Nouvel arrêté pour les berges de Seine rive droite

VÉRONIQUE YANG

Après le jugement du Tribunal administratif le 22 février dernier, jour de pic de pollution, décidant d’annuler l’ouverture des Rives de Seine de Paris aux piétons et aux cyclistes et motivant que l’étude d’impact à l’origine de cette mesure aurait été insuffisante, la mairie de Paris a fait appel, se basant sur la véracité de cette impact depuis un an et demi démontrant une baisse de la pollution et du trafic automobile. La maire et son équipe ont aussi décidé de prendre un nouvel arrêté de piétonnisation.

Pour revenir à ses origines, la fermeture des Rives de Seine à la circulation a été décidée démocratiquement après un an et demi de concertation  par les élus parisiens en septembre 2016 avec le soutien de l’Etat. Ce projet était au coeur des propositions lors des élections municipales de 2014, le but étant de diminuer la pollution dans la capitale.

Après avoir accueilli l’accord sur le climat, alors que la France se voyait reprocher par l’Union Européenne une certaine lenteur pour améliorer la qualité de l’air, Anne Hidalgo et son équipe ont décidé de réagir face à la décision du Tribunal constatant que la droite parisienne et régionale favorisait la circulation automobile à la santé  publique.

Remerciant les associations favorables au Parc des Rives de Seine ainsi que les nombreux citoyens , Anne Hidalgo assure qu’elle réalisera la transition écologique. C’est pourquoi elle a tenu à prendre un nouvel arrêté qui maintiendra la fermeture de  la voie sur berges au trafic automobile source de pollution et de nuisances sonores.

Après un échange avec le Préfet de Police et avec le soutien du gouvernement par l’intermédiaire de plusieurs ministres, la maire de Paris a fondé son nouvel arrêté sur la protection et la valorisation du site à des fins touristiques. Le Parc des Rives de Seine est classé au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1991 et  plusieurs milliers de parisiens et de touristes s’y sont rendus depuis septembre 2016.

Pour cet arrêté, il n’est pas nécessaire de refaire une nouvelle étude d’impact, ni une nouvelle enquête publique ni même une nouvelle concertation. Il relève des pouvoirs de police de la maire et son contenu respecte le jugement du Tribunal administratif en s’appuyant sur l’expertise du Préfet de Police.

Pour Christophe Najdovski, adjoint à la maire en charge des transports, de la voirie et des espaces publics, Anne Hidalgo et son équipe ont « une détermination totale à sauver le par des Rives de Seine en lieu et place de l’ autoroute urbaine qui existait auparavant sur le site. C’est une attente très forte des Parisiens et c’est le sens de l’histoire ».

A l’annonce de la décision du Tribunal administratif, de nombreux partisans de la piétonnisation des berges de Seine ont réagi. Parmi eux, Yann Arthus-Bertrand pense qu’il s’agit « d’un retour en arrière, et que des bagarres politiques ne devraient pas gâcher la vie des citoyens. La réalité est qu’il y a trop de voitures à Paris, et que les villes sont étouffées par ces véhicules. Paris se meurt de la voiture. Face à la pollution de l’air, on vit dans le déni : quand on voit le nombre de morts qu’elle provoque dans le monde et en France, c’est notre rôle, en tant que citoyens, de réagir. Le confort n’est pas de continuer à vivre dans des villes polluées. »

Un autre soutien est celui de l’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage pour qui « il est dommage que le droit de l’environnement se retourne contre des projets qui vont précisément dans le sens de la protection de l’environnement et du long terme ». La maire peut aussi compter sur le soutien des Parisiens. Les résultats d’un sondage début mars montre que 55 % des Parisiens sont pour le maintien de la piétonnisation des berges et que 66 % sont favorables à la politique de réduction de la place de la voiture pour lutter contre la pollution.

Après la manifestation du 22 février, les défenseurs du Parc Rives de Seines sont appelés à se rassembler à nouveau le 10 mars prochain avec le slogan « Des poussettes contre la pollution. Non au retour des voitures ». Par ailleurs, à peine proposé, le nouvel arrêté mis en place à partir du 8 mars est déjà attaqué par les opposants dont l’association des commerçants et riverains du coeur de Paris qui veulent à nouveau saisir la justice.

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