Les pays touchés en Europe par la grève de la SNCF

Le mouvement de grève a commencé ce lundi soir. Il s’annonce dur et n’épargnera ni la Suisse, ni la Belgique, l’Espagne et l’Italie.

La grève des employés de la compagnie ferroviaire publique a débuté lundi soir. Mais les retours du long week-end de Pâques devaient finalement être épargnés avec un trafic «normal», contrairement aux mises en garde répétées de la SNCF.

Grève massive et de longue durée dans le rail, nouvelles turbulences à Air France: la France se prépare à un «mardi noir» dans les transports alors que la grogne sociale s’étend face aux réformes du président Macron.

Les syndicats de l’opérateur public SNCF protestent contre la suppression de l’embauche au statut spécial, les modalités d’ouverture à la concurrence ou encore la transformation de la SNCF en société anonyme. Ce qui, selon eux, ouvre la voie à une future privatisation, niée toutefois par le gouvernement.

Le projet de réforme «vise à détruire le service public ferroviaire par pur dogmatisme idéologique» et «ne réglera pas le sujet de la dette, ni celui des dysfonctionnements», affirment les syndicats dans leur préavis.

Le mouvement, qui prévoit 36 jours de grève en près de trois mois, mise sur l’usure de l’opinion publique qui, d’après les sondages, estime pour l’instant cette grève injustifiée. Les cheminots pensent néanmoins que l’opinion pourrait basculer si l’exécutif continuait à afficher la même intransigeance.

La direction de la SNCF prévoit un conflit très dur. Mardi, elle table en moyenne sur un TGV sur huit et un train régional sur cinq en circulation.

Le trafic international est un peu plus épargné, même si aucun train ne circulera mardi vers la Suisse, l’Espagne et l’Italie. En revanche, trois Eurostar sur quatre assureront les autres liaisons vers l’étranger, avec aussi une circulation quasi normale sur les Thalys vers la Belgique.

Pour les 4,5 millions de voyageurs quotidiens de la SNCF, réduits à se rabattre sur le covoiturage et les autocars, les semaines à venir s’annoncent compliquées.

Le président Macron, qui s’est engagé à «transformer la France en profondeur», joue gros dans ce dossier emblématique sur lequel plusieurs gouvernements ont reculé dans le passé, notamment celui de droite en 1995 où une grève massive a paralysé le pays pendant des semaines.

Le chef de l’Etat a tellement dénoncé l’immobilisme et la peur de réformer de ses prédécesseurs qu’il peut difficilement tergiverser sans risquer de gros dommages politiques en retour.

Mais aussi dans le privé comme à Air France où le conflit s’enlise. Mardi, les personnels de la compagnie débrayent pour la quatrième fois en un peu plus d’un mois pour réclamer une augmentation générale des salaires de 6%.

Air France prévoit néanmoins d’assurer 75% de ses vols mardi, a indiqué lundi la compagnie aérienne. Celle-ci recense 32,8% de grévistes chez les pilotes, 20,5% parmi les personnels navigants commerciaux et 14,5% chez les personnels au sol.

Trois autres grèves sont prévues les 7, 10 et 11 avril. Ce mouvement n’a pas de lien direct avec les réformes Macron. Mais en grossissant les rangs de mécontents, il contribue à mettre la pression sur le gouvernement, confronté d’entrée à un vrai printemps social.

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