Emmanuel Macron a présenté devant l’Académie française son plan pour développer la francophonie

En présence du couple grand-ducal du Luxembourg, Henri de Luxembourg et Maria-Teresa de Luxembourg, devant les membres de l’Académie française et 300 jeunes réunis sous la Coupole, Emmanuel Macron, accompagné de son épouse Brigitte, a présenté sa stratégie pour promouvoir la langue française.

C’est la première fois qu’un Président en exercice s’exprime devant l’Académie française.
Dans une déclaration d’amour à la langue française, il a rendu un vibrant hommage à «ces héros bien particuliers qu’on appelle les profs de français», faisant au passage un clin d’oeil à son épouse Brigitte, ex-professeur de français.

Evoquant avec humour « une forme de conflit d’intérêt biographique » qui pourrait conduire à fausser son jugement, il a réaffirmé avec conviction :  » … je veux néanmoins dire que l’histoire de notre pays fut constituée par ces héros que sont les professeurs de français».

Le chef de l’Etat a évoqué une trentaine de mesures visant à faire passer le français, parlé par près de 300 millions de locuteurs, de la 5ème à la 3ème place des langues les plus parlées dans le monde.

A Ouagadougou, en novembre dernier, dans son discours « à la jeunesse africaine », Emmanuel Macron s’était montré offensif sur la francophonie en appelant à relever le défi de faire du français « la première langue de l’Afrique ».
C’est en effet grâce au dynamisme démographique de l’Afrique que la francophonie est l’espace linguistique à la plus forte croissance.

Il souligne que mener une politique francophone ne revient pas à mener une politique coloniale mais plutôt à défendre la diversité linguistique. Selon lui, le combat pour la francophonie n’existe que dans «le plurilinguisme».
Loin de défendre le français contre les langues africaines, Emmanuel Macron assure qu’il veut aussi «faire droit à toutes les langues que la mondialisation fragilise».

Il faut avoir « une conception ouverte » de la francophonie en prenant acte que « le français est désormais plus parlé hors de France que sur le territoire national.
Au-delà de l’Afrique, Emmanuel Macron souhaite augmenter le nombre d’apprenants du français par Internet, par l’implantation d’universités et de grandes écoles à l’étranger.

Actuellement, 500 lycées français à travers le monde accueillent quelque 350 000 élèves. L’objectif est de le doubler.
Former de nouveaux enseignants, notamment au Mexique et au Liban, est une autre priorité, tout comme le doublement du nombre d’étudiants étrangers e France venant des pays émergents.
A New Delhi, Emmanuel Macron avait ainsi appelé à doubler le nombre d’étudiants indiens accueillis en France pour le porter à 10.000 d’ici à 2020.
Quant au « franglais » qu’il utilise souvent, Emmanuel Macron assume le paradoxe.

« Je n’hésite jamais à m’exprimer à la fois en français et en anglais, sur des scènes internationales, devant des milieux d’affaires. Je pense que ça renforce la francophonie de montrer que le français n’est pas une langue enclavée, mais une langue qui s’inscrit dans le plurilinguisme, assure-t-il, « Je ne fais pas partie des défenseurs grincheux de la langue ».

Détaillant quelques mesures, il a demandé «des exercices multipliés, de la dictée à la pièce d’éloquence, de la lecture à voix haute à la chanson, de la récitation à la réflexion sur la racine des mots, qui passe par la revitalisation r des langues anciennes».

«Je veux que la littérature française retrouve toute sa place aux dépens des succédanés dont trop souvent on s’est satisfait et je veux que les élèves renouent avec les oeuvres intégrales trop souvent découpées en extraits, avec le plaisir de lire, (…) qui accepte qu’on se perde dans des longueurs», a-t-il réclamé.

 

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