Nouvel an khmer à la pagode de Vincennes

C’est après le nouvel an chinois et vietnamien que les khmers fêtent le nouvel an, il s’agit de la fête religieuse la plus importante du Cambodge.

Chaque année, les cambodgiens se réunissent en famille avec leurs amis à la pagode pour fêter la nouvelle année. C’est aussi pour les célibataires l’occasion de trouver leur futur conjoint.

A l’origine, le nouvel an khmer aussi appelé Chau Chham Thmey (“entrer dans la nouvelle année”) était fêté le premier jour du premier mois lunaire en novembre-décembre en même temps que la fête de l’eau. Alors qu’elle n’était pas très suivie, il a été décidé au XIème siècle de déplacer la date  au 5ème  mois soit mi-avril devenant une fête bouddhiste pourtant d’origine hindouiste brahmane. Les festivités durent 3 à 4 jours selon les villes: le pré-jour de l’an, le Moha Sangkran ou la grande marche  (jour1), le Voreat Wanabat (jour2), le Thngai Laeung Saka (jour3).

Lors du pré-jour de l’an, les gens décorent leur maison ou leur commerce et font les courses pour la célébration. Un grand nettoyage d la maison est réalisé afin de commencer l’année de zéro.

Pour le premier jour, des fleurs et des fruits sont offertes à la nouvelle divinité “Devata” qui va protéger le monde durant toute l’année. A la pagode, les gens vont ensuite brûler de l’encens et porter des offrandes aux bonzes qui accueillent la nouvelle divinité avec des prières et au son des tambours. Il arrive que des danses soient réalisées à l’intérieur des pagodes.

Le second jour est le jour des cadeaux et de la charité, particulièrement aux aînés très respectés dans tous les pays d’Asie. Argent, nourriture et vêtements sont distribués aux plus pauvres. Des montagnes de sable sont érigées dans les pagodes pour obtenir la bénédiction et la protection des bonzes et des jeux traditionnels sont organisés entre filles et garçons.

Le troisième jour est véritablement celui de l’entrée de l’année, il est dédié à l’eau, synonyme de purification et de bénédiction. Le soir, les habitants vont à la pagode nettoyer avec de l’eau parfumée les statues de Bouddhas et de ses disciples lors de la cérémonie « Pithi Srang Preah ». L’absolution des fautes et des péchés es demandée par les bonzes et les aînés.

A Paris, c’est à la grande Pagode de Vincennes, vestige de l’exposition coloniale de 1931, anciennement « Pavillon du Cameroun » et « Pavillon du Togo », que se déroule la fête, Transformé en édifice religieux en 1977, ce temple s’étend sur 8 000m² et abrite une statue géante de Bouddha  de plus de 10m ainsi qu’une réplique du Boudddha Shakyamuni (Bouddha originel, fondateur du Bouddhisme).

A l’extérieur du temple, on trouvait différents stands (vêtements, objets artisanaux, nourriture, associations venant en aide aux pays d’Asie ainsi qu’une scène avec des danses traditionnelles et des musiques plus ou moins modernes. Toutes ces activités ont eu lieu l’après midi alors qu’une cérémonie religieuse s’est tenue dès 10h avec la récitation du Paritta pour invoquer des protections, l’érection des Monts de sables, les offrandes de l’eau parfumée au Bouddha, les offrandes d’aumônes et la transmission des mérites. A 11h, les offrandes au Triple Joyau, les 3 piliers sur lesquels a été fondé le bouddhisme soit Bouddha qui a atteint le Nirvana, Dharma qui constitue l’enseignement de Bouddah et Sangha qui représente la communauté des adeptes.

A 12h, un déjeuner était proposé par différents stands et à 13h30 des prédications, enseignements et  chants.

Sous un ciel clément, tous les visiteurs ont pu découvrir dans cette ambiance festive une culture encore assez méconnue.

 

 

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