La 71e édition du festival de Cannes commence aujourd’hui

La cérémonie d’ouverture de la 71e édition du festival de Cannes présentée par Édouard Baer.

La cérémonie d’ouverture de la 71e édition du festival de Cannes a lieu ce mardi 8 mai à partir de 19h15. Présentée cette année, pour la troisième fois, par Édouard Baer, cette cérémonie donnera le la du festival international du cinéma.

On a souvent reproché à la compétition du plus grand Festival de cinéma du monde d’être le rendez-vous des « abonnés », autrement dit de cinéastes confirmés, multi-primés, parfois déjà lauréats d’une Palme d’Or, Ken Loach, les frères Dardenne, Nanni Moretti, Michael Haneke… . La qualité de la sélection était souvent au rendez-vous, l’effet de surprise beaucoup moins.

La cérémonie d’ouverture sera l’occasion d’une première rencontre entre le jury, présidé cette année par l’actrice australienne Cate Blanchett, et des festivaliers. Une femme présidente pour la première édition du festival de Cannes après la déflagration Weinstein, au mois de septembre dernier.

Elle mettra à l’honneur les 21 films en compétition, dont quatre sont français. Le film d’ouverture de cette édition 2018 – fait rare – est également en compétition. Il s’agit d’Everybody knows, de l’Iranien Asghar Farhadi. À l’affiche figure le couple le plus glamour du septième art, Penelope Cruz et Javier Bardem.

Officiellement, après avoir soufflé les 70 bougies du Festival, Frémaux voulait instaurer du changement et éviter l’immobilisme. Résultat : sur les 21 cinéastes retenus pour la compétition officielle cette année, on dénombre pas moins de 9 nouveaux arrivants dans la jungle cannoise. C’est énorme.

Si on prend par exemple la sélection française, on constate que des cinéastes réputés et attendus comme Jacques Audiard sont absents, et remplacés par des jeunes noms inconnus du grand public : Eva Husson, Yann Gonzalez… On voit aussi arriver des films en provenance d’Egypte, du Liban aux côtés des auteurs russes, iraniens et asiatiques.

Dans cette sélection, pointons quand même quelques cinéastes plus réputés : l’Iranien Asghar Farhadi, qui a les honneurs du gala d’ouverture ce mardi soir avec  » Everybody knows  » (avec le couple Javier Bardem et Penelope Cruz) ou encore le Turc Nuri Bilge Ceylan, seul cinéaste cette année à avoir déjà remporté une Palme d’Or avec  » Winter Sleep « . Ce sont des noms réputés, mais surtout auprès des cinéphile.

En jouant la carte de la découverte et des cinémas du monde, le Festival de Cannes joue gros cette année. Si les films de la compétition sont de qualité, on louera le flair du comité organisateur.

Le Festival va avoir du mal à garder sa réputation de « Numéro 1 », et les quelque 4000 journalistes accrédités réfléchiront à deux fois à revenir couvrir aussi massivement un événement culturel qui perd, chaque année, un peu plus de son glamour légendaire.

Nouvel Obs: l’ancien boss du Festival Gilles Jacob analyse cet échec de Frémaux avec des mots très durs : « Une des missions du directeur du Festival est d’y maintenir la présence de Hollywood. Qui dit « Hollywood » dit « stars ». Les stars sont une locomotive qui tire les wagons que sont les films d’auteur pointus. Il faut les deux. Sans Hollywood, Cannes n’est pas Cannes. Le Festival doit rester l’endroit où le cinéma mondial se retrouve chaque année dans sa globalité.  » Le message est on ne peut plus clair.

Cette année: les selfies, interdits sur le tapis rouge. «On ne vient pas à Cannes pour se voir, mais pour voir», a asséné Thierry Frémaux lundi.

Festival de Cannes 2018/  Thierry Frémaux  et Pierre Lescure

Festival de Cannes 2018/Pierre Lescure

Festival de Cannes 2018 /  Thierry Frémaux

 

Laisser un commentaire