La place de l’enfant est à l’école, stop à l’esclavage et au travail forcé

Le travail des enfants dans la chaîne d’approvisionnement du cacao. La Côte d’Ivoire s’engage contre ce fléau.

A l’occasion de la 25ème édition du Salon du Chocolat de Paris, Mme Dominique Ouattara, première Dame de Côte d’ivoire et Présidente du Comité National de Surveillance des Actions de lutte contre la Traite, l’Exploitation et le Travail des Enfants (CNS), a convié le public et la presse à un panel de discussion sur le travail des enfants dans la chaîne d’approvisionnement du cacao en Côte d’Ivoire avec pour thème “Le cacao, culture responsable en Côte d’Ivoire”.

Ont participé notamment au débat Amany Konan, expert au Cabinet de Mme Ouattara ainsi que Jérémie Kouassi, directeur du développement agricole au Conseil du Café-Cacao (CCC) et membre du comité technique de l’International Cocoa Foundation (ICF).
La Côte d’Ivoire est le premier producteur avec 45% du cacao mondial (Ghana 25%, Nigéria et Cameroun, 20%). L’Afrique de l’Ouest est ainsi le principal producteur. Loin derrière, on trouve l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale, l’Indonésie, les Philippines, la République Dominicaine, le Vietnam …

En 2001, sous la pression des ONG dénonçant le travail forcé d’enfants originaires des pays frontaliers de la Côte d’Ivoire, la lucrative industrie du chocolat s’engageait à faire disparaître le travail des enfants dans les plantations où elle se fournit en cacao.
Face aux menaces de boycott des pays consommateurs, les acteurs du secteur avaient signé en septembre 2001 le protocole de Harkin-Engel qui les obligeait à mettre en oeuvre des programmes spécifiques pour éliminer le travail des enfants.

Dix ans après, les objectifs n’ayant pas été atteints, la Côte d’Ivoire a pris des mesures d’urgence pour combattre ce fléau.
Des plans d’action nationaux ont été mis en place pour la prévention du phénomène, protection des enfants victimes et répression des trafiquants.

De grandes campagnes de sensibilisation des populations ont été entreprises à travers tout le pays pour expliquer que la place de l’enfant est à l’école et non dans les plantations, avec menaces de condamnation. Des écoles ont été construites (4500 salles de classe dans les zones cacaoyères), les cultivateurs ont été formés. Des affiches, des spots télé et radio informent les parents. Les mentalités ont commencé à changer et le taux de scolarisation des enfants a augmenté sensiblement, passant de 59% à 71% sur la période 2008-2018. Depuis 2015, l’école est obligatoire pour les enfants âgés de 6 à 16 ans.

Le travail des enfants continue cependant dans la clandestinité.
Les priorités sont la lutte contre la pauvreté et la nécessité de faire respecter les lois.

La construction de centres de santé pour améliorer la prise en charge médicale des familles, la réalisation de forages pour un accès plus facile à l’eau potable permettent de faire face à la précarité des populations. Les femmes sont plus particulièrement vulnérables. Des micro-crédits ont été mis en place à leur intention pour la réalisation d’activités génératrices de revenus.
Plus de 8000 enfants ont été retirés des mains des trafiquants et réintégrés dans leur famille. Des centres d’accueil pour enfants en détresse ont été construits.

Des lois spécifiques réprimant la traite et le travail des enfants ont été adoptées. Grâce à elles et à la création d’unités spécialisées de la Police, plus de 220 trafiquants d’enfants ont été arrêtés et condamnés à des peines d’emprisonnement ferme (jusqu’à 6 mois) par les tribunaux de Côte d’Ivoire.

Des opérations de surveillance des frontières sont menées avec l’appui d’Interpol. Des Inspecteurs du Travail effectuent des contrôles réguliers à travers le pays, plus de 1500 sur la période 2015-2017.

Au niveau international, des accords de coopération ont été signés avec le Ghana, le Burkina Faso et le Mali pour lutter en amont contre la traite transfrontalière des enfants.
Selon l’agence française de développement, un cultivateur gagne 1 euro par jour, c’est trois fois moins que dans les années 1980.

Les cours du cacao flambent actuellement !
Sur les 100 milliards de dollars que représente le marché mondial du chocolat, seuls 6 milliards reviennent aux agriculteurs.

Et si la solution pour lutter contre l’exploitation des enfants n’était pas simplement d’augmenter le prix du cacao ?
C’est ce que viennent de décider la Côte d’Ivoire et le Ghana. Ces deux pays, les plus gros producteurs, ont suspendu la vente des récoltes de 2020/2021 jusqu’à nouvel ordre pour préparer la mise en place d’un prix minimum – plus de vente de cacao en deçà de 2.600 dollars la tonne. Ce prix a été approuvé par les producteurs et les négociants.

Une décision “historique” en tant que moyen de mieux rémunérer les agriculteurs !

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