La liberté d’expression : un droit fondamental à protéger
Le 3 octobre prochain, le Conseil national des barreaux, en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, organise la 8ᵉ édition de la Journée du droit dans les collèges, dont la thématique portera cette année sur la liberté d’expression.
Depuis 2018, cet évènement mobilise chaque année des centaines d’avocats dans toute la France pour aller à la rencontre des élèves. Leur mission : initier ces citoyens en devenir aux droits et devoirs qui fondent la vie démocratique et les aider à en comprendre les enjeux concrets.
Les chiffres clés de l’année 2024 :
- 600 avocats bénévoles mobilisés
400 établissements scolaires participants
« La Journée du droit dans les collèges est un moment précieux pour sensibiliser les collégiens à leurs droits et devoirs de citoyen. Cette année, en mettant à l’honneur la liberté d’expression, nous rappelons qu’il s’agit d’un droit fondamental, pilier de l’État de droit et de notre démocratie. Nous voulons que les adolescents en comprennent toute la valeur, afin que chacun d’entre eux puisse s’exprimer librement, de manière responsable et dans le respect d’autrui », explique Julie Couturier, présidente du Conseil national des barreaux.
Un droit fondamental en démocratie
La liberté d’expression permet à chacun de dire, écrire ou partager ce qu’il pense, que ce soit oralement, dans la presse, à l’école ou sur Internet. Ce droit est protégé par la Constitution française (Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, article 11) et par la Convention européenne des droits de l’homme (article 10). Il est au cœur de la démocratie : il favorise le débat, la critique et l’échange d’idées, essentiels pour faire évoluer la société.
Des étapes historiques clés
1831 : Le caricaturiste Honoré Daumier est condamné pour avoir critiqué le roi Louis-Philippe.
1881 : La loi sur la liberté de la presse établit que tout est autorisé sauf certains abus (injure, diffamation, incitation à la haine).
2015 : L’attentat contre Charlie Hebdo rappelle tragiquement que la liberté d’expression peut coûter cher, mais qu’elle doit être défendue.
La liberté d’expression à l’école
Les collégiens et lycéens disposent eux aussi d’un droit d’expression, encadré par le Code de l’éducation. Ils peuvent, par exemple, créer un journal scolaire, afficher des textes ou exprimer leurs idées dans le cadre des instances lycéennes, tout en respectant les règles de l’établissement et le respect d’autrui.
Les limites de la liberté d’expression
Aucune liberté n’est absolue. Dire tout et n’importe quoi peut avoir des conséquences :
Injures et outrages : interdire l’humiliation ou l’insulte publique.
Diffamation et infox : punir la propagation de fausses informations qui nuisent à autrui.
Harcèlement et menaces : sanctionner les comportements violents ou intimidants, en ligne ou dans la vie réelle.
Atteinte à la vie privée : protéger les individus contre la diffusion de photos, vidéos ou informations personnelles sans consentement.
Deepfakes et contenus violents : interdire la diffusion de vidéos truquées ou de contenus immoraux, illégaux ou haineux.
Discours racistes, antisémites, homophobes ou négationnistes : strictement prohibés et sévèrement sanctionnés.
Des affaires récentes illustrent ces limites : l’affaire Charlie Hebdo, où la satire a été protégée par la loi malgré la controverse, et le tragique assassinat de Samuel Paty, qui montre le rôle crucial de l’éducation et de la laïcité dans l’enseignement de ce droit.
Apprendre à exercer sa liberté avec responsabilité
Les élèves sont encouragés à réfléchir : la liberté d’expression est précieuse, mais elle impose le respect des autres. Partager ses idées, critiquer ou débattre est un droit, mais insulter, harceler ou diffuser de fausses informations constitue un abus sanctionné par la loi.