La stratégie de résilience urbaine à Paris

Véronique YANG

Lundi 25 septembre, Anne Hidalgo a soumis au Conseil de Paris la stratégie de résilience pour prévenir et adapter Paris face aux événements climatiques comme les inondations ou la canicule mais aussi les menaces terroristes, la crise migratoire ou la mauvaise qualité de l’air.

Conduite par Célia Blauel, adjointe à la maire de Paris en charge de l’environnement, du développement durable, de l’eau, de la politique des canaux et du plan”climat énergie territorial” et avec le soutien du “réseau des 100 villes résilientes”créé par la Fondation Rockfeller, la stratégie a été construite avec les habitants, les associations, les entreprises et les chercheurs. Un travail collectif avec mise en oeuvre de 35 actions reconnues pour un meilleur avenir possible. C’est ainsi que Paris entre dans le cercle des villes du réseau 100RC, tout comme New-York, Singapour, Mexico, Medelin, New Orleans, Rotterdam, Athènes, Bangkok ou Santiago du Chili, etc… La capitale a montré au fil des ans sa capacité de rebondir face à des événements marquants allant de la crue de 1910 aux dernières attaques terroristes et les 35 actions se sont articulées autour de 3 axes:

-Une ville inclusive et solidaire qui s’appuie sur ses habitants

– Une ville aménagée et construite pour répondre aux défis du XXIè siècle

– Une ville qui mobilise l’intelligence collective et coopère avec les autres territoires en particulier ruraux.

Etaient présents à cette présentation et adoption, la maire de Paris entourée du Président de la Métropole du Grand Paris, Patrick Ollier; du Président de l’Association des maires ruraux de France Vanik Berberian et du neuropsychiatre Boris Cyrulnik, invité d’honneur pour évoquer les liens entre résilience psychologique et urbaine..

Présentée par Sébastien Maire,  haut responsable de la résilience à la ville de Paris, la stratégie de Paris en matière de résilience a été lancée le 4 octobre en présence de Michael Berkowitz, président de 100 RC. le président de l’Association des maires ruraux de France, Vanik Berberian, a signé avec la ville de Paris une déclaration commune qui vise à renforcer la coopération entre les territoires urbains et ruraux. “On ne se construit pas dans les rivalités. Les alliances sont un moteur essentiel. Comme l’Etat ne nous y incite pas, nous prenons les choses en main et rappelons par ce geste fort qu’entre les territoires urbains et ruraux, nos destins sont liés” a il ajouté.

Cette stratégie a mobilisé 800 acteurs et s’appuie sur une centaine d’études”et a été bâtie grâce à l’accompagnement et au soutien du réseau des 100 villes résilientes porté par la fondation Rockefeller, qui anime et finance dans le monde des postes de hauts responsables de la résilience (Chief Resilience Officer ou CRO) au cœur des organisations municipales.L’accompagnement dans l’élaboration de cette stratégie se fait au travers d’une plateforme, d’outils, de services et d’une méthodologie  Cent responsables de la résilience à travers le monde fonctionnent ainsi en réseau. Ils sont notamment présents dans d’autres villes comme Bristol, Sydney, Paris, Rotterdam ou Mexico. Ils s’organisent en groupes thématiques pour produire des livrables pour l’ensemble du réseau. L’objectif de la fondation est ambitieux : à terme un réseau de 10.000 CRO.

Les 35 actions de la stratégie réparties en neuf objectifs et trois piliers seront mises en œuvre dès cette année.  La création d’un centre de ressources et de formation à la résilience ou celle d’une cartographie participative des risques “alimentée par des citoyens et des hackers bienveillants”en font partie. Anticiper les risques, adapter les infrastructures existantes, en concevoir d’autres vectrices de multiples bénéfices ou  promouvoir un urbanisme résilient en urbanisme transitoire est une autre action, développer une “ZAC résiliente et adaptée au changement climatique” à Saint-Vincent de Paul, ou encore “systématiser les solutions résilientes dans l’urbanisme, par les documents réglementaires et les cahiers des charges”.
Une autre idée fait son chemin : transformer les cours d’écoles, une fois débitumées et végétalisées, en “oasis ” et îlots de fraîcheur. “Un travail d’ores et déjà en cours : trois écoles pilotes “rafraîchies” verront le jour dès la rentrée scolaire 2018″.

 

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