Après la mort d’un ado de 15 ans, le quartier reste sous le choc

VÉRONIQUE YANG

Dimanche soir, les hommages à l’ado poignardé la veille rue de la Roquette suite à une rixe entre bandes rivales continuaient.

Les habitants du quartier, les amis de la victime et même encore certains témoins sont venus se recueillir et ont déposé des fleurs et des bougies durant toute la journée essayant de s’expliquer ce qui est arrivé.

Pour  revenir sur les faits, le drame s’est déroulé samedi  13 décembre au soir, très rapidement mais avec une extrême violence. Les témoins ont vu après une première altercation sur la place où un jeune armé d’un couteau a été interpellé, une cinquantaine de jeunes se précipiter dans la rue de la Roquette non loin de la place Voltaire en deux groupes distincts. Une partie d’entre eux armée de couteaux et de battes de baseball … s’est dirigée vers la bouche de métro et selon un rumeur du quartier,  est revenue avec ” l’intention de s’en faire un”(…). Ils se sont alors dirigés vers la rue Mercoeur où se déroulait le tournage d’un clip de rap.

Vers 19h30, tout s’est enchaîné très vite, après des jets de bouteille blessant au passage d’autres jeunes, des cris ont retenti, les jeunes ont alors détalé laissant sur le trottoir la victime poignardée  dans le dos et sur le flanc avec une lame de couteau de 30 cm. Le quartier a alors été bouclé par la police.

Un passant a tenté de venir en aide rapidement à la victime en essayant un massage cardiaque avant l’arrivée des pompiers qui l’ont transporté à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière où il est décédé vers 21 heures.

La police a interpellé plusieurs jeunes d’une quinzaine d’années dont certains connus pour vol et violence, plusieurs d’entre eux étaient encore en garde à vue dimanche soir. La police avancerait rapidement dans ses investigations.

La victime Ismael était âgé d’une quinzaine d’années, il avait vécu longtemps dans le quartier puis est parti vivre avec sa famille dans le 19ème arrondissement, il avait été à l’école rue Léon Frot puis rue St Maur et avait l’habitude de revenir dans le quartier où il avait gardé de nombreuses  relations. Cette rixe entre bandes du 11ème et 20ème aurait pour toile de fond une rivalité amoureuse.

Le phénomène de bandes de jeunes a intéressé la préfecture depuis 2009 d’où l’existence de la cellule de suivi du plan bande (CSPB) qui a remarqué un rajeunissement important des membres de ces bandes allant de 13 à 14 ans soit une moyenne de 2 à 3 ans plus jeune. C’est aussi grâce à la CSPB que l’on peut décompter et sectoriser ces bandes dans Paris et la petite couronne.

Les arrondissements les plus concernés sont les 18ème, 19ème et 20ème mais aussi les 12ème, 13ème et les 14ème et 17ème. En 2016, une quarantaine de bandes violentes avaient été identifiées. Les bandes n’ont ni structure, ni chef et on assiste à une évolution selon les quartiers, on ne sait pas toujours quelles raisons amènent ces jeunes à agir avec autant de violence. Si depuis quelques années, ce phénomène avait baissé, il est reparti à la hausse depuis 2 à 3 ans.

En mai de la même année, le procureur de la République de Paris François Molins a mis en place un groupe local de traitement de la délinquance regroupant les services de police, les magistrats, l’Education nationale et les mairies d’arrondissement. Désormais, dès que des rassemblements avec des armes comme bâtons ou armes blanche, les jeunes sont interpellés puis mis en garde à  vue. Une enquête de la sûreté territoriale de Paris est ensuite ouverte.

Toujours en 2016, dans le 20ème on a dénombré 24 phénomènes de bandes, 61 interpellations et 25 déférements devant la justice. En janvier 2017, un jeune de 17 ans avait été poignardé devant son lycée et en septembre dernier un autre avait été abattu. La jeune  nouvelle victime de la rue de la Roquette vient avec celle de la veille à la station Châtelet-les Halles, un jeune de 22 ans venant de l’Essonne poignardé par un autre de Melun, alourdir le bilan meurtrier de ces rixes.

 

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