Week-end parisien animé par la Marche des fiertés, les Solidays et les Journées Olympiques

GABRIEL MIHAI ET ALEXANDRE CROSSAY

Entre la Marche des fiertés, les Solidays et les Journées Olympiques, la capitale ce week-end était sous haute surveillance.

A cette occasion, le préfet de police de Paris a annoncé le déploiement de 12.000 policiers et militaires dans Paris et la petite couronne pour assurer la sécurité sur les différents événements.
La sécurité et la protection sur la capitale est une priorité pour les autorités. 3.000 unités ont été spécifiquement dédiées aux 3 jours d’événements sur la voie publique.

Aussi bien pour les Journées Olympiques, que pour la marche des fiertés, des arrêtés préfectoraux ont été détérminer pour délimiter les zones de protection. Le dispositif est semblable à celui des fan-zones pendant l’Euro de football 2016. Dans ces zones, les forces de l’ordre, pour assurer un maximum de sécurité, ont pu procéder à des contrôles d’identité, des palpations.

Paris se mobilise pour sa candidature aux Jeux Olympiques de 2024, pour laquelle le résultat sera connu le 13 septembre 2017. Pendant deux jours, une dizaine de zones d’activités sportives sont mises en place dans la capitale pour offrir des démonstrations par les meilleurs athlètes de chaque discipline, mais également pour initier le public aux sports.

Pour l’occasion, une piste d’athlétisme flottante a été installée sur la seine au niveau du pont Alexandre III, ainsi qu’un plongeoir depuis ce même pont, ou encore des trampolines dans le Petit Palais.

C’est un moment fort où des dizaines de milliers de personnes ont défiler, samedi 24 juin, pour la Marche des fiertés à Paris sous le mot d’ordre : « PMA pour toutes sans condition, sans restriction, maintenant ». Lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits, perception de la Marche, financements et autres soutiens… Alors que la Pride célèbre cette année sa 40ème édition, la présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse:

D’’abord, parce qu’elle est encore interdite dans de nombreux pays. Ensuite, parce que l’an dernier les terroristes de l’État islamique ont frappé lors de la tuerie homophobe d’Orlando. L’actualité internationale nous rappelle encore cruellement que la persécution des homosexuels se poursuit, en Tchétchénie et ailleurs. Je n’oublie pas, en France, la persistance des actes homophobes au quotidien. Face à cette situation préoccupante, il est indispensable de continuer à se mobiliser contre l’homophobie. La Marche à Paris est devenue un symbole de la liberté d’expression et de la lutte contre les discriminations auquel nous sommes très attachés.

La Région Île-de-France demeure en 2017 le premier financeur de la Marche des Fiertés, à hauteur de 25.000 euros, soit un quart du budget consacré à son organisation. Cette subvention est identique à celle de l’année précédente et a même augmenté depuis 2015. J’ai d’ailleurs reçu cette semaine les représentants de l’Inter-LGBT auxquels j’ai annoncé que la Région signera désormais une convention pluriannuelle afin de sécuriser son financement : nous voulons être un partenaire durable. J’espère que tous ceux qui ont diffusé des informations malveillantes sur notre désengagement rétabliront enfin la vérité. Je demande à être jugée sur mes actes, qui correspondent à mon parcours personnel et à mes engagements politiques contre l’homophobie. Comme l’an dernier, l’Île-de-France sera présente à cette Marche à travers le CRIPS (Centre régional d’information et de prévention du sida et pour la santé des jeunes), organisme qu’elle finance et qui œuvre pour la lutte contre les discriminations, la prévention du VIH/sida, et les comportements à risque chez les jeunes. Le CRIPS réalise un travail de prévention important dans les lycées.

Enfin, la Marche des Fiertés, cette année a l’occasion pour la Région Île-de-France de diffuser un message sur notre engagement et notre solidarité contre l’homophobie, partout où elle est présente, en France et dans le monde, avec un accent plus particulier mis sur la Tchétchénie où les persécutions se multiplient au vu et au su de tous.

Pour la maire de Paris Anne Hidalgo, c’est une année particulière, alors que la Pride célèbre cette année sa 40ème édition.

