« Qui brille au combat » : le cri du cœur de Joséphine Japy sur le handicap
Avec Qui brille au combat, Joséphine Japy signe son premier long-métrage en tant que réalisatrice. Un film profondément intime, inspiré de l’histoire vraie de sa sœur cadette, Bertille, atteinte du syndrome de Phelan-McDermid, une maladie génétique rare entraînant un handicap sévère et des troubles du spectre autistique. Loin des clichés, le film aborde le handicap de l’intérieur, avec retenue, douceur et une rare justesse.
Réalisé à partir d’un scénario coécrit avec Olivier Torres, Qui brille au combat raconte le quotidien d’un couple confronté au handicap lourd de leur fille Bertille, âgée de 13 ans, tandis que sa sœur aînée, Marion, 17 ans, tente de trouver un équilibre en se réfugiant dans une relation amoureuse. Un récit familial pudique, centré sur les liens, les silences et les ajustements permanents qu’impose la différence.
Une œuvre née d’un vécu personnel
La genèse du film est indissociable de l’histoire familiale de la réalisatrice. Joséphine Japy a notamment évoqué un moment décisif dans son parcours : l’appel de sa mère lui annonçant qu’elle n’était pas porteuse d’un gène héréditaire. Une révélation intime, décrite comme « très puissante », qui a profondément transformé son rapport à la maternité et nourri l’écriture du film.
Initialement intitulé Bertille, le long-métrage a finalement été rebaptisé Qui brille au combat. En cherchant la signification du prénom de sa sœur, la réalisatrice découvre qu’il renvoie à l’idée de « celle qui brille au combat » ou de « femme guerrière ». Une évidence, tant le film met en lumière une force discrète mais constante face à l’épreuve du handicap.
Handicap et représentation : un cinéma qui évolue
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes en mai dernier, le film s’inscrit dans un mouvement plus large de réflexion sur la représentation du handicap au cinéma. Une question déjà soulevée en 2023 sur la Croisette, notamment par l’influenceuse italienne Benedetta De Luca, rencontrée à Cannes, qui appelait à une plus grande ouverture des acteurs et des réalisateurs à ces récits encore trop absents de l’écran.
Deux ans plus tard, Qui brille au combat apparaît comme une réponse artistique concrète à cette interpellation : raconter le handicap sans l’instrumentaliser, en lui donnant une place centrale mais jamais réductrice, et en laissant émerger l’humanité avant le diagnostic.
Une distribution au service du récit
Tourné dans le sud de la France entre le 18 septembre et le 30 octobre 2024, le film réunit Mélanie Laurent, Pierre-Yves Cardinal, Angelina Woreth, Sarah Pachoud et Félix Kysyl. L’interprétation, sobre et incarnée, accompagne le regard sensible de la réalisatrice, qui privilégie l’émotion juste à l’effet dramatique.
Le 16 décembre 2025, lors de l’avant-première parisienne au Pathé Wepler, Joséphine Japy et Mélanie Laurent ont présenté le film dans une atmosphère empreinte de complicité. Un moment public qui contrastait avec l’intimité du récit, tout en soulignant la portée collective de ce projet personnel.
Un film nécessaire
Avec Qui brille au combat, Joséphine Japy propose un cinéma de l’écoute et de la nuance, où le handicap n’est ni héroïsé ni édulcoré, mais intégré à la complexité du lien familial. Un premier film délicat et courageux, qui participe à faire évoluer le regard du public sur la différence.
« Aujourd’hui, je suis devant vous, je sors un film sur cette histoire et j’attends un enfant. C’est très fort », a confié la réalisatrice.
Qui brille au combat sort en salles le 31 décembre. Un film rare, à la fois personnel et universel, qui éclaire sans jamais aveugler.












