Grand Ciel : un premier film puissant entre drame social et thriller
Akihiro Hata • Réalisateur de Grand ciel
Le 8 janvier, le cinéma UGC Les Halles à Paris a accueilli l’avant-première de Grand Ciel, le premier long-métrage du réalisateur japonais Akihiro Hata, avant sa sortie nationale prévue le 21 janvier 2026. Déjà remarqué sur la scène internationale, le film a été sélectionné dans la section Orizzonti de la Mostra de Venise en 2025, confirmant l’émergence d’un cinéaste à suivre de près.
Une avant-première marquante
Présenté en avant-première devant un public attentif, Grand Ciel a immédiatement imposé une atmosphère lourde et oppressante. Le chantier futuriste au cœur du récit devient un décor anxiogène, presque organique, où chaque bruit et chaque ombre renforcent un sentiment de malaise. Cette première projection parisienne a permis de mesurer la force visuelle et l’ambition artistique du film.
Synopsis
Vincent (Damien Bonnard) travaille de nuit sur le chantier de Grand Ciel, un nouveau quartier éco-futuriste censé incarner le progrès et la modernité. Avec son collègue Saïd (Samir Guesmi), il subit des conditions de travail difficiles imposées par une grande entreprise de BTP. Lorsque l’un des ouvriers disparaît après être descendu au sous-sol récupérer une machine, la direction parle d’un accident isolé. Mais très vite, les soupçons grandissent. La disparition d’un second ouvrier plonge l’équipe dans une inquiétude profonde et fait naître la certitude que la vérité est dissimulée.
Un univers visuel saisissant
Akihiro Hata parvient à créer un univers marquant, dominé par le béton froid, la poussière omniprésente et des lumières artificielles aux teintes bleutées et grises. Grâce au travail du chef opérateur David Chizallet et des chefs décorateurs Aurore Casalis et Mathieu Buffler, le film offre une expérience presque tactile, où le spectateur a l’impression de pouvoir toucher les surfaces et respirer l’air vicié du chantier. Cette maîtrise esthétique constitue l’une des grandes forces du film.
Une critique sociale engagée
Sous couvert de thriller, Grand Ciel développe un discours social fort sur l’exploitation de la main-d’œuvre ouvrière. Le film interroge les rapports de domination, la lutte des classes et le prix humain du progrès architectural. Akihiro Hata rappelle que derrière les immeubles futuristes et le confort des plus aisés se cachent des hommes épuisés, exposés à des conditions dangereuses et souvent invisibilisés.
Si le film séduit par sa précision formelle et la qualité de son casting — tous très justes — il lui manque parfois une résonance émotionnelle plus profonde. Le réalisateur flirte avec le fantastique sans jamais s’y abandonner complètement, privilégiant une tension sourde et constante plutôt qu’un basculement frontal dans le genre.
Une œuvre prometteuse
Pour un premier long-métrage, Grand Ciel impressionne par son ambition et sa cohérence. Porté par Damien Bonnard et Samir Guesmi, le film parvient à conjuguer drame social et thriller avec intelligence, même si l’on aurait souhaité davantage d’audace dans son approche du fantastique. Les intentions du réalisateur sont néanmoins claires et saluables, faisant de Grand Ciel une œuvre engagée et intrigante.
Informations pratiques
Grand Ciel
Réalisation : Akihiro Hata
Durée : 91 minutes
Sortie en salles : 21 janvier 2026
Casting : Damien Bonnard, Samir Guesmi, Mouna Soulaem, Tudor-Aaron Istodor, Ahmed Abdel-Laoui, Denis Eyriey, Zacharia Mezouar, Issaka Sawadogo.













