Le miel et les abeilles

Cette année, Paris a fêté le miel et les abeilles pour la quatrième année consécutive dans 12 sites différents, une façon de sensibiliser le public au métier d’apiculteur et au rôle des pollinisateurs.

Afin de protéger et développer encore d’avantage la faune et la flore, le Plan Biodiversité de Paris 2018-2024 a été voté en mars dernier. La pollinisation ( transport du pollen des étamines au pistil d’une fleur par des abeilles, papillons, mouches ou coléoptères) et l’apiculture en sont un des volets.

Le 16 juin, les parisiens ont pu visiter l’un des 12  ruchers ouverts au public pour l’occasion et aller à la rencontre d’apiculteurs pour découvrir les secrets du miel et de sa fabrication.

Parmi les 12 ruchers proposés, on trouvait celui du chai du parc de Bercy qui a proposé de nombreuses animations autour du miel et des abeilles dont une ruche vitrée, un atelier pour fabriquer des bougies à la cire d’abeille ou des ateliers pour créer des ruchettes à plat…

D’autres ruchers parisiens étaient ouverts au public dont  celui de l’Hôtel Ibis Paris Bastille  qui proposait la mise en place d’un extracteur et la récolte du miel de printemps, le rucher  pédagogique du parc Georges Brassens (15ème) avec la découverte de l’apiculture et des animations ou encore le rucher du jardin partagé sur le toit du 89 rue des Haies dans le 20ème et ses activités ludiques autour de l’apiculture parisiens. D’autres lieux plus insolites accueillent nos abeilles citadines comme les toits de l’Opéra Garnier, ceux du Grand Palais ou du Musée d’Orsay.

A Paris il existe plus de 1000 ruches dont 140 sur des équipements municipaux, gérées par des associations et des apiculteurs professionnels ou amateurs.Grâce à ces ruchers parisiens, une partie des abeilles sont protégées, une mortalité importante ayant été enregistrée depuis une vingtaine d’années à cause des pesticides. Afin de lutter contre l’importance de cette mortalité, un plan d’urgence a été demandé par les apiculteurs  afin d’interdire les néonicotinoides.

C’est derrière une vitre que l’apiculteur portant une combinaison, un camail ( chapeau de protection avec voile) et des gants, un enfumoir près de lui, montre des cadres issus d’une ruche. On y voit les alvéoles, le couvain, le pollen, le nectar ou miellat, le miel, la cire et la propolis. La visite se termine par une dégustation et souvent de l’achat d’un pot de miel.

Longtemps avant l’apparition des hommes sur terre, vivaient déjà les abeilles. Des peintures rupestres de plus de 8 000 ans montrent que l’homme des cavernes aimait et récoltait le miel. Les Egyptiens pratiquait l’apicultures en installant des ruches pour la pollinisation 4 000 ans avant J.C.,ils s’en servaient aussi pour la momification et les Romains utilisaient du liège, de l’argile, de l’argile et de la bouse de vache pour construire les ruches dans lesquelles ils élevaient les abeilles. Tout comme les Grecs, ils pensaient que les abeilles provenaient de cadavres d’animaux et les considéraient comme symbole de mort et résurrection. Plus tard, au Moyen-Age, les moines possédaient beaucoup de ruches pour fabriquer la cire des cierges qu’ils utilisaient. Au  16e siècle, un savant espagnol découvrit que la reine était une femelle pondant des œufs et qu’elle était mère de toutes les abeilles de la ruche. En Asie, on s’en sert dans la médecine traditionnelle chinoise.

Les abeilles servent à la pollinisation, 80%  au moins des principales cultures sont pollinisées uniquement par des insectes. Ce sont les meilleures alliées des agriculteurs car elles récoltent le nectar (ou miellat) d’un grand nombre de fleurs différentes pour l’amener dans la ruche. A  l’aide de leurs glandes, elles produisent de la cire pour la construction des nouveaux rayons et alvéoles de leur ruche.  Source de protéines  pour les abeilles, le pollen est consommé comme  fortifiant ou remède. Les ouvrières nourrissent la reine avec la  gelée royale . Riche en vitamines,  on l’utilise en complément alimentaire énergétique dans l’alimentation humaine. Elles fabrique aussi de la propolis à partir de résine qu’elles trouvent sur les bourgeons et s’en servent pour boucher les fissures et les trous
des rayons et des alvéoles. On s’en sert en médecine ainsi que pour la fabrication de laques et produits de traitement du bois. Par ailleurs, le venin des abeilles peut entrer dans la composition de médicaments.

