Les tapis du Roi Soleil en majesté dans la nef du Grand Palais
Il y avait foule ce samedi de février à l’entrée du Grand Palais pour voir les immenses tapis que Colbert, dans l’intention de faire rayonner la gloire de Louis XIV, commanda en 1668 à la Savonnerie pour le sol de la Grande Galerie du Palais du Louvre, alors siège de la monarchie française avant son installation au Château de Versailles..
Louis XIV, qui avait 23 ans à l’époque où fut passée cette commande, avait décidé de s’identifier à Apollon, dieu de la Lumière et des Arts.
Quand le public arrive dans la nef du Grand Palais, le spectacle est impressionnant !
Sous les verrières magnifiques dont les structures métalliques viennent d’être fraîchement repeintes en vert pâle, trente-sept grands tapis aux dimensions imposantes, reprenant soudainement du galon, ont été somptueusement déroulés.
Placés bout à bout, ces tapis forment une enfilade magnifique et provoquent un choc visuel très fort.
Il nous prendrait presque l’envie, tel Aladdin, d’enfourcher un de ces tapis pour voler allègrement du Louvre à Versailles. Mais pas question de marcher sur ces joyaux de la Couronne … sauf sur un seul que le public se bouscule pour y poser les pieds … Mais personne ne s’est envolé à ma connaissance.
L’ensemble a été tissé de laine et de lin dans un camaïeu de jaunes dorés.
Le tissage de cet ensemble, de 92 pièces à l’origine, a duré deux décennies, mobilisant nombre d’artisans d’exception.
Un projet titanesque, doublé d’une prouesse artistique et technique jamais vue auparavant !
41 sont aujourd’hui conservées dans les collections des Manufactures nationales (Sèvres et Mobilier national).
Avec cette commande titanesque, Colbert a voulu contribuer au développement des manufactures maîtrisant l’art de la tapisserie en France.
Plusieurs animations pour les enfants permettent de sensibiliser à l’art du tapis.
De petits métiers à tisser initient les enfants tandis que, dessiné au sol, un grand tapis factice est proposé aux coloriages des petits.
On peut assister au travail minutieux, d’une grande maîtrise technique, d’une lissière de la Manufacture de la Savonnerie restaurant devant les visiteurs un tapis orné des somptueux motifs imaginés par le grand Charles Le Brun, premier peintre du roi,
En contrepoint, accrochées à la verticale, quatorze tapisseries racontent les grands épisodes du Roi Soleil, souvent représenté victorieux sur un cheval cabré.
Exposition tant historique qu’éphémère (elle n’aura duré qu’une semaine, du 1er au 8 février, pour des raisons de planning), le « Trésor retrouvé du Roi Soleil » est l’un des plus extraordinaires ensembles décoratifs jamais conçus pour un palais royal.
Elle fera date dans la programmation du Grand Palais, seul lieu capable de présenter ces chefs-d’oeuvre dans toute leur ampleur.




























