Antoine et Simone Veil reposent au Panthéon

Simone Veil l’icône de la lutte pour le droit des femmes, survivante de la Shoah, inlassable défenseur de l’idée européenne, est décédée à l’âge de 89 ans il y a tout juste un an, ce dimanche, elle a fait son entrée au Panthéon, avec son mari Antoine.

Du Mémorial de la Shoah jusqu’au Panthéon, le chemin des cercueils a été ponctuée de symboles retraçant l’histoire de l’ancienne ministre, rescapée de la Shoah, première présidente du Parlement européen : des extraits d’interviews de Simone Veil ou bien le chant de « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat.

Ce monument a depuis la Révolution française, vocation à honorer de grands personnages ayant marqué l’Histoire de France, y sont notamment inhumés Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Victor Hugo, Jean Monnet, Pierre et Marie Curie, André Malraux ou encore Alexandre Dumas.

Simone Veil est la 5ième femme à faire son entrée au Panthéon. 5 femmes pour 76 hommes qui y sont inhumés aujourd’hui., c’est le troisième couple à entrer ensemble dans l’édifice, tandis que la rescapée de la Shoah.

« La France l’aime plus encore car elle a compris d’où lui venait cette force mise au service d’une humanité plus digne », a précisé Emmanuel Macron faisant référence à son passage dans les « camps de la mort » , à l’origine de sa force, « cette part profonde secrète, inaliénable, qu’on appelle dignité ». Selon Emmanuel Macron, « c’est là que malgré les malheurs et les deuils, elle conçut la certitude qu’à la fin l’humanité l’emporte sur la barbarie ».

« Parce qu’elle a connu le pire du 20e siècle, et s’est pourtant battue pour le rendre meilleur, que Simone Veil reposera avec son époux dans le 6e caveau. Elle y rejoindra 4 grands personnages de notre histoire : René Cassin, Jean Moulin, Jean Monnet et André Malraux », a déclaré le président sous les applaudissements. « Ils furent comme elle des maîtres d’espérance ».

C’est pour cette France-là, pour la vraie France, contre la France défigurée dont les collabos exilés continuaient de défendre les crimes que Simone VEIL un jour décida de témoigner.

La France, grâce à elle et quelques autres, regarda en face ce qu’elle n’avait pas voulu voir, ce qu’elle n’avait pas voulu entendre, ce qu’elle avait tant voulu oublier et qui, pourtant, était une partie d’elle-même. Elle comprit que la nation ne doit pas redouter la mémoire blessée de ses fils et de ses filles meurtris, mais l’accueillir et la faire sienne.

Jamais Simone VEIL n’accepta qu’on la décore pour avoir été déportée, et pas davantage elle n’accepta qu’émerge une rivalité des mémoires. La réalité des chambres à gaz et des fours crématoires des camps d’extermination, instruments du crime contre l’humanité, n’atténue en rien l’héroïsme des résistants torturés, fusillés, déportés.

Mais il existe une vérité de l’histoire et la vérité du martyre juif fait aujourd’hui partie intégrante de l’histoire de France, comme en fait partie l’épopée de la Résistance.

Simone VEIL reposera au côté de Jean MOULIN, le héros de la Résistance, le supplicié de Klaus BARBIE qui ne livra aucun secret sous la torture la plus abjecte. Elle, Simone VEIL qui martyrisée par les S.S ne renonça jamais à sa dignité.

Le discours du président de la République s’est achevé sur le chant de la Marseillaise et sur une minute de silence.

Les portes du Panthéon se sont ouvertes un peu avant 12h30. À côté de leurs dépouilles, la « plaque consacrée aux Justes, ces Français qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs, posée en 2007 à son initiative. Simone Veil trouvera ainsi sa place dans la même aile que les résistants Jean Moulin et Pierre Brossolette, le fondateur de l’Europe Jean Monnet, et l’écrivain André Malraux ».

 

Laisser un commentaire