Le regard des Français évolue, grâce à des années de mobilisation, que nous devons en particulier aux associations. L’adoption de la loi sur le mariage pour tous, portée par Christiane Taubira, a évidemment été une étape décisive. Paris est aujourd’hui une ville reconnue dans le monde entier pour sa tolérance, son sens du vivre-ensemble et sa capacité à défendre les droits des personnes LGBTI. Mais ce combat contre les discriminations et pour l’égalité doit continuer. L’homophobie fait chaque année des milliers de victimes dans notre pays. C’est inacceptable. Nous devons poursuivre nos efforts, par de grands événements comme la Marche des fiertés et par des actions quotidiennes. Mon équipe, et en particulier Hélène Bidard, mon adjointe

charge de la lutte contre les discriminations, est très mobilisée en ce sens.

La Marché des fiertés doit pouvoir rayonner dans Paris de la même façon qu’elle fait rayonner Paris dans le monde. Je suis donc très heureuse que, pour ses 40 ans, nous ayons pu trouver un parcours en cœur de ville, empruntant la rue de Rivoli. Ce parcours est le fruit d’un travail très constructif entre l’Inter LGBT, la Ville et la Préfecture de Police. Je remercie d’ailleurs cette dernière, dont les agents veilleront cette année encore à la sécurité du public.

J’ai annoncé ma décision de sanctuariser définitivement le 3e samedi de juin comme étant la date de la Marche des fiertés à Paris. Cela nous assure d’installer durablement cet événement dans l’agenda festif, culturel et social de notre ville. C’est aussi un acte de mémoire, pour rendre hommage aux événements de Stonewall de juin 1969, à New-York, qui marquèrent une étape essentielle dans la lutte pour les droits LGBTI.

Paris a une culture unique de l’hospitalité. Elle organise chaque année des centaines de grands événements sur l’espace public et a développé une vraie expertise dans leur organisation. Nous pouvons donc tout à fait imaginer que notre ville accueille dans les années à venir la World Pride. C’est un projet à construire collectivement, avec les citoyens, les associations, les collectivités et l’Etat. Comme l’a proposé Jean Luc Romero, la coordination de tous ces intervenants s’engagera dès la rentrée et je suis confiante en notre capacité à avancer vers cet objectif si chacun le souhaite. Je suis, pour ma part, ouverte à une telle discussion.

Le collectif LGBT de la République en marche a été la cible d’une action aujourd’hui lors de la marche des fiertés. Vers 16h, un groupe de militants radicaux se sont positionnés face au cortège d’En Marche – LGBT, les uns avec une banderole, les autres assis en tailleur les bras tendus vers l’avant pour intimer aux marcheurs l’ordre de s’arrêter.

Par cette action, les militants radicaux voulaient marquer leur solidarité avec les migrantes notamment malmenés à Calais par la politique du gouvernement actuel. Au passage, ils ont dénoncé la nomination de ministres qui s’étaient opposés au mariage pour tous comme Gérald Darmanin ou Jean-Baptiste Lemoyne.

La situation s’est débloquée avec l’arrivée de CRS. Les militants radicaux ont mis fin à leur action et ont défilé devant le cortège d’En marche – LGBT, en distribuant les tracts expliquant leur zap aux passant.s.

Donald Potard, ancien PDG de Jean Paul Gaultier, y voit “une forme de bizutage et de provoc”. S’il reconnaît volontiers que la présence de ministres jadis opposés au mariage pour tous pose problème, il estime qu'”En Marche – LGBT sera là pour rappeler les engagements du Président de la République qui a salué sur tweet la Marche des fiertés.”

Pour la première fois, l’Etat est partenaire de la Marche des fiertés LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) de Paris, par le biais du soutien de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). Ce champ de compétences a été ajouté à la délégation après l’attentat homophobe d’Orlando, qui avait fait 49 morts le 12 juin 2016. Une forme d’institutionnalisation pour la gay pride, qui fête cette année ses 40 ans en France. Des militants pour les droits des homosexuels participaient depuis le début des années 1970 au défilé du 1er Mai, mais la première marche indépendante a eu lieu le 25 juin 1977, à l’appel notamment du Groupe de libération homosexuelle.

PHOTOS: BM ET GABRIEL MIHAI / IMPACT EUROPEAN – WPA

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