Art Capital, 20 ans déjà
Pour sa 20ᵉ année, Art Capital s’est à nouveau déroulé du 13 au 15 février sous la cathédrale de verre et d’acier du Grand Palais.
Cet événement annuel, qui présente 3 000 artistes, est considéré par ces derniers comme « la voix du peuple » des créateurs. En cause, le mode de sélection qui serait davantage celui des artistes eux-mêmes.
Chaque année, des artistes étrangers sont mis à l’honneur. En 2026, ce sont des artistes azerbaïdjanais qui sont exposés à cette édition.
Quatre Salons différents
Dès l’arrivée, quatre salons différents s’offrent à vous : « Artistes Français », « Indépendants », « Comparaisons », « Dessin et Peinture à l’Eau ». Ils permettent d’explorer des formes d’expression très variées.
Des artistes confirmés
Au détour des allées, notre attention est attirée par une sculpture de bronze ou de pierre, une peinture aux tons délicats, une photographie…
Benoît Lebeurre, lors de ses nombreux voyages en Afrique, a observé et photographié des animaux dans leur milieu naturel pour les reproduire ensuite en bronze. On est ému par ses Lionnes à l’Affût, sa Grue Couronnée qui s’envole ou sa gracile Femelle Grand Koudou.
Sylvie Guevel, artiste peintre bretonne, nous présente une peinture d’une tortue caouanne recueillie par des pêcheurs locaux au large de Brest — un animal que l’on trouve habituellement dans les eaux chaudes tropicales, et non en Bretagne. Cette toile, faisant référence au réchauffement climatique, témoigne de l’engagement de l’artiste pour la préservation des océans.
Marité Braster présente une Vénus de Willendorf réalisée à partir de vieilles chambres à air. Elle s’est imposée par sa démarche singulière autour de ce matériau inattendu, suggérant la capacité du corps blessé et cicatrisé à se reconstruire.
Laurent Yvelin, ex-ingénieur dans l’aéronautique et ancien paysagiste, découvre l’argile et les techniques de l’art céramique — notamment le raku — grâce au cours de poterie suivi par son fils. Il modèle alors des animaux marins : baleine à bosse en plongée, petit requin tigre, requin pointes noires à l’affût, selon un procédé particulier qu’il maîtrise parfaitement.
Par choc thermique, il provoque des craquelures ; par enfumage, les fissures se noircissent, faisant apparaître des dessins sur la peau lisse de l’animal réalisé.
Valérie Durand est une artiste peintre qui réalise des portraits de stars. Elle a peint à l’acrylique et aux couteaux des pilotes de Formule 1, des stars du football, du show-business ou du cinéma, parmi lesquelles Mick Jagger, Romy Schneider et Brigitte Bardot, pour laquelle elle avait une affection particulière.
Cavalière, elle a également peint des chevaux pour les Jeux Olympiques 2024.
Les tendances majeures
Lorsqu’on déambule entre les stands, on est frappé de voir que l’art figuratif s’affirme de façon prégnante, même s’il se prolonge presque toujours par des éléments oniriques ou fantastiques, des références à des artistes connus (Yagi Michiyo) ou des quêtes d’éternité (Mamic Stekjo).
Si le siècle dernier a vu s’écrouler toutes les contraintes, certains artistes continuent à explorer des recherches qui sortaient autrefois des sentiers battus : gros plans coupés (Tagushi Keito), hyperréalisme ou camaïeux de noirs façon Pierre Soulages (Kang Wolter), devenus presque des poncifs.
Mais une nouvelle esthétique semble apparaître : celle d’un art plein de douceur, relié à la figuration et néanmoins tourné vers autre chose.
Cela nous parvient par la photographie — ah, les admirables Remous du Groenland ! — ou par des sculptures animalières magnifiquement développées à partir de racines d’arbres (Le Cerf d’Ange).
Les expressionnistes abstraits ne sont pas en reste avec leurs recherches de couleurs et de formes.
Il y a là peut-être la recherche d’un nouveau type de sentiment esthétique.
Corinne Chauvet est reconnue pour ses rires sculptés. Sa recherche artistique est synonyme du « oui » à la vie. Elle offre une chose rare en sculpture : des rires et des sourires.
Son exploration artistique puise dans l’émotion, la douceur humaine et le fou rire. Ses personnages, inspirés des moines bouddhistes, apportent un témoignage de ce que l’homme a de meilleur. Ils représentent le côté positif que chacun d’entre nous essaie de cultiver. Le travail de la terre contribue à la sensation de vie et d’énergie que l’artiste capte comme des instantanés photographiques. Le spectateur se laisse vite séduire par ces fous rires presque communicatifs.
Elle a appris la sculpture en Angleterre ; sa curiosité et ses résidences d’artistes nourrissent son travail. À Shigaraki, au Japon, lors de sa résidence, elle s’est imprégnée de l’âme japonaise, mêlant sourire et respect, timidité et excentricité, raffinement et simplicité. En Birmanie et en Thaïlande, elle a été marquée par les sourires de la population. L’esthétique des moines bouddhistes qu’elle a rencontrés l’a poussée à développer le moine comme symbole de notre recherche de joie et de sérénité.
Notre « moine intérieur » traverse toutes les émotions, mais celles qui sont les plus recherchées — et pourtant les moins visibles dans notre société — sont la joie et la sérénité. Lors des expositions, il se passe souvent quelque chose d’incroyable : le visiteur sourit, rit, s’émerveille. Oui, la joie est communicative — et l’art vraiment très utile.






















































































