La retirada ou l’exode des réfugiés de la guerre civile espagnole

Samedi 9 février, la “Retirada” ou exode des réfugiés de la guerre civile espagnole, a fêté ses 80 ans.

A cette occasion, comme tous les ans, une cérémonie a lieu au cimetière du Père Lachaise devant le monument  de la Fédération Espagnole des déportés et internés politiques au carré des déportés et des communistes. Cette année est particulière puisqu’il s’agit de celle de la commémoration de la “Retirada”, c’est pourquoi de nombreux événements culturels se dérouleront tout au long de l’année 2019 afin de rendre hommage aux  Républicains espagnols qui ont fui le régime franquiste, la répression et les bombardements au début de l’année 1939.

La cérémonie s’est déroulée devant de nombreuses personnalités dont la Maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a témoigné sur cette période difficile pour son pays et sa famille en évoquant des souvenirs personnels; son adjointe chargée de la mémoire, du monde combattant et correspondante Défense, Catherine Vieu-Charier; Fernando Martinez-Lopez, Directeur Général de la Mémoire Historique du Ministère de la Justice d’Espagne, qui accompagnait Cristina Latorre Sancho,sous-secrétaire du Ministère de la Justice et Présidente de la Commission interministérielle pour la Commémoration du 80ème anniversaire de l’exil républicain espagnol;  la Maire du 20ème arrondissement, Frédérique Calandra;  Ivan Larroy, de l’association MHRE 89  créée en 2008 représentait les Républicains espagnols de l’Yonne; Claude Garcia, fils d’Antonio Garcia, photographe du camp de Mauthausen, principalement destiné aux prisonniers politiques (socialistes, communistes, objecteurs de conscience et homosexuels allemands et autrichiens, républicains espagnols (60 % des déportés de Mauthausen en mai 1941), élite intellectuelle polonaise ; officiers soviétiques (notamment les commissaires politiques) ; aviateurs alliés, agents britanniques du SOE ou américains de l’OSS, juifs,  Roms... soit  200 000 déportés d’une trentaine de nationalités dont 9 400  partir de 1942 et 120 000 morts avant la fermeture du camp le plus cruel et meurtrier, en 1945; Véronique Salou, Présidente de l’Association 24 août 1944 (La Nueve).

Après s’être rassemblés devant le cimetière du Père Lachaise, le cortège s’est dirigé vers le monument de la FEDIP où les intervenants officiels et les invités sont intervenus successivement, entre-coupés par des intermèdes musicaux (A las barricadas interprété par une chorale; Mauthausen par Juan Vilato, créé  pour le 15ème anniversaire de la libération du camp). Après le dépôt des gerbes et une minute de silence, un chant traditionnel symbole de liberté “El Cants des Ocells” (le chant des oiseaux) a été joué par Pau Casals. Il interprète ce morceau à chaque fois qu’il monte sur scène en protestation contre la dictature en Espagne.

A la fin de la cérémonie, les personnes qui le désiraient pouvaient se rendre au siège de la CNT (Confédération Nationale du Travail) depuis plus de 40 ans, au 33 rue des Vignoles dans le 20ème arrondissement où durant 2 après-midi, des animations sur le thème “Mémoires espagnoles et culture vers l’avenir”, étaient organisées en association avec “Les Pas Sages” (Théâtre (Voyage en guerre d’Espagne), film (Le camp d’Argelès), Présentation d’ouvrage (Femmes en exil, les réfugiées espagnoles en France de 1939 à 1942), Contre-débat (Camps de concentration et d’internement français), Récital de guitare de Juan Francisco Ortiz, fils de Francisco Ortiz, déporté à Mauthausen).

Concernant les Républicains espagnols, nombre d’entre eux avaient du fuir leur pays dès 1936 suite aux avancées franquistes et à l’exode intérieur qui avait obligé la plupart d’entre eux à se réfugier en Catalogne. C’est ainsi qu’en 1939, après la chute de Barcelone, la population catalane et des milliers de Républicains traversèrent la frontière française, ils sont ensuite rejoints par l’armée républicaine. Tous fuient les bombardements et doivent faire face, étant partis sans rien et en précipitation; le 5 février, la frontière et ouverte  et permet à 475 000 personnes d’entrer en France entre le 28 janvier et le 13 février.

Lorsque la France a été vaincue par l’Allemagne, les réfugiés se sont retrouvés de nouveau internés. Ils ont été incorporés dans des compagnies de travailleurs étrangers . À la fin de la guerre, il restait près 150 000 réfugiés en France (certains avaient participé à la libération de Paris avec la colonne Drone). Le gouvernement provisoire français leur a alors octroyé en mars 1945 le statut de réfugié Nansen qui avait été accordé aux réfugiés russes et arméniens dans l’entre-deux-guerres.

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