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JOURNAL INDÉPENDANT
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Le Conseil d’État a suspendu ce mercredi les autorisations d’exercice délivrées à plusieurs diplômés de l’école United Campus of Malta (UCM), confirmant ainsi les alertes répétées du Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes (CNOMK). Ces décisions, rendues en référé après cassation, reconnaissent un « doute sérieux » sur la validité de ces formations et soulignent l’urgence à suspendre leurs effets, en raison des risques potentiels pour la sécurité des patients.
Depuis plusieurs années, l’Ordre dénonce la prolifération d’écoles privées de santé, souvent basées à l’étranger, proposant des cursus à visée lucrative et ne répondant pas aux standards de qualité requis. Ces formations, parfois entièrement à distance, promettent l’accès à des professions réglementées mais laissent de nombreux étudiants dans une impasse administrative et professionnelle.
Dans le cas de l’UCM, la formation n’est pas reconnue par les autorités maltaises et n’autorise pas l’exercice de la kinésithérapie à Malte. En conséquence, les diplômes délivrés ne peuvent être reconnus en France, rendant impossible l’exercice légal de la profession sur le territoire national.
Pour Pascale Mathieu, présidente du CNOMK, ces décisions « réaffirment une exigence fondamentale : l’accès à la kinésithérapie ne peut se construire en dehors des garanties de qualité des soins ». Elle appelle à une concertation rapide avec les pouvoirs publics afin d’offrir une issue aux diplômés concernés, tout en sécurisant durablement les formations en santé.
Depuis 2014, l’Ordre alerte sur ces structures privées ciblant principalement les étudiants français. Malgré plusieurs alertes aux ministères, ces dérives persistaient. Le CNOMK se félicite toutefois de « l’écoute nouvelle » manifestée par les ministres Yannick Neuder et Stéphanie Rist, espérant qu’un travail conjoint permettra d’éviter la répétition de telles situations.
Déterminé à poursuivre son rôle de régulateur, l’Ordre des kinésithérapeutes reste pleinement mobilisé. Son objectif : protéger les patients, garantir la qualité des soins, et défendre les étudiants victimes de dispositifs privés basés sur une logique de rentabilité plutôt que de formation.
« Notre responsabilité est de veiller à ce que chaque futur professionnel bénéficie d’un parcours rigoureux, reconnu et conforme aux exigences de la kinésithérapie », conclut le Conseil national.