Le Premier ministre hongrois supprime l’impôt à vie aux femmes qui ont quatre enfants ou plus

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a annoncé dans son discours annuel le dimanche, un « Plan d’action pour la protection de la famille » en sept points, destiné à promouvoir le mariage et la famille.

Ces dernières années, Viktor Orban a tenté diverses mesures pour enrayer ce déclin. Il a offert la gratuité des frais universitaires pour les personnes qui s’engagent à ne pas émigrer de Hongrie, il a aussi accordé la nationalité aux ressortissants des minorités hongroises des pays limitrophes (Roumanie, Slovaquie, Serbie…). Sans réel succès. Il a donc proposé dimanche de nouvelles dispositions en faveur des familles nombreuses.

Les mesures annoncées comprenaient des exonérations de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour les femmes qui élèvent au moins quatre enfants pour le reste de leur vie et des subventions pour les familles nombreuses qui veulent acheter des voitures plus grandes. Le « plan d’action » a également étendu un programme de prêts pour aider les familles ayant au moins deux enfants à acheter une maison. Toute femme de moins de 40 ans aura également droit à un prêt préférentiel lors de son premier mariage.

Une femme de moins de 30 ans qui se marie pour la première fois pourrait emprunter 30.000 euros. Un tiers de la dette serait effacé à la naissance du deuxième enfant, et l’intégralité à la naissance du troisième.

« Le secrétaire d’État a souligné que le gouvernement hongrois ne voulait pas résoudre le problème de la population hongroise par la migration, comme le font plusieurs pays européens, mais en soutenant les familles hongroises qui élèvent des enfants et les jeunes qui créent une famille ».

Le gouvernement de Viktor Orban propose toute une série de mesures concrètes, qui vont de prêts sans intérêt pour l’installation des jeunes couples à l’instauration d’un dispositif qui s’apparenterait à un salaire maternel – la « reconnaissance d’une véritable maternité à plein temps » pour celles qui élèvent au moins quatre enfants – ou à l’exonération à vie de l’impôt sur le revenu pour les mères de famille de trois enfants et plus qui continueraient à travailler.

Les difficultés démographiques de la Hongrie sont réelles. Sa population totale ne cesse de baisser depuis les années 1980, sous l’effet conjugué d’une émigration nombreuse ; le pays a perdu en dix ans un demi-million d’actifs partis travailler en Europe de l’ouest ; et d’une natalité très faible ; 1,49 enfant par femme en 2015, l’un des indices de fécondité les plus bas de l’OCDE. Il faut 2,1 enfants par femme pour renouveler les générations. Le Premier ministre s’est contenté de s’adresser au femmes, faisant porter sur leurs seules épaules la responsabilité d’une hausse de la natalité.

Le gouvernement a également déclaré qu’il dépensera davantage pour le système de santé hongrois et qu’il créera 21.000 places en crèche. De plus, les grands-parents seront admissibles à des frais de garde d’enfants s’ils s’occupent de jeunes enfants à la place de leurs parents, a annoncé Orban.

Le déclin démographique de la population, amorcé au début des années 1980, y est sévère. Pour 131 900 morts déclarées en 2017, seules 94 600 naissances ont été enregistrées, marquant une différence de 37 000 personnes. Le gouvernement a mis en place depuis 2010 une politique volontariste pour relancer les naissances, mais le déclin n’a pas été ralenti.

« Il y a de moins en moins d’enfants nés en Europe. Pour l’Ouest, la réponse (à ce défi) est l’immigration. Pour chaque enfant disparu, on devrait en faire venir un et alors les chiffres seront bons », a déclaré M. Orban, selon Reuters. « Mais nous n’avons pas besoin de bons chiffres. Nous avons besoin d’enfants hongrois » , a-t-il dit en annonçant le programme d’incitation.

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