Nicușor Dan reçu à l’Élysée : la France et la Roumanie renforcent leur partenariat stratégique
Déjeuner de travail Nicusor DAN et Emmanuel MACRON
Le président roumain Nicușor Dan a été reçu mardi au Palais de l’Élysée par le président français Emmanuel Macron, lors d’une visite officielle placée sous le signe de la sécurité, de l’industrie de défense et du renforcement des liens économiques entre les deux pays.
Bien que le déjeuner de travail qui précédait la rencontre ait été déclaré hors-presse, la séquence d’arrivée — garde républicaine et accueil protocolaire dans la cour de l’Élysée — a été ouverte aux caméras. Cette confidentialité explique l’absence d’informations détaillées dans les médias français. Les explications sont venues ensuite, lors de l’échange du président Dan avec la presse roumaine à l’ambassade.
« Une relation historique, pas bilatérale ordinaire »
Devant les journalistes roumains à Paris, Nicușor Dan a rappelé la profondeur du partenariat franco-roumain :
« Les relations entre la Roumanie et la France ne sont pas des relations bilatérales normales. Nous avons une longue histoire et un avenir très solide. Les discussions ont été extrêmement cordiales. »
Il a souligné que la France demeure un pilier essentiel du dispositif de sécurité roumain, notamment grâce au déploiement de troupes françaises dans le cadre de l’OTAN.
Défense : cap sur le programme SAFE et l’autonomie industrielle
La partie la plus stratégique de l’entretien a porté sur le programme européen SAFE (Sécurité et Avenir pour l’Europe), destiné à renforcer les industries de défense des États membres.
Nicușor Dan a insisté sur un objectif majeur :
« Nous voulons que les investissements du programme SAFE deviennent des investissements permanents, capables de soutenir non seulement les besoins de l’armée roumaine, mais aussi d’exporter et de rester viables sur le long terme. »
L’ambition roumaine est claire :
ne plus être