AFFRONTEMENTS AU KENYA APRES LA REELECTION D’UHURU KENYATTA

Véronique YANG

Le Président sortant du Kenya a été réélu avec près de 55% des voix, l’opposition dénonce des fraudes électorales.

Mardi 8 août ont eu lieu les élections présidentielles au Kenya dans un climat tendu. Le président sortant Uhuru Kenyatta se présentait face à Raila Odinga. Dans l’attente des résultats, le pays est resté sous haute tension, de nombreux affrontements ont eu lieu, particulièrement dans la capitale et spécialement dans le bidonville de Mathare.

A l’annonce des résultats, les émeutes n’ont fait que progresser, les opposants du régime actuel menés en faveur de Raila Odinga ayant dénoncé une fraude massive selon eux. Ils contestent la victoire d’Uhuru Kenyatta à 55% des voix et iront jusqu’au bout pour que leur candidat soit proclamé vainqueur car selon eux Uhuru Kenyatta ne dispose d’aucun mandat pour être président. Malgré cela, tout recours en justice contre la réélection d’Uhuru Kenyatta est exclu.

Pour eux, pas question de renoncer, le combat continue malgré les 8 victimes relevées lors de ces échauffourées. La police est intervenue et a tiré dans la foule après usage de lacrymogènes faisant ainsi 2 victimes. Depuis le début des émeutes, on déplore la mort de 8 personnes à Nairobi. L’opposition demande à ses partisans et à la population de rester chez eux afin d’éviter tout danger.

La lutte entre les deux candidats n’est qu’un remake de celle des pères de ces derniers.n En effet, le père d’Uruhu Kenyatta fut le premier président après l’indépendance du pays  et celui de Raila Odingo fut brièvement vice-président.

Le challenger de cette élection est considéré comme un réformateur social influencé par des études d’ingénieur en Allemagne de l’est communiste à Leipzig, il dit lui même qu’il est social démocrate et qu’il veut rééquilibrer les richesses dans le pays, il porte un intérêt à l’économie de marché. Engagé en politique depuis le début des années 80, c’est à cette époque qu’il est emprisonné pour ses positions contre le régime en vigueur jusqu’en 1992. Il sort de prison en 1991. En 2008, il est nommé premier ministre sur intervention de la communauté internationale après les violences éclatées après les élections de 2007 qu’il a perdues une seconde fois, le premier échec étant en 1997. Il se représente en 2013 et est encore battu, cette fois il se tourne vers la justice pour contester la victoire d’Uhuru Kenyatta. Pour ces dernières élections, il n’en fait pas de même mais conteste les résultats.

Le Président Kenyatta est le fils de Jomo Kenyatta, premier président du Kenya de 1964 à 1978. Né à Nairobi en octobre 1961, il suit des études au Kenya puis étudie aux Etats Unis les sciences économiques et politiques à Amherst College.  Pratiquement 50 ans après son père, il devient le 4ème président du pays et pour ces dernières élections il obtient plus de 54% des voix avec une très forte participation de la population. Accusé de crimes contre l’Humanité pour son rôle présumé dans l’organisation des violences consécutives au scrutin de fin 2007, il est le premier inculpé de la CPI à devenir chef de l’Etat. La Cour de La Haye a déjà inculpé le président soudanais Omar el-Béchir en 2009, mais celui-ci était alors au pouvoir depuis vingt ans. Après sa victoire, il tend la main à son rival de l’opposition en déclarant:” Nous ne sommes pas des ennemis, nous sommes des citoyens de la même république, les élections vont et viennent mais le Kenya est ici pour rester.” 

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