À Paris, l’Ukraine et ses alliés scellent les garanties de sécurité d’une paix durable
Déclaration de Paris - Coalition des volontaires
Réunis à Paris au sein de la Coalition des volontaires, l’Ukraine, les États-Unis et leurs partenaires européens et internationaux ont franchi une étape majeure dans la construction d’une architecture de sécurité post-guerre destinée à garantir une paix solide et durable en Ukraine. Cette réunion intervient dans un contexte diplomatique décisif, quelques jours après la rencontre du 29 décembre aux États-Unis entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump, destinée à résoudre les derniers points de blocage — les « 10 % manquants » — du projet global de paix.
Une coalition élargie et résolument internationale
La réunion parisienne s’est distinguée par son ampleur. Selon le président ukrainien, 27 chefs d’État, ainsi que des représentants de l’Union européenne, de l’OTAN, mais aussi de la Turquie, du Japon, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, y ont pris part. Cette dimension mondiale souligne la volonté partagée de ne pas laisser la sécurité européenne dépendre d’engagements fragiles ou symboliques, mais de la fonder sur des mécanismes concrets, juridiquement contraignants et opérationnels.
L’objectif est clair : faire en sorte que tout accord de paix à venir ne soit pas une simple suspension des combats, mais un règlement durable, capable de dissuader toute nouvelle agression russe.
Des documents signés pour ancrer les engagements dans le droit
À l’issue de la réunion de la Coalition des volontaires à Paris, des documents politiques majeurs ont été officiellement signés : une déclaration commune de l’ensemble des pays de la Coalition ainsi qu’une déclaration trilatérale entre la France, le Royaume-Uni et l’Ukraine. Cette annonce a été faite par le président Volodymyr Zelensky, qui a souligné l’importance de ces textes pour la mise en œuvre concrète des garanties de sécurité.
« Grâce à ces documents, nous poursuivons notre travail juridique dans les pays concernés, notamment auprès des parlements, afin que, lorsque la diplomatie s’efforcera de mettre fin à la guerre, nous soyons pleinement prêts à déployer les forces de la Coalition des volontaires », a déclaré le chef de l’État ukrainien. Il a précisé que les modalités opérationnelles avaient été définies dans d’autres documents, couvrant notamment l’organisation des forces, les niveaux de commandement et les mécanismes de coordination.
L’Ukraine, pilier central de la future sécurité européenne
La Déclaration de Paris insiste sur un point fondamental : la capacité de l’Ukraine à se défendre constitue la pierre angulaire de la sécurité future du pays et, au-delà, de la sécurité euro-atlantique. Les forces armées ukrainiennes sont appelées à rester la première ligne de défense et de dissuasion, soutenues par une assistance militaire de long terme.
La Coalition des volontaires s’engage ainsi à fournir :
- des aides militaires durables et structurées,
- un soutien au financement de l’armée ukrainienne,
- un accès à des stocks de défense pour une réaction rapide en cas de nouvelle attaque,
- une coopération renforcée dans la construction d’ouvrages défensifs et la production industrielle conjointe d’armements.
Volodymyr Zelensky a souligné que tous les autres mécanismes de sécurité ne pourront fonctionner efficacement que si l’armée ukrainienne conserve un niveau élevé d’effectifs, de financement et de capacités opérationnelles.
Des garanties de sécurité juridiquement contraignantes
L’un des acquis majeurs de la réunion de Paris réside dans l’accord de principe sur la mise en place de garanties de sécurité politiquement et juridiquement contraignantes, activables dès l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu crédible.
Ces garanties incluent notamment :
- un mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu, dirigé par les États-Unis, avec la participation active des membres de la Coalition ;
- une commission spéciale chargée d’identifier les violations, d’en attribuer la responsabilité et de définir les mesures correctives ;
- des engagements contraignants en cas de nouvelle attaque russe, pouvant aller jusqu’à l’utilisation de capacités militaires, le renforcement du renseignement, des actions diplomatiques coordonnées et de nouvelles sanctions.
Pour Kiev, le caractère juridiquement obligatoire de ces garanties est essentiel. Le président ukrainien a insisté sur la nécessité que ces engagements soient validés par les parlements nationaux, y compris par le Congrès des États-Unis, afin d’éviter toute remise en cause politique future.
Une force multinationale pour dissuader toute reprise du conflit
La Déclaration de Paris prévoit également la création d’une force multinationale pour l’Ukraine, composée de contributions volontaires des États membres de la Coalition. Cette force aura pour mission de soutenir la reconstitution des forces armées ukrainiennes et de renforcer la dissuasion sur les plans aérien, maritime et terrestre.
Les modalités opérationnelles ont déjà été largement définies : chaînes de commandement, types d’armements, volumes de forces et rôles respectifs des pays contributeurs. Ces mesures de réassurance seront mises en œuvre à la demande de l’Ukraine, dès qu’une cessation crédible des hostilités sera constatée. L’Europe en assurera la direction, avec le soutien de partenaires non européens et la participation des États-Unis.
Les États-Unis, acteur clé du dispositif
La présence de représentants américains de premier plan à Paris confirme le rôle central de Washington dans le futur dispositif de sécurité. Les discussions engagées avec l’équipe américaine portent à la fois sur le contrôle du cessez-le-feu, la prévention des violations et la finalisation de documents bilatéraux et trilatéraux de garanties de sécurité.
Volodymyr Zelensky a salué la volonté américaine de s’engager durablement, tout en reconnaissant la complexité des procédures juridiques et politiques. La rencontre du 29 décembre aux États-Unis a permis d’avancer sur ces points sensibles, avec l’objectif de lever les derniers obstacles au projet de paix global.
Défense aérienne et pression sur la Russie
Malgré les avancées diplomatiques, la situation militaire reste tendue. Le président ukrainien a rappelé que la Russie poursuit ses frappes contre les infrastructures énergétiques et les zones civiles. La défense aérienne demeure donc une priorité absolue pour Kiev, qui appelle à un approvisionnement constant en missiles et systèmes de protection.
Dans ce contexte, les partenaires ont réaffirmé que tant que la Russie ne fera pas de pas concrets vers la paix, la pression devra être maintenue à travers une combinaison de sanctions, de dissuasion militaire et d’efforts diplomatiques coordonnés.
Vers une architecture de sécurité post-guerre
Au-delà des négociations en cours, la réunion de Paris marque l’émergence d’une architecture de sécurité post-guerre désormais structurée et documentée. Selon Volodymyr Zelensky, l’Ukraine n’a jamais été un obstacle à la paix ; elle en est aujourd’hui l’un des principaux artisans, aux côtés de ses partenaires.
La Déclaration de Paris envoie ainsi un message clair : la paix ne sera ni fragile ni provisoire. Elle reposera sur des engagements formalisés, une dissuasion crédible et une responsabilité clairement établie. Reste désormais à transformer ces engagements politiques en accords pleinement contraignants, afin que les derniers pourcentages manquants du projet de paix puissent être définitivement comblés.







