MACASH : le thriller psychédélique qui immortalise le village disparu de Tifnit
Présenté en avant-première parisienne le 13 décembre au Christine Cinéma Club, MACASH est le premier long métrage de Max Beltran, qui en signe l’écriture, la réalisation et l’un des rôles principaux. Le film avait déjà été projeté à guichets fermés à Lyon le 2 novembre, amorçant un parcours festivalier avant une projection annoncée au Palace Brussels le 25 février 2026, après plusieurs festivals dont Cinemamed.
Tourné au Maroc, dans les villages d’Aourir et de Tifnit, près d’Agadir, MACASH se revendique comme un thriller dramatique psychédélique, porté par une production franco-marocaine atypique et un budget revendiqué d’environ 10 000 euros.
Entre rêve éveillé et cauchemar brutal
Le film suit Yoni et Max, deux trentenaires issus d’un milieu favorisé, envoyés inspecter un ranch familial abandonné. Ce point de départ presque anodin bascule rapidement dans une succession d’événements violents et déroutants, où fêtes, hallucinations et morts se mêlent sans transition. La frontière entre rêve et réalité se brouille volontairement, au risque parfois de désorienter le spectateur.
Cette narration fragmentée constitue à la fois la force et la limite du film : elle épouse l’état mental des personnages, mais peut également dérouter par son absence de repères classiques.
Tifnit : un village désormais disparu
Le tournage dans le village de Tifnit prend une dimension historique et tragique. Le mois de décembre 2023 restera marqué à tout jamais d’une pierre noire dans l’histoire de ce village de pêcheurs, situé à une quarantaine de kilomètres au sud d’Agadir, à l’intérieur du Parc national de Souss-Massa. Le 6 décembre 2023, le directeur de l’équipement de la province de Chtouka Aït Baha, Mohamed Zouhair, diffuse une décision exigeant la remise dans l’état initial des habitations construites de manière illégale, dans un délai de cinq jours.
Les habitants, environ 200 personnes principalement pêcheurs et certaines familles installées depuis des générations, subissent la destruction de leurs maisons. Le 28 décembre, les gravats sont recouverts de terre, et Tifnit disparaît complètement, la seule bourgade du genre à avoir subsisté au Maroc. La destruction s’inscrit dans le cadre d’un projet touristique majeur, « Blue Safari », prévoyant un circuit de 80 kilomètres dans le parc, avec une nouvelle offre d’animation et d’hébergement, pour un coût total de 1,5 milliard de dirhams (138 millions d’euros), dont 200 millions pris en charge par l’État.
Cette disparition confère au film une dimension presque documentaire : MACASH capture des lieux qui n’existent plus, figés dans l’histoire et désormais invisibles.
Une œuvre collective et indépendante
MACASH repose sur un travail collectif franco-marocain étalé sur près de deux années de production. Max Beltran revendique une aventure humaine avant tout :
« Tourner à Aourir, un village jamais vu au cinéma, fut une aventure folle. Merci à toute l’équipe France-Maroc pour ces deux ans intenses », confie le réalisateur.
Un film imparfait mais singulier
Avec ses moyens réduits, MACASH ne cherche pas la perfection technique. Il propose en revanche une expérience sensorielle et narrative qui s’inscrit dans une tradition de cinéma indépendant radical, susceptible de séduire autant que de diviser. Plus qu’un simple exercice de genre, le film témoigne d’une volonté de créer hors des circuits dominants, en s’appuyant sur l’énergie d’une équipe multinationale et sur des lieux rarement, voire jamais, montrés à l’écran.
Casting et équipe complète
Le film réunit un casting et une équipe multinationaux franco-marocains, comprenant :
Ophir Azoulay, Leïla Fared, Philippe Moyssan, Roxane Klg, Olivier Martel, Didier Laval, Paul Joaquim Pereira, Bouchra Bouc, Alexandre De Lilla, Laurent Graziano, Yanis Kiiriiquou, Najib Guerfi, Salah Messoussa, Rachid Leghrib, Nordine Mess, Yasmine Ouchène.
Une équipe enthousiaste qui a pris plaisir à réaliser ce film.































