Laura Codruţa Kovesi, félicitée lors d’audiences au Parlement européen et obtient 12 voix à la commission du contrôle budgétaire

Les députés Eva Joly, Roberta Metsola, Ingeborg Grassle et Barbara Spinelli ont exprimé leur solidarité avec Laura Codruta Kovesi lors des auditions au Parlement européen face aux récents attaques dans le pays.

“Merci d’être venus ici malgré tous les obstacles que vous avez subi, votre courage a inspiré de nombreuses personnes sur tout le continent. Vous étiez l’image de la lutte anti-corruption”,  a dit Roberta Metsola.

“Je suis fière d’être ici malgré la terrible campagne que son gouvernement a lancée contre elle. Je tiens à lui dire que nous ne croyons pas ce que c’est que je sais ce qui se passe lorsque vous envoyez des personnes en prison, ” gardez à l’esprit la rumeur “, a déclaré Eva Joly.

“Je vous suis complètement solidaire face aux attaques que vous prenez. Je suis émue que vous ayez évoqué Giovani Falcone, avec qui j’ai travaillé”, a déclaré Barbara Spinelli.

“Vous nous avez fait confiance à la Roumanie et au système roumain, et cette confiance vous démarque. Tous les candidats étaient compétents, mais vous avez été attaqués et nous le regrettons car nous avons besoin de vous”, a également déclaré Ingeborg Grassle.

La commission du contrôle budgétaire du Parlement européen (CONT) a voté mardi soir pour le candidat préféré au poste de procureur général du Parquet européen.

Laura Codruta Kovesi (Roumanie) occupe la première place avec 12 voix, Jean-François Bohnert (France) est deuxième avec 11 voix et Andres Ritter (Allemagne) a obtenu une voix.

C’est la deuxième victoire de la Roumanie, après celle de la commission spécialisée, composée de 12 experts en justice. Ce comité technique a désigné les trois finalistes dans l’ordre des scores: 1. Kovesi; 2. Bohnert; 3. Ritter.

Par la suite, le Conseil de l’UE Coreper College (composé des ambassadeurs des pays membres de l’UE) et la faveur du Français Bohnert avec 50 points, suivi par Kovesi et Ritter avec 29 points chacun.

Le vote au sein de la commission CONT est consultatif. Demain matin, il y aura un vote en commission LIBE, une commission plus large de 60 membres. Ce vote comptera énormément pour la nomination du Procureur européen.

Le vote en commission LIBE sera secret, comme dans la commission CONT.

Par la suite, la commission LIBE du Parlement européen négociera avec le Conseil de l’UE du COREPER jusqu’à ce qu’ils se mettent d’accord sur le vainqueur.

Si la Commission LIBE opte pour le français Bohnert, qui est également l’option COREPER, le choix sera une formalité.

Le candidat déclaré vainqueur de ces négociations LIBE – COREPER sera soumis au vote en séance plénière du Parlement européen.

Le Procureur général de l’Union européenne sera nommé à l’issue des négociations finales entre le Parlement européen et le Conseil de l’UE.

Il s’agit de désigner le premier procureur du parquet eur          opéen chargé, à partir de fin 2020, de lutter contre “la grande criminalité transfrontière portant atteinte au budget de l’UE”, selon la définition officielle. Le gendarme de la corruption de l’Europe.

“La France a beaucoup œuvré en coulisse pour pousser le profil de Bonhert auprès des autres chancelleries, mais le match n’est pas fini. Et la candidate roumaine présente un profil politique plus intéressant. Laura Codruta Kovesi, 45 ans, est en effet la cheffe du parquet qui a longtemps œuvré à assainir la classe politique roumaine, rongée par la corruption. Depuis 2013, elle a entamé des poursuites contre plusieurs milliers d’élus, si bien qu’elle est apparue comme la femme à abattre. Le pouvoir socialiste, qui préside actuellement l’Union européenne, a finalement obtenu sa destitution en juillet dernier. Elle est redevenue simple “procureure” au sein du ministère public. Des enquêtes pour “abus de pouvoir “, “corruption” et “parjure” ont été ouvertes contre elle à Bucarest… Le ministre roumain de la Justice a du reste adressé à ses 27 homologues une missive visant à dénigrer la candidature de sa compatriote.”

La procédure de sélection va se poursuivre au Parlement européen, où chacun des trois candidats va être auditionné. Étant donné la tension entre Mme Kovesi et le gouvernement roumain, les eurodéputés peuvent être tentés de politiser cette nomination et de lui apporter un soutien afin d’envoyer un signal fort à Bucarest… Il ne faut pas non plus négliger les chances du candidat allemand au Parlement européen, une institution largement sous l’influence de Berlin. À la fin, le chef du parquet européen devra faire l’objet d’une validation d’un commun accord, en mars, par le Conseil européen et le Parlement européen.

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