BUCAREST: la censure des films peut être considérée l’homophobie et discrimination contre la communauté lgbt

GABRIEL MIHAI

Des manifestants ont interrompu le dimanche et le jeudi à Bucarest la projections des films «Soldati. Poveste din Ferentari» et «120 battements par minute», accusée de «faire la publicité de l’homosexualité», pareille réaction dans la même salle.

L’un des grands favoris de la compétition le 2 mars prochain au César, le film de Robin Campillo a été distingué lundi soir dans six catégories par l’Académie des Lumières, qui décerne chaque année ses prix de la presse étrangère à Paris.

120 Battements par minute, grande fresque sur les années sida en France à travers le combat de l’association Act Up, a été consacré meilleur film, lundi soir, par les 23e prix Lumières de la presse internationale en poste à Paris.

Grand prix du jury du 70e Festival de Cannes, lauréat de la «Queer Palm» et parmi les grands favoris pour les prochains César (13 citations, un chiffre record), le film de Robin Campillo s’est imposé dans cinq catégories des Lumières.

Robin Campillo a été récompensé du titre de meilleur réalisateur et du meilleur scénario, quand Arnaud Valois, son partenaire dans le film de Robin Campillo, a remporté quant à lui le trophée de la révélation masculine tandis qu’Arnaud Rebotini, a été primé pour la meilleure musique.

Mais le dimanche 4 février, au musée paysan roumain, à la projection de « 120 battements par minutes », un groupe de jeunes spectateurs cagoulés a perturbé, notamment en diffusant de la musique, le début de la séance de ce film programmée.
Ils ont été évacués par la police et la projection a pu reprendre.

Des manifestants ont interrompu jeudi à Bucarest la projection d’un film roumano-serbe accusé de «faire la publicité de l’homosexualité».

Peu avant, à l’extérieur du musée, une trentaine de personnes se revendiquant d’une association religieuse orthodoxe avaient manifesté pour «défendre les valeurs millénaires de la nation roumaine».

Le film visé, «Soldati. Poveste din Ferentari», est une co-production roumano-serbo-belge sortie l’an dernier, réalisée par la cinéaste serbe Ivana Mladenovic, qui raconte l’histoire d’amour entre un anthropologue et un ancien détenu rom.

Peut-être l’un des principaux mérites du réalisateur est-il que l’histoire d’amour entre Adi et Alberto soit rendue «juste» dans le sens où il est évident qu’il n’a pas cherché à scandaliser le film pour recevoir plus d’attention. Les scènes entre les deux sont douces ou drôles, surtout à cause des typologies diamétralement opposées qu’elles représentent: Adi, le type cynique calme qui a toujours les mots pour lui, et Alberto, le symbole vivant de Ferentari.

La production a reçu une mention spéciale du jury de la 18ème Premios Sebastiane, section du Festival de San Sebastián, qui récompense les films qui reflètent le mieux les valeurs et les réalités de la communauté lesbienne, gay, transgenre, bisexuelle et intersexe LGBTI).

La direction du Musée a défendu dans un communiqué sa décision de diffuser des films «sans censurer leur contenu» et rappelé que «la liberté d’expression est l’un des principaux acquis de la démocratie roumaine» après le renversement du régime communiste fin 1989.

En Roumanie, pays de tradition orthodoxe aux moeurs conservatrices, l’homosexualité a été dépénalisée au début des années 2000.

Comme on peut le voir comme une discrimination, l’homophobie, les altercations et les agressions sont créées par l’association religieuse orthodoxe, la communauté lgbt doit toujours supporter toute forme d’injustice.

 

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