »petite soeur du cinéma » mais aussi les présentateurs Stéphane Bern, Nikos Aliagas, Arthur, Bernard Montiel, Marc-Olivier Fogiel ou Christophe Beaugrand… sans oublier son ami le photographe Richard Melloul.

 

 

 

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