Les Kabyles marchent pour leur indépendance

Samedi 20 avril, une manifestation moins médiatique que celle des “Gilets Jaunes” s’est aussi tenue de la place de la Bastille à celle de la République: la communauté kabyle a défilé afin de demander son autonomie.

En Algérie, après la démission du président sortant d’Abdelaziz Bouteflika suite aux nombreuses manifestations populaires, il reste encore un point sombre à éclaircir: le devenir de Kabyles et l’indépendance de leur territoire. C’est pourquoi, partout dans le monde, le 20 avril est la journée de gloire en hommage au combat des générations de kabyles sacrifiés pour la liberté sous l’impulsion du MAK (Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie) et de l’ANAVAD (gouvernement kabyle en exil)  sous le slogan:”La Kabylie avant Tout”.

A cette occasion, les militants se sont rendus dans les villes et villages pour rendre hommage aux combattants tombés pour leur cause tels Ameziane Mehenni à Mareghna,  Guermah Massinissa et Matoub Lounes à At Dwala,  Taous Amrouche à Ighil Ali … Faisant fi des risques qu’ils encourent et des arrestations qui se multiplient, 5 membres du MAK dont Aksel Bellaci (3 interpellations en moins d’une semaine) n’ont pas hésité à affronter le 17 avril dernier à Rafour, les gendarmes qui les ont interceptés puis relâchés après interrogatoire. Ces manifestations ont montré que la Kabylie reste elle-même, loin des clichés diffusés à la télévision algérienne.

Le 20 avril, près de deux millions de Kabyles ont marché avec les drapeaux kabyles et amazighs, vigilants et soucieux de leur avenir de paix,  liberté et d’indépendance mais malheureusement, l’appel à observer une minute de silence à la mémoire des victimes kabyles du Printemps Noir (2001-2003) n’a pas été suivi en Algérie qu’à la condition qu’elle soit transparente et arabisée.

A Paris, la chanteuse allemande, grande amie de la Kabylie et du peuple Kabyle, Uli Rohde, a participé à la marche organisée par le MAK pour la commémoration de tafsut imazighen et tafsut taverkant (printemps amazigh et printemps noir,  de Bastille à République où un grand rassemblement devait se tenir et plusieurs personnes prendre la parole dont le Président, Ferhat MEHENNI. Cette anthropologue également journaliste, professeur d’art et d’allemand, membre de l’association « Amitié Allemagne-Kabylie, se retrouve sur  des plateaux de télévisions kabyles et amazighs, dans des festivals, des rassemblements et manifestations auxquelles elle participe pour soutenir les prisonniers politiques Kabyles comme Merzouk Touati, Slimane Bouhafs ou les rifains (ethnie berbère d’environ 5 millions d’habitants du nord du Maroc, qui peuple principalement les montagnes et plaines de la partie centrale et orientale des montagnes du Rif, le long de la côte méditerranéenne), à l’instar de Nasser Zefzafi et ses codétenus.  Elle interprète les chansons engagées de Matoub Lounès  (chanteur kabyle assassiné par le pouvoir algérien en 1998).

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