Journée d’études à la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine sur le thème : “Les intellectuels face aux idéologies extrémistes”

L’Association de Presse européenne pour le Monde arabe (APEMA) et le Cercle d’Analyse et de Recherche géopolitique (GRAC), en collaboration avec le groupe MICA (Laboratoire de Recherche Médiations, Informations, Communication, Arts de l’Université de Bordeaux Montaigne), ont organisé le 16 janvier 2019 à la Maison des Sciences de l’Homme sur le campus de Pessac une conférence sur le rôle des intellectuels dans la lutte contre l’extrémisme.

Participaient à cette réunion :

Dr. Nidal Shoukeir, Président de l’APEMA, Dr. Noble Akam, Maître de conférences HDR à l’Université Bordeaux Montaigne, Dr. Ahmed Ali Mohammed Almarzooqi, Professeur de Relations internationales, Dr. Randa Sayegh, Professeure de culture et de langue arabes à l’Université AlfonsoX El Sabio, Dr. Moncef Mehrezi, Chercheur et Chargé d’enseignement à LEA Bordeaux Montaigne, Pr. Jean-Jacques Cheval, Professeur des Universités, Université Bordeaux Montaigne, Dr. Abdelhak Azzouzi, Professeur de Relations internationales et de Sciences politiques, Dr. Mohamed AliBin Huwaidin, Directeur du Département des Sciences politiques de la Faculté des Sciences humaines et sociales de l’Unversité des Emirats Arabes Unis, Jean Valère, Président du GRAC, Dr. Mokhtar Ben Henda, Maître de conférences HDR à l’Unversité Bordeaux Montaigne, ainsi que Dr. Jamal Sanad Al Swaidi, Directeur du Centre émirati des Etudes et Recherches stratégiques et auteur de l’ouvrage “Le Mirage”.

Cette rencontre avait pour but de proposer des solutions pour lutter contre montée de l’extrémismeen Europe.

Les intellectuels ont un rôle important à jouer car ils luttent par la pensée.

Face à l’augmentation des groupes radicaux, les intellectuels doivent se mobiliser pour comprendrece qui se passe dans la tête de ces extrémistes.
Déjà au 16ème siècle, dans ses “Essais”, Michel de Montaigne écrivait “J’admets en nous plusfacilement la différence que la ressemblance », se faisant l’apôtre de la tolérance. La différence estune force, tout comme l’esprit critique.
Comment des hommes ordinaires deviennent-ils des fanatiques ?
Le radicalisme se forme dans l’ignorance qui crée la peur de l’autre, laquelle engendre la haine etconduit à
la violence.
Personne ne naît violent. La prévention par l’éducation est donc primordiale, le plus tôt possible, àl’école, puis à la faculté. Elle passe par les réseaux sociaux qui représentent un point de rencontre pour la jeunesse. Il importe de transmettre le sentiment d’appartenance, d’humanité partagée pour vivre dans un monde en paix, de favoriser la résilience.
L’intégration est une chose difficile. L’identité culturelle, l’appartenance  à une communauté doit prévenir l’infiltration de l’extrémisme.

La radicalisation est un véritable processus qui touche des personnes vulnérables. Elle s’accompagne de signes précurseurs, comme la colère, « nous contre eux », le changement de mode de vie, la peur de l’exclusion. Elle revendique une forme violente d’action pour imposer ses idées et conteste l’ordre existant.

Elle occupe l’espace public – notons que le Maroc a réussi à éloigner les fanatiques de l’espace public religieux, elle s’infiltre dans les mosquées, impose le port du voile intégral, embrigade par lebiais d’ouvrages, des médias et des réseaux sociaux …

Les principales cibles sont la police et l’armée, les touristes et les hommes politiques.

Avec la disparition des frontières, le monde devient un village planétaire et le terrorisme est devenu international.

Depuis 40 ans, les pays européens et musulmans ont toléré des groupuscules religieux – salafistes, Frères musulmans, djihadistes –  qui ont pris de l’importance en se connectant.
Et cela, jusqu’au 11 septembre 2001, date qui marque un tournant.

Les Etats ont alors pris conscience de la grande menace qui touchait aussi les pays musulmans. Rappelons que 90% des victimes sont des musulmans.

Une solution existe, militaire, tuer ou emprisonner les terroristes. Une autre est la lutte par la pensée afin d’éviter la dissémination d’idées intolérantes de délinquants qui ne sont pas de vrais religieux.
Dans son livre Le Mirage, le Dr. Jamal Sanad Al Swaidi a étudié ces groupes extrémistes pour comprendre leur histoire, leur idéologie, leurs objectifs. Les connaître pour les démasquer et mieux les combattre dans une lutte intellectuelle.
Ces groupes sont isolés intellectuellement et refusent toutes nouvelles idées. Ils ne lisent pas, ne

tolèrent pas.

Ils ne croient pas en un état de droit souverain. Ils veulent instaurer un grand califat, du Maroc à l’Indonésie, en utilisant la religion pour atteindre le pouvoir, alors qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes, ni la religion, ni un Etat.

Derrière un discours attrayant, se cache un programme masqué destructeur de la société, n’apportant aucune solution réelle aux problèmes de la société. L’islam est une religion, ce n’estpas une solution.
L’ouvrage Le Mirage, clair, scientifique, pédagogique, pourrait être proposé dans les programmesd’études. Il démonte et critique les mécanismes intellectuels des islamistes, il aide à s’interroger sur l’interprétation rigoureuse ou biaisée des textes religieux, il apporte des solutions.

Jean Valère Baldacchino rappelle combien sont redoutables les media et internet. Il propose la création d’une instance au niveau européen, rassemblant des experts sur des sites et des médias, mettant en avant les valeurs d’un islam “pur” ainsi que la fraternité et la solidarité pour contrecarrer le discours es extrémistes.

Il cite la Malaisie comme exemple de réussite entre modernité et islam.

L’islamisme est un courant qui cherche à créer une confusion entre islam et politique dont l’origine remonte à 1928 avec l’arrivée des Frères Musulmans.
Les intellectuels musulmans sont les acteurs majeurs de la lutte contre les islamistes. Ils peuvent les défier sur leur propre terrain par une forte couverture médiatique.

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