Samu social débordé, les sans-abris toujours dans la rue … afflux de migrants à loger

GABRIEL MIHAI

Samu social débordé, familles à la rue, afflux de migrants à loger, l’hébergement d’urgence en France vit une crise grave.

Les sans-abris continuent de dormir sur les trottoirs, plongés cet hiver dans un froid polaire. L’engorgement des capacités d’hébergement, d’urgence ou non, est en cause, une situation qui n’étonne pas a raconté Jean Pierre, un SDF âgé, “les centres sont complètement surchargés, si vous avez 8 000 places et 50 000 demandes ça parait logique que les gens couchent dehors comme moi aujourd’hui. On voit de plus en plus de personnes âgées qui couchent dans la rue, ce ne est pas le cas pour moi de dormir au chaud, j’ai 68 ans, je ne suis pas demandeur d’asile pour avoir un place garantie.”

Jean Pierre sans-abri depuis 8 ans a préféré camper devant le nouveau centre d’hébergement d’urgence Laurent Jouhaux tenu par l’Armée du salut dans le XXème arrondissement, à Paris qui en abrite certains, plutôt que de vivre parmi eux. Sur 60 – 70 sans-abris pensionnaires, ce centre réserve 20 places à des demandeurs d’asile en procédure, sachant que quelques autres peuvent aussi être envoyés par les services d’orientation.

Le budget de l’Etat sur cette question s’élevait à 1,7 milliard d’euros en 2017. Mais le nombre de places n’est pas suffisant car le Centre d’observation de la Société estime à 180 000 le nombre de sans-abris en France.

En 2015, 70% des appels au 115 n’ont pas abouti et sur les 30% des appels traités, un quart est resté sans solution. Deux ans plus tard, c’est encore pire, selon le quotidien Le Parisien qui a interrogé le Samu social sur la nuit du 28 au 29 novembre 2017. 180 sans-abri isolés (dont 80 femmes) et plus de 600 personnes en famille avaient dû être renvoyés à la rue pour la nuit.

Des hôtels sont mis à la disposition des sans-abris, 15 000 à 25 000 places sont attribuées à des étrangers en situation irrégulière, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur cités par le quotidien Le Figaro et selon un rapport du Sénat publié le 27 décembre 2017, «les dispositifs financés […] continuent à être fortement sollicités par les demandeurs d’asile mais également par les personnes déboutées du droit d’asile ou se trouvant dans une situation administrative complexe». L’étude reconnaît qu’il est difficile d’estimer leur proportion puisque l’accueil est inconditionnel pour toute personne en «détresse médicale psychique et sociale», sans distinction de nationalité.

Le Samu social est saturé et des enfants dorment dans des températures glaciales.

Emmanuel Macron a annoncé en juillet qu’il ne laisserait personne à la rue d’ici la fin 2017, les sans-abris continuent de dormir sur les trottoirs, plongés cet hiver dans un froid polaire.
Un élargissement prochain d’hébergement d’urgence assez conséquent, est prévu dans la prochaine réforme du logement dévoilée en février…

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