Les dirigeants européens envisagent une zone tampon
Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine
Depuis près de quatre ans, l’Ukraine est le théâtre d’un conflit qui dépasse largement ses frontières. Alors que la guerre s’enlise et que les pertes humaines et matérielles s’accumulent, les dirigeants européens envisagent la création d’une zone tampon démilitarisée de 40 km entre l’Ukraine et la Russie, le long de la ligne de front.
Selon cinq diplomates européens anonymes cités par Politico, cette proposition figure parmi les plus plébiscitées pour un scénario d’après-guerre ou de cessez-le-feu. Cependant, la largeur exacte reste à définir et l’acceptation par Kyiv est incertaine.
Comparaisons et préoccupations
Certains diplomates hésitent à comparer cette zone tampon à la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Ils la rapprochent plutôt de la division de l’Allemagne pendant la Guerre froide.
La Russie évoque la création de ses propres zones tampons le long des frontières russo-ukrainiennes, ce qui pourrait augmenter la distance entre l’artillerie et les drones de Moscou et de l’Ukraine.
Le nombre de soldats nécessaires pour patrouiller cette zone est estimé entre 4 000 et 60 000, sans engagement formel. L’OTAN prépare déjà une force de réaction rapide de 300 000 hommes, et toute force de maintien de la paix serait chargée de patrouiller et de former les troupes ukrainiennes.
Les forces françaises et britanniques devraient constituer le cœur de cette présence militaire étrangère.
Soutien occidental et armement
Washington a approuvé une vente potentielle de missiles de croisière à l’Ukraine pour environ 825 millions de dollars, comprenant 3 350 missiles ERAM, kits de guidage GPS et systèmes de défense électronique.
Zelensky a également annoncé que Kyiv avait reçu 1,5 milliard de dollars de ses alliés européens pour l’achat d’armes américaines, incluant équipements de soutien et assistance technique.
Le refus de Zelensky
Le président ukrainien rejette la proposition de zone tampon officielle :
« Seuls ceux qui ne comprennent pas le stade technologique de la guerre moderne peuvent faire une telle proposition. »
Il précise que la séparation existe déjà entre les armées :
« Nos armes lourdes sont distantes de dix kilomètres, car tout peut être touché par des drones. Cette zone tampon – je l’appelle une zone morte, d’autres la qualifient de zone grise – existe déjà. »
Accepter cette zone reviendrait à céder une partie du territoire, ce qui est inacceptable pour Kyiv :
« Si la Russie souhaite s’éloigner davantage de notre armée, elle peut se replier profondément sur nos territoires qu’elle occupe déjà. »
Attaques russes récentes
Cette semaine, deux attaques majeures ont eu lieu :
- Plus de 500 drones russes neutralisés
- 45 missiles, dont 6 balistiques et 32 de croisière
Zelensky souligne que sans pression internationale, la guerre ne cessera pas.
Diplomatie et perspectives
Zelensky compte sur le sommet en Chine pour faire avancer un cessez-le-feu. Il a parlé avec le Premier ministre indien Modi et bénéficie du soutien de la Turquie et des Émirats arabes unis. Des réunions ont également eu lieu avec l’Arabie saoudite et le Qatar, et la Suisse sert de plateforme neutre pour les négociations.