Des milliers de Roumains se sont rassemblés contre la corruption dans les rues

Des milliers de Roumains sont descendus dans la rue, pour la quatrième soirée consécutive, afin de protester contre le gouvernement de gauche après les échauffourées qui ont fait des centaines de blessés au cours d’une manifestation vendredi.

Chantant l’hymne national et agitant des drapeaux de la Roumanie, les manifestants, beaucoup moins nombreux que les deux nuits précédentes -ils avaient alors été des dizaines de milliers-, se sont à nouveau rassemblés place de la Victoire, en face du siège du gouvernement.

Nombre d’entre eux ont à nouveau accusé le gouvernement de corruption et réclamé sa démission.

La commissaire européenne à la Justice, Vera Jourova, a pressé lundi le gouvernement roumain de repenser une récente législation judiciaire qui a précipité les Roumains dans la rue pour protester ces trois derniers jours.

Les organisateurs des mouvements de protestation en Roumanie estiment que la réforme judiciaire controversée est taillée sur mesure pour satisfaire les intérêts d’élus corrompus. La législation menace l’indépendance des juges, limite l’autorité du ministère public et sape la confiance dans le système judiciaire, a pour sa part commenté la commissaire européenne Jourova dans le quotidien allemand Die Welt lundi. Il serait “utile” que le gouvernement roumain retravaille son projet de loi, ajoute Vera Jourova la commissaire.

La coalition au pouvoir en Roumanie a déjà fait passer des lois qui affaiblissent le pouvoir de l’agence anticorruption du pays. Laura Kovesi, qui la dirigeait, a en outre été limogée alors qu’elle et son agence étaient reconnues mondialement pour leur efficacité dans la lutte contre la corruption.

Dimanche, quelque 15.000 personnes se sont réunies devant le siège du gouvernement, sifflant, criant des slogans comme «la corruption tue ! Démission !» et accusant les membres du gouvernement d’être des «voleurs». Ces rassemblements pacifiques se sont multipliés en Roumanie depuis l’arrivée au pouvoir du Parti social-démocrate (PSD) début 2017 qui cherche à dépénaliser certains délits de corruption. Les députés du PSD ont approuvé cette année des modifications du code pénal, provoquant l’inquiétude des Etats-Unis et de l’Union européenne. Ces modifications ont fait l’objet d’un recours devant la Cour constitutionnelle. Le chef de file du PSD Liviu Dragnea a été condamné à trois ans et demi de prison par la cour suprême en juin pour incitation à l’abus de pouvoir.

“Selon une décision gouvernementale de 2014, le Centre national de gestion des actions de l’ordre public est organisé conformément à la loi au sein du ministère d’intérieure en tant que structure d’aide interinstitutionnelle à la gestion intégrée des actions spéciales et de gestion de crise. “
Le centre de décision se réunit en réunion chaque fois que la situation l’exige, à la demande du vice-premier ministre, du ministre de l’intérieur ou des dirigeants des autres institutions publiques représentées.
Selon G4Media.ro, les institutions, les armes composant le centre de décision ont été convoquées au ministère de l’Intérieur vendredi soir et la session a été prolongée jusqu’à 3 heures du matin. Dans cette situation, Carmen Dan est directement responsable des violations de la loi et des décisions prises, a déclaré des surce des forces de ordine au G4Media. “

Mise directement en cause, la ministre de l’Intérieur Carmen Dan a assuré que les gendarmes avaient agi en respectant la loi pour “défendre les institutions de l’Etat”.

Amnesty International demander aux les autorités roumaines doivent mener des enquêtes rapides, approfondies, indépendantes et impartiales par les autorités civiles sur les allégations d’usage inutile et excessif de la force par la gendarmerie contre les participants à une manifestation à Bucarest le 10 août et traduire en justice procès équitables. Amnesty International est profondément préoccupée par les allégations d’utilisation sans discernement d’irritants chimiques tout en dispersant la manifestation et l’annonce par les autorités que l’enquête serait menée par le tribunal militaire.

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