Macron porte plainte contre un photographe pour “harcèlement”, …” un photographe traité comme un criminel”…

Gabriel MIHAI

L’Élysée a annoncé que le président de la République, en vacances à Marseille, a porté plainte contre un photographe qui aurait pénétré dans l’enceinte de la propriété privée.

Difficile pour une président de la République de ne pas être la cible des photographes. Et pour ses premiers vacances “présidentielles”, Emmanuel Macron a porté plainte pour “harcèlement et tentative d’atteinte à la vie privée” contre un photographe de presse qui le suivait sur son lieu de vacances, a-t-on appris ce mardi 15 août auprès de l’Élysée.

L’hebdomadaire VSD, rapporte la mauvaise expérience qu’a faite un photographe resté anonyme alors qu’il suivait le couple Macron en vacances à Marseille. Alors que la police traite ordinairement les paparazzi avec une certaine bienveillance, le ton semble avoir changé.

“De temps en temps, il sort (…) et ce photographe journaliste l’a suivi à plusieurs reprises à moto. La sécurité lui a demandé à plusieurs reprises de ne pas le faire, il a continué, parfois à ses risques et périls”, indique le service de communication de l’Elysée.

“Dimanche, il s’est introduit sur la propriété privée, ce qui a conduit à un dépôt de plainte” pour “harcèlement et tentative d’atteinte à la vie privée”, a-t-on précisé, confirmant une information du magazine VSD. La plainte a été déposée “au nom du président”, souligne-t-on.

D’après VSD, le photographe a été retenu environ six heures en garde à vue dimanche dans un commissariat de Marseille. Selon une source policière, il a été relâché à l’issue des vérifications d’usage.

Le photographe l’a tout d’abord constaté à la manière dont le personnel de sécurité d’Emmanuel Macron s’est adressé à lui. «Il n’y a plus de photos, maintenant c’est comme ça, il va falloir vous y habituer, on n’est plus sous les présidences précédentes : vous allez vite vous en rendre compte…» C’est par ces mots qu’un officier de sécurité en poste a répondu au témoin de VSD qui venait lui demander une information.

Alors que le photographe s’interroge sur la présence de journalistes de BFMTV et de TF1 devant la grille de la propriété où Emmanuel et Brigitte Macron séjournent, l’officier de sécurité lui répond alors : «Vous inquiétez pas, répond l’officier, Sibeth [Ndiaye, chargée de communication de l’Elysée, NDLR] a appelé pour demander à leur boss de les faire déguerpir sinon ils n’auront plus leur accréditation…» «C’est assez scandaleux de procéder comme ça», remarque notre témoin. Le service de communication de l’Elysée dément pour sa part toute tentative d’intimidation auprès de BFM ou de TF1 : «On ne fait et on ne fera jamais ça», nous précise-t-on. Par ailleurs, il précise que le président Macron a porté plainte pour violation de domicile et atteinte à la vie privée.

«J’ai été traité comme un criminel»
L’officier de sécurité, face à l’insistance du photographe, finit par appeler la police nationale. Un agent de police lance alors au paparazzi : «Je vais vous faire coffrer pour 48 heures.» Moins d’une heure plus tard, celui-ci est au commissariat et la police judiciaire lui notifie sa garde à vue «sur ordre du procureur de la République». Celle-ci durera environ six heures, qu’il passera en cellule – une procédure extrêmement rare pour des photographes.

«Ils ont fouillé tout mon matériel, mes sacs. J’ai dû retirer mes lacets de chaussure, ma montre… J’ai été traité comme un criminel», déplore le témoin de VSD. Un officier de police demande à voir sur la carte mémoire de ses appareils photos et le contenu de son ordinateur. «C’est illégal, mais ils m’ont fait comprendre que si je ne coopérais pas, je devrais attendre demain matin pour sortir, c’était de l’intimidation», ajoute-t-il.

L’Elysée a par ailleurs démenti des pressions sur les équipes de télévision postées devant la résidence de vacances du couple présidentiel. Dans son témoignage à VSD, le photographe assure que l’officier de sécurité lui a dit que la chargée de communication de l’Elysée “a appelé pour demander à leur boss de les faire déguerpir sinon ils n’auront plus leur accréditation”. “Ce n’est pas du tout notre manière de travailler”, souligne l’Elysée.

 

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