Roumanie: le parti social – démocrate rêve de voir une femme au poste de Premier ministre

GABRIEL MIHAI

Les sociaux-démocrates roumains ont désigné mardi une eurodéputée, Viorica Dancila, pour succéder au Premier ministre démissionnaire qu’ils ont fait chuter en raison d’un conflit au sein de la tapageuse majorité de gauche.

Viorica Dancila, eurodéputée depuis 2009, pourrait être nommée dès mercredi si elle obtient l’aval du chef de l’Etat Klaus Iohannis qui recevra en milieu de journée le PSD et son petit allié libéral Alda.

La démission de M. Tudose lundi soir a par ailleurs bouleversé le programme de la visite historique du Premier ministre nippon Shinzo Abe, arrivé à Bucarest à la mi-journée pour la fin de sa tournée en Europe centrale et orientale.

M. Abe a annulé sa rencontre avec le gouvernement, mais a été reçu par le président Iohannis, dans la journée, alors que les autorités roumaines avaient espéré qu’il participerait aux entretiens prévus entre les deux délégations.

Liviu Dragnea, président du parti social-démocrate espère que le poste de Premier ministre pour Mme Dancila, montrera à Bruxelles que la Roumanie va améliorer les relations du gouvernement avec la Commission après toutes les critiques faites par l’UE ces dernier mois pour une réforme controversée de la justice promue par la majorité de gauche.

Après le renversement du gouvernement de Sorin Grindeanu en juin, le chef de l’Etat, confronté aux tensions croissantes au sein du parti au pouvoir, avait exprimé des doutes quant à la «capacité du PSD à gouverner», laissant entendre qu’il pourrait refuser de charger un nouveau membre du parti de diriger l’exécutif.

«Nous avons besoin rapidement d’un nouveau gouvernement pour que cette période d’incertitude ne se transforme pas en instabilité politique», a déclaré mardi le président Iohannis «mécontent et inquiet» au lendemain de la nouvelle crise provoquée par le PSD, revenu au pouvoir il y a un an.

Dragnea souhaiterait contrôler le gouvernement, alors que lui-même ne peut briguer le poste de Premier ministre en raison d’une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. Il est à l’heure actuelle jugé pour abus de pouvoir dans une affaire d’emplois fictifs et est par ailleurs soupçonné de détournement de fonds européens. Ses avoirs ont été placés sous séquestre.
Selon le quotidien Ziarul Financiar. Le PSD, revenu au pouvoir il y a un an à la faveur d’élections législatives, “n’est pas intéressé par le gouvernement mais par le pouvoir – le pouvoir absolu”.

L’hiver dernier , le PSD avait provoqué une vague de contestation sans précédent en Roumanie quand il avait tenté d’assouplir la législation anticorruption. Confronté à des manifestations géantes, le gouvernement avait fait machine arrière.

En attendant, le président de centre droit a chargé le ministre sortant de la Défense Mihai Fifor d’assurer l’intérim au poste de Premier ministre.

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