Nuit de la solidarité à Paris

VÉRONIQUE YANG

La Maire de Paris, Anne Hidalgo a organisé la première nuit de la solidarité à Paris afin de décompter le nombre de sans abris avec l’aide de bénévoles qui ont assisté les associations.

Avec les températures qui ne cessent de baisser, les crues de la Seine, les chutes de neige et le verglas, le nombre de sans abris inquiète la Mairie de Paris. En 12 ans, entre 2001 et 2012, leur nombre  a augmenté de 84% dans la capitale selon une étude de l’INSEE présentée mardi.

Pour cette première nuit de la solidarité, plus de 1 700 parisiens répartis en 350 équipes réparties dans les 20 mairies de Paris ont accompagné entre 20 et 22 h les travailleurs sociaux pour rencontrer les sans abris et faire pour la première fois un décompte anonyme en faisant remplir un questionnaire de la ville de Paris et des associations participantes. Le profil et les besoins pourront en ressortir.

L’aide de partenaires concernés tels que la RATP pour 246 stations de métro situées à Paris, la SNCF pour 7 gares parisiennes, l’AP-HP pour les salles d’attente des urgences des 13 hôpitaux parisiens et le groupe INDIGO pour la gestion de 27 parkings parisiens, a été sollicité.

Ce premier bilan présenté par Bruno Julliard, premier adjoint de la maire  et Dominique Versini, adjointe en charge des solidrités et de a lutte contre l’ exclusion montre un décompte de:

-2 025 personnes sans abri dans les rues de Paris

-738 dans les institutions de l’opérations (200  dans les gares, 49 pour l’AP-HP,  112 dans les parkings et 377 dans le métro.

-189 dans les bois de Vincennes et Boulogne et la Colline (18ème).

Suite à l’épisode de Grand Froid déclenché le 5 février, 672 personnes ont été mises à l’abri dans la nuit du 15 au 16 février dans les mairies, les gymnases et salles de haltes de nuit

-1477 personnes ont été hébergées le soir même dans le cadre du plan hiver déclenché chaque année en décembre.

Le nombre est malheureusement en dessous de ce qu’il devrait être car de nombreuses personnes n’ont pas ou n’ont pu être vues telles que les personnes situées dans les parcs et jardins, celles qui n’ont pas ouvert leurs tentes ou celles réfugiées dans des « squats », des chantiers ou des zones périphériques ou encore celles qui dorment dans leur véhicule ou les halls d’immeuble, il faut bien ajouter à ces 4500 personnes recensées encore plus de 2000 personnes au moins.

A ce jour, la vague de froid qui nous vient de Sibérie s’intensifie, les températures ont encore baissé ayant atteint-7° C lundi avec un ressenti de -10 à -12° C, un nouveau gymnase a été ouvert dans le 17ème pour y accueillir 50 personnes venant augmenter le nombre de ceux ouverts depuis début février dans les 1, 3, 4,5,10, 11 et 15è arrondissements soit 700 places ouvertes. La mairie du 3è a par ailleurs étendu sa capacité d’accueil. Depuis mi-novembre, 1 600 places ont été ouvertes ce qui représente pour Paris, 40% des places en Ile de France.

Par ailleurs, il est aussi demandé à la population parisienne de se mobiliser afin de fournir aux sans abris des couvertures et des vêtements chauds mais une des plus grandes difficultés est de convaincre les personnes sdf à se diriger vers des lieux d’accueil d’urgence soit parce qu’elles manquent d’informations, soit à cause de ce qui s’y passe (bagarres, vols…).

Un mouvement « Pus personne dehors » s’est créé à l’instar d’une cinquantaine d’élus de la région Ile de France et lancé à l’initiative de Mama Sy, adjointe au maire d’Etampes. Ces personnalités passeront la nuit du 28 février au 1er mars dehors en soutien des sans abris sous une température négative. Ils demandent que cette situation soit mise à fin et la réquisition de locaux vides.

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