G7: à La Malbaie, la tension est montée politique, entre Trudeau et Trump … et des clôtures pour un manifestant

Le gouvernement a déployé des milliers de policiers à La Malbaie, érigé une clôture de deux kilomètres et construit un centre de détention en prévision d’éventuels débordements, alors que la tension entre Justin Trudeau et Donald Trump est montée à quelques heures du début du Sommet du G7, le président américain a affirmé vendredi après-midi que la relation entre les deux hommes était « très bonne » et que « beaucoup de progrès » avait été accomplis pendant la journée.

Dans la petite ville au bord du fleuve, une quinzaine de manifestants seulement ont osé se montrer le bout du nez.
La « zone de libre expression », ce stationnement ceinturé de 70 clôtures, legs de la Formule E, transportées expressément de Montréal, était vide vers 15 h. Vide, à part un manifestant qui brandissait sa pancarte.

Le président américain a poursuivi sur un ton plus sérieux en affirmant que des progrès avaient été accomplis pendant la première des deux journées du Sommet du G7, qui se déroule au Manoir Richelieu dans Charlevoix.

« Notre relation est très bonne et nous travaillons vraiment pour réduire les tarifs et rendre cela très équitable pour les deux pays, a-t-il avancé. Nous avons fait beaucoup de progrès aujourd’hui et nous verrons comment cela va fonctionner. »

Le manifestant Guillaume Lespérance, venu dénoncer une dépense de fonds publics « scandaleuse », le gouvernement de Justin Trudeau a dépensé 600 millions pour la tenue du G7 dans Charlevoix.

« Tu viens ici, on dirait que tu étouffes », a déploré Guillaume Lespérance, un enseignant de 30 ans qui habite La Malbaie.

Au fil de la journée, une quinzaine de manifestants au total a investi la zone. Il y a eu ce couple de retraités des Éboulements, un petit groupe de Coréens venus déplorer le rapprochement entre les États-Unis et la Corée du Nord et quelques Lévisiens d’origine ukrainienne qui voulaient dénoncer la Russie.

Une caméra est accrochée à une clôture pour filmer la « zone de libre expression ». Les manifestants sont invités à se planter devant pour énoncer leurs revendications. Une pancarte explique que les images sont retransmises à l’intérieur du Manoir Richelieu, où les chefs d’État peuvent les regarder, ou simplement les ignorer.

Donald Trump, qui a publié une salve de messages acrimonieux contre Justin Trudeau depuis jeudi soir, a commencé par lancer une blague pour tenter de détendre l’atmosphère.

Donald Trump menace également de déchirer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), ou encore de négocier des ententes séparées avec le Mexique et le Canada – ce à quoi Ottawa s’oppose.

« Nous avons fait beaucoup de progrès aujourd’hui et nous verrons comment cela va fonctionner, a dit M. Trump. L’ALENA pourrait prendre une autre forme. Ça pourrait être avec le Canada, avec le Mexique, une entente bilatérale, beaucoup plus simple et facile à faire qui fonctionne beaucoup mieux pour les deux pays. Nous parlons entre autre de ça. »

Donald Trump s’est enfin permis une dernière boutade quand un journaliste a demandé à Justin Trudeau s’il était déçu de voir le président quitter La Malbaie plus tôt que prévu samedi matin, quelques heures avant la fin officielle du Sommet.

Le Manoir Richelieu est protégé par une clôture de 1,4 kilomètre, sans compter la clôture de la « zone de libre expression ». À La Malbaie, les policiers sont partout, et on a même installé des points de contrôle dans des villages environnants.

Le nombre famélique de manifestants à La Malbaie ne surprend pas la militante Angela Giles, du Conseil des Canadiens. Selon elle, la répression et les arrestations de masse au G20 de Toronto en 2010 ont créé un climat « d’intimidation » au pays.

 

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