Gilets jaunes: mobilisation dans toute la France, deux jours après les annonces d’Emmanuel Macron

Deux jours après les annonces d’Emmanuel Macron, les gilets jaunes ont manifesté samedi dans plusieurs villes en France dont Strasbourg.

Ce nouveau samedi illustrant la persistance d’un mouvement inédit, qui met à mal la capacité d’Emmanuel Macron à imposer ses réformes depuis plus de cinq mois, a été marqué par quelques tensions à Strasbourg, Lille et Toulouse.

À Paris, deux cortèges distincts ont réuni dans le calme 2600 gilets jaunes selon les autorités contre 9000 la semaine dernière. La préfecture de police de Paris a indiqué avoir procédé à 13 500 contrôles préventifs et à 14 interpellations.

Depuis le début du mouvement – né d’une colère contre la hausse des taxes avant de s’étendre à des revendications pour plus de pouvoir d’achat et de démocratie directe – 2400 gilets jaunes et 1700 membres des forces de l’ordre ont été blessés, selon Beauvau.

Les annonces d’Emmanuel Macron n’avaient pas convaincu les “gilets jaunes”. Deux jours après la conférence de presse du président de la République à l’Élysée, censée conclure trois mois de “grand débat national”, les opposants au gouvernement comptaient sur ce 24e samedi de mobilisation pour relancer leur mouvement, après un acte 23 marqué par une baisse de la participation. Mais l’objectif est manqué, les “gilets jaunes” ayant connu ce samedi une mobilisation parmi les plus faibles depuis le début du mouvement, le 17 novembre.

Alors que l’acte 23 avait été marqué par des incidents à proximité de la place de la République, l’ambiance était beaucoup plus calme ce samedi.
La mobilisation parisienne était divisée en deux cortèges. Le plus important s’est élancé à 13 heures du boulevard de Montparnasse, mêlant “gilets jaunes” et gilets rouges de la CGT, pour une convergence des luttes et une “riposte générale” au gouvernement et au Medef. Plusieurs représentants de partis de gauche, comme le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon étaient présents, et le cortège a rassemblé au plus fort de la journée 5.500 personnes. Après une arrivée vers 15 heures place d’Italie, les manifestants se sont ensuite dispersés progressivement sans incident, tandis que certains ont rejoint la place de la République, pour un rassemblement improvisé.

Les gilets jaunes ont aussi manifesté ce samedi à Bordeaux où ils étaient entre 2.000 et 2.500 selon France Bleu Gironde, soit un peu plus nombreux que les semaines précédentes.
Quelques 400 gilets jaunes ont défilé ce samedi à Evreux. Ils étaient quasiment autant à la Rochelle. A Belfort, 250 gilets jaunes ont battu le pavé dans le centre-ville sous la pluie.
A Saint-Etienne, 200 gilets jaunes ont bloqué la Nationale 88 en milieu d’après midi. Ils étaient autant à manifester à Valence dans la Drôme, à Amboise en Touraine ou encore à Avignon. Mobilisation aussi ce samedi ans le Limousin et en Dordogne.

Comme chaque semaine depuis le début du mouvement, des rassemblements étaient prévus dans de nombreuses villes à travers la France, malgré de nombreuses interdictions de manifester. À Toulouse, épicentre d’un “acte 23” du mouvement émaillé d’échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre, il était ainsi à nouveau interdit de manifester sur la place du Capitole jusqu’à 21 heures. 2.000 personnes ont tout de même défilé dans les rues de la “Ville rose”.

À Montpellier, 1.500 personnes ont battu le pavé, selon la préfecture, tandis qu’ils étaient près de 1.000 à Marseille. À Lyon, une opération escargot contre la limitation de vitesse à 70km/h sur le périphérique lyonnais était notamment organisée.

À un mois des élections européennes, les gilets jaunes entendaient donner un caractère « international » à la journée d’action avec une manifestation à Strasbourg, siège du parlement européen, où les forces de l’ordre ont barré la route du centre et des institutions européennes au cortège (2000 gilets jaunes selon la préfecture). Quarante-deux personnes ont été interpellées et la préfecture a déploré de « nombreuses dégradations ». Mais les forces de l’ordre ont empêché les manifestants de rejoindre les institutions européennes, et ont répondu à des jets de projectiles par de nombreux tirs de gaz lacrymogènes. Puis de nouveaux heurts ont éclaté à proximité du Conseil de l’Europe, avec notamment des feux de poubelles. Selon la préfecture, “de nombreuses dégradations ont été constatées (éléments du mobilier urbain détériorés et brûlés, vol de matériel de chantier, etc.)” au cours de la journée. En début de soirée, la préfecture faisait état de 42 interpellations, et de sept blessés légers (trois policiers, trois manifestants, et une riveraine).

Le ministère de l’Intérieur a recensé 23.600 manifestants dans toute la France, contre 27.900 la semaine précédente. Cette mobilisation compte parmi les plus faibles depuis le début du mouvement.

Certains “gilets jaunes” avaient d’ailleurs fait l’impasse samedi pour se concentrer sur les rassemblements à venir, une grande manifestation unitaire étant organisée par la CGT, FO, FSU, Solidaires, l’Unef (étudiants) et l’UNL (lycéens). Et sur les réseaux sociaux, des messages se multiplient depuis plusieurs jours pour inviter à faire du 1er mai ”l’acte ultime”.

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