La composition d’une ruche est bâtie autour d’une reine, de 1 000 à 2 000 faux bourdons et jusqu’à         30 000, chaque catégorie a sa propre fonction bien définie:

  • La Reine, bien plus grande que les autres abeilles pond des oeufs et assure le renouvellement de la colonie. Les larves de la future reine se développent dans des alvéoles plus grandes que celles des ouvrières. Elles sont nourries de gelée royale. Six  jours après l’éclosion, elle effectue son vol nuptial à l’air libre et s’accouple avec plusieurs bourdons issus d’autres ruches qui déposent 3 à 7 millions de spermatozoïdes dans sa spermathèque. De retour à la ruche, la reine se met immédiatement à pondre jusqu’à 1200 œufs par jour. Si la reine garde fermée sa spermathèque, les œufs resteront stériles, naîtrons alors des faux bourdons qui féconderont les reine. Une reine peut vivre jusqu’à 5 ans.
  • Les ouvrières élèvent les jeunes abeilles, produisent du miel, construisent les alvéoles, transportent et entreposent le pollen, le nectar et l’eau. Elles sont les filles de la Reine mais n’ont que des organes sexuels rudimentaires. Elles sont normalement stériles mais pourraient, dans certaines
    circonstances, développer des œufs non fécondés qui donnent naissance à des mâles; toutefois
    les phéromones, substances chimiques produites par la reine les en empêchent.  Les deux premiers jours de leur vie (environ un mois), elle nettoient la ruche, les alvéoles et le couvain,ensemble des oeufs, larves et nymphes protégés par les nourrices situé au centre de la ruche et entouré de rayons de miel et de pollen (pain d’abeille) pour l’alimenter. On le reconnait à sa couleur blanchâtre. Elles servent de nourrices du second au douzième jour et durant la dernière période, elles fabriquent le miel, l’entreposent, construisent les alvéoles hexagonales des rayons avec la cire qu’elles sécrètent de leur propre corps et gardent l’entrée de la ruche. C’est
    seulement au vingtième jour qu’elles  sortent et deviennent des butineuses pour  récolter le nectar, le pollen, le miellat et l’eau nécessaires pour nourrir la colonie, jusqu’à la fin de leur vie. En hiver, elles s’agglutinent en grappe pour maintenir une température suffisante dans la ruche (entre 20 et 30 degrés). Les abeilles nées en hiver peuvent vivre entre 6 et 9 mois.
  • Les faux bourdons, à ne pas confondre avec le bourdon, est le mâle de l’abeille. Il est né d’un ovule non fécondé, il est parfois considéré comme un parasite, le faux bourdon joue un rôle primordial dans le rôle de  porteur de gènes. Il ne participe pas aux travaux de la ruche peut circuler d’une ruche à une autre afin d’assurer la diversité génétique. Le faux bourdon meurt quelques minutes après l’accouplement avec une reine; son système reproducteur reste attaché à celle-ci.

Pour produire 1kg de miel, il faut 2 à 3kg de nectar et miellat . Les abeilles butineront quelque deux millions de fleurs pour récolter cette quantité.

Les  différentes étapes de la récolte commencent par l’enfumage des abeilles, le décollage et brossage des cadres et le transport dans un véhicule étanche jusqu’à la miellerie. Il faut ensuite désopercuter à l’aide d’un couteau spécial en tranchant la couche de cire de bas en haut c’est à dire enlever la pellicule de cire qui bouche les alvéoles remplies de miel. Arrive alors l’extraction du miel par une machine munie d’une manivelle qui fait  tourner les cadres posés sur un bras et fait jaillir le miel sur les parois. A la sortie de l’extracteur, le miel contient des impuretés, on procède au filtrage à l’aide d’ une grille à double filtre qui va retirer diverses particules de propolis, de cire, d’opercules, de pattes d’abeilles ou de pollen.Une fois filtré, le miel doit encore reposer 4 à 5 jours à une température de 20°C minimum pour faire remonter en écume l’ensemble des dernières impuretés. Cette écume est ensuite enlevée avant le conditionnement.

 

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