Les Raràmuri de Chihuahua présents au Mercado de Que Gusto!

Cette année pour la quatrième année consécutive, le festival “Qué Gusto s’est tenu à Paris du 9 au 17 juin avec une programmation riche et variée.

Le plus grand territoire du Mexique, l’état de Chihuahua était le grand invité du festival. Situé au nord du pays, à la frontière des Etats-Unis, il propose une large gamme de spécialités culinaires à commencer par le burrito qu’il a inventé, mais aussi de somptueux paysages à découvrir témoins des exploits de Pancho Villa. On le retrouve dans toutes les animations, que ce soit au menu des restaurants participant à l’opération avec une élaboration conjointe de chefs français et invités, au challenge du Taco qui élit le meilleur Taco de Paris mais aussi lors du Mercado.

Le festival Que Gusto a été créé en 2015 pour promouvoir la gastronomie mexicaine élue au patrimoine mondial immatériel par l’Unesco pour sa richesse et sa variété.

Après avoir été lancé la seconde année du festival mais absent l’an dernier, le Mercando a fait son retour cette année  avec une nouvelle formule. Il s’est tenu durant les trois derniers jours du 15 au 17 juin dans le quartier des Halles, rue Berger. Ce marché et restaurant éphémère s’est tenu dans un ancien restaurant “Les crocs des Halles”où les visiteurs ont pu découvrir des produits alimentaires et artisanaux, des alcools directement importés pour l’occasion et les petits plats de Mercédès Ahumada.  Des animations, soirées football, dégustations et découvertes y étaient proposées. Tous les produits typiques, particulièrement de Chihuahua étaient exposés afin de donner envie aux visiteurs de se rendre sur place.

Lors de ce Mercado, Isela Martinez, directrice de Fordarch (Fondation pour le Développement  Artisanal de l’Etat de Chihuahua)  a fait découvrir aux visiteurs des objets typiques sortant de l’ordinaire parmi lesquels se trouve une paire de sandales à semelles en pneu (huarache) servant à faire le marathon aux Raràmuri, “Peuple aux pieds légers” face à des occidentaux sur une distance de 190 km.. Des petits paniers fabriquées à partir d’épines de pin avec des motifs en forme de triangles qui représentent la montée au ciel, des blouses joliment brodées et une grande variété d’objets de décoration, religieux ou pour le foyer toujours en rapport illustrent ce groupe ethnique  qui lutte pour préserver ses coutumes et ses traditions.

Les Raràmuri sont originaires de l’état de Chihuahua; ils se sont réfugiés dans la région de la Barranca del Cobre dans la Sierra Madre Occidentale dans le nord-ouest du Mexique lors de la progression des  Espagnols au xvie siècle. Ils habitent actuellement  la ” Sierra Tarahumara”. Les foyers étaient séparés par des canyons et reliés par des sentiers, ce qui les a amenés çà pratiquer la course à pied. Ils sont actuellement plus de 110 000 au Mexique, ce qui fait d’eux, un des groupes indigènes les plus importants d’Amérique du Nord;

La tradition de la course de fond a des  aspects de cérémonie et de compétition. À l’occasion, les coureurs poussent du pied une balle de bois, tout en courant.  Le développement sur de longues distances est du au faible peuplement et assure le transport et la communication entre les établissements éloignés. Ce qui leur donne une réputation et une  capacité à endurer des efforts physiques considérables.

Un autre stand était réservé aux coutumes de la Fête des morts qui est l’une des fêtes les plus importantes au Mexique, la “Dia de Muertos” est l’occasion d’organiser des festivités où les familles se réunissent autour d’un autel; décorations, chants, danses, folklore et rires  mais aussi plats confectionnés en l’honneur des morts, tout est de mise pour célébrer cette fête. Les femmes portent un habit traditionnel et le maquillage de Catrina (squelette d’une dame de la haute société, vêtue de riches habits,  portant généralement un chapeau et devenue emblème de la Fête des morts  d’origine Aztèque, vieille de 3 500 ans). Toute la société mexicaine est représentée sous forme de squelettes (religieux, militaires, bourgeois, indigènes…et de “Calaveras”, têtes de morts humoristiques apparues au Mexique au 19ème siècle sous la plume de caricaturistes.

Ce stand “The Glorious Life of Catrinas”présente des “Catrinas” et leurs époux en céramique, figurines de 20 à 30 cm, fabriqués et peintes à la main au Mexique puis importés en Europe, des “Calaveras (crânes peints) , des cierges, des encens, des fleurs, des “Papel Picado”(papier de soie découpé), des bonbons, têtes de mort en sucre et des “Pan de Muertos” (  petites brioches  recouvertes de sucre et pains d’épices à la vanille ou à la cannelle, spécialement réalisées pour la Fête des morts) et plein de petits objets de décoration.

Le Mercado a aussi été un lieu de dégustation de bière (Corona, Pacifico, Bohemia, Victoria, XX),  Mezcal et Téquila en provenance directe avec des dérivés comme les macarons à la téquila. Différentes sauces étaient présentées pour accompagner des tortillas, totopas et autres plats, de la plus douce réalisée à base de tomates vertes en à la plus pimentée en passant par celle à base de chocolat amer.

L’entreprise RAIZS, de commerce durable social et solidaire  fait la promotion de l’artisanat des peuples indigènes  mexicains en proposant un assortiment de pièces uniques tels que des bijoux, des sacs, des vêtements (robes chemises pour hommes..),et des pièces décoratives. Les gains de chaque vente sont versés directement aux communautés afin de contribuer à l’emancipation économique des indigènes afin et améliorer leurs conditions de vie.

Le Festival Que Gusto! et son Mercando se sont terminés dimanche soir avec la victoire du Mexique sur l’Allemagne (1-0). Cette année, la fréquentation a été en hausse avec plus de 2 000 visiteurs, ce qui pousse la créatrice du festival, Ximena Velasco à repartir avec le Bureau d’Études Gastronomiques,  pour une nouvelle aventure en 2019 où elle sortira de Paris pour peut-être créer des repas à 4 mains avec des chefs de province comme cette année la cheffe grecque Dina Nikalaou qui a réalisé ce délicieux déjeuner mi-grec, mi-mexicain et qui a su mêler intelligemment les deux cultures gastronomiques. Son idée serait de ” faire venir une région mexicaine de bord de mer dont la cuisine locale est basée sur les poissons et les fruits de mer” et de faire “un dîner en bord de mer hors de Paris” . De plus, elle veut continuer à travailler avec des chocolatiers, pour parler du cacao et pourquoi pas de la route du cacao mais aussi  promouvoir la vanille mexicaine et faire des chefs français des porte-parole de  la cuisine mexicaine.  

Rendez-vous l’année prochaine pour le prochain Que Gusto!

 

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