La ville de Sharjah, émirat des Emirats Arabes Unis (EAU) invitée spéciale du Salon du Livre 2018

La ville de Sharjah, 3ème plus grand émirat des Emirats Arabes Unis (EAU), est la ville invitée spéciale du Salon du Livre 2018 de Paris et présente une riche vitrine de la culture et de la littérature arabe.

A la fin de sa visite au Salon du Livre, Emmanuel Macron a longuement rencontré Son Altesse Sheikh Dr. Sultan bin Muhammad Al Qasimi, chef d’Etat de Sharjah.

Sharjah veut mettre en relation les acteurs du livre et détenir ainsi une place stratégique dans le secteur.
En 2014 a été créé le Comité du Livre de Sharjah ( la Sharjah Book Authority ou SBA) en 2014, maison d’édition cherchant à valoriser l’investissement dans les industries créatives et à promouvoir une plateforme pour les échanges de connaissances et d’informations entre les différentes nations et cultures.

En 2017, elle a ouvert son pôle d’édition, la Ville de l’Edition de Sharjah (Sharjah Publishing City ou SPC).
Filiale du SBA, c’est la toute première zone libre d’édition dans le monde.
Zone franche d’investissement autour de l’industrie du livre, elle présente donc des avantages fiscaux pour attirer les éditeurs.

Equipée de services de très haute qualité, incluant l’impression, la licence et la distribution, cette Ville de l’Edition s’étend sur plus de 40 000 m², offrant 300 bureaux équipés pour les éditeurs.

Elle possède plus de 20 salles de réunions, de stockages et de services. Elle offre aux éditeurs une base de données contenant plus de 16 millions de livres récemment traduits, en format facilement modifiable et imprimable.

La première phase de développement de la Ville de l’Edition de Sharjah terminée, la zone est capable d’accueillir 550 institutions et entreprises.
SPC a déjà reçu la candidature de plus de 150 éditeurs connus dans la région et au-delà.

La ville projette d’être en capacité d’imprimer d’un million de livres par jour.
Elle capitalise sur la localisation stratégique de Sharjah, ouvert sur le monde grâce à l’aéroport international de Sharjah et à ses multiples ports attractifs, ainsi que des services d’envergure mondiale comme les émissions de licences et assurances délivrées en express, ainsi que la facilitation des procédures pour obtenir des sponsors ou visas pour les employés internationaux.

Après Erevan (Arménie), Port Harcourt (Nigéria), Incheon (Corée du Sud), Wroclaw (Pologne) et Conakry (Guinée) cette année, c’est au tour de Sharjah d’être nominée capitale mondiale du livre pour 2019, événement annuel qui réunit les professionnels du livre de toute la planète.

Si le choix est étonnant, il est loin d’être aussi absurde que celui d’organiser une coupe de monde de football en plein désert chez le voisin qatari. Le comité chargé de sélectionner la ville capitale mondiale du livre étudie scrupuleusement les différentes candidatures. Éditeurs, libraires, bibliothécaires et écrivains, toutes les branches de l’industrie du livre y sont représentées.

Pourquoi ce choix de Sharjah, l’un des émirats les plus conservateurs des Émirats arabes unis?
Selon l’Unesco, Sharjah a avant tout été choisie pour son projet «axé sur des propositions créatives visant à impliquer la population importante de migrants». Avec 88.5 % d’étrangers, les Émirats arabes unis rassemblent une multitude d’ethnies parfois marginalisées. Irina Bokova, la directrice générale de l’Unesco a d’ailleurs salué un projet qui «souhaite rendre la lecture accessible au plus grand nombre, notamment les populations marginalisées, comme un accélérateur d’inclusion sociale, de créativité et de dialogue».

Sharjah souhaite «favoriser une culture de la lecture dans les Émirats arabes unis». Elle souhaite s’ériger au rang d’un centre régional de création littéraire et lance une politique pour «développer la production et la diffusion de publications dans le monde arabe».

«Lisez! Vous êtes à Sharjah», résume le slogan de l’événement.
La ville a inscrit dans son programme six grandes thématiques: la solidarité, la lecture, le patrimoine, la sensibilisation, l’édition et la jeunesse. Un cocktail qui a su séduire le comité d’attribution réunit par l’Unesco. Le projet culturel défendu de pied ferme par la ville est une petite révolution. Quinze ans plus tôt, lors de la création de la capitale mondiale du livre, personne n’aurait misé sur la cité État.

La nomination au rang de capitale mondiale du livre n’est accompagnée d’aucune rémunération pour la ville sélectionnée mais, pour l’émirat, c’est la promesse d’une grande visibilité à l’international.

 

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