Gouvernante générale, un métier d’excellence

Leur antenne parisienne a fêté ses trente ans le 29 mars dernier. Elles ? Vous connaissez leur titre, mais bien souvent, vous le confondez avec la fonction de femme de ménage ou celle en charge de l’intendance d’une maison. Dans la réalité, il en est tout autre. Véritables chefs d’orchestre indispensables au bon fonctionnement de l’organisation d’un hôtel (à partir de certains 3 étoiles), les gouvernantes générales ont l’œil sur tout. Rien ne leur échappe. Certes, elles sont le garant du confort du client, mais pas que.  Plannings, management, recrutement, formation, gestion des équipes, du budget et des stocks, suivi des opérations techniques, des travaux d’embellissement et de rénovations, des consignes d’entretien, du respect de l’hygiène, de la sécurité, de la qualité de service, de l’accueil et du séjour des clients, choix des prestataires, valorisation et représentation de l’établissement lors d’événements extérieurs… la liste de leurs tâches est sans fin.

Eh oui, il n’y parait peut-être pas, mais c’est tout cela une Gouvernante Générale. ! Un travail de l’ombre, varié, loin d’être de tout repos, qui demande rigueur, disponibilité, flexibilité et diplomatie ; et le tout, bien évidemment, avec le sourire. Leurs multi compétences en font des plaques tournantes inévitables. L’excellence, rien que l’excellence, tel est leur cheval de bataille dans la passion qui les anime au quotidien.

Et n’allez pas croire que ce métier de management de terrain n’est réservé qu’à la gente féminie. Ils sont encore peu nombreux, mais de plus en plus d’hommes le pratiquent et c’est tant mieux, car rien ne vaut la mixité dans les équipes.

Quid de la formation ? L’offre est variée et dépend de la taille ainsi que du standing de l’hôtel. Le parcours suivi peut se faire à partir d’un bac technologie, de la voie professionnelle du BP gouvernante et de celle du BTS Hôtellerie Restauration, d’une licence pro ou d’un diplôme d’école. Ces cursus acquis, le pied à l’étrier sera d’abord mis en exerçant en tant que gouvernante d’étage afin de superviser la qualité du travail des femmes de chambre, sous le contrôle de la première assistante. La possibilité est ensuite donnée d’accéder au titre d’assistante de la gouvernante générale. Pour atteindre le graal, l’expérience acquise et la détermination feront le reste. Paris ne s’est pas construit en un jour. Dans le milieu de l’hôtellerie de luxe, les échelons doivent être gravis progressivement tout en faisant ses preuves. La perfection ne peut s’autoriser la moindre petite faute de quart.

Et pour être sûre qu’elle soit bien respectée, l’association AGGH veille (association des gouvernants et des gouvernantes générales de l’hôtellerie). Créée en 1977 à Nice, elle ne compte pas moins de 180 membres répartis en six antennes régionales (Côte d’Azur, Paris-Ile-de-France, Rhône-Alpes, Grand Ouest, Grand Est et Aquitaine). Sa mission ? Valoriser le métier. Pour ce faire, elle organise chaque mois des rencontres style « networking » pour réunir ses membres afin d’échanger sur des idées, les évolutions du métier, des difficultés rencontrées… permettre aux partenaires de présenter leurs services, produits ou nouveautés. Elle actionne aussi beaucoup dans les écoles hotellières, les centres de formation et les universités afin de faire mieux connaître le travail d’une Gouvernante Générale.

Loi 1901, cette association nationale professionnelle, toujours dans sa quête de rayonnement, a créé depuis 2007, en partenariat avec l’Education Nationale, le concours MOF « classe Gouvernant(es) des services hôteliers ». Organisé tous les quatre ans, il est une vraie reconnaissance de la profession.

On l’aura compris, plus qu’une passion, être Gouvernante Générale est une vertu qui implique les notions d’entraide, de partage et de transmission d’un savoir-faire. Elles en sont le relai et les ambassadrices, tant sur le plan national, régional qu’international. www.aggh.fr

 

   

Corinne Veyssière, présidente nationale AGGH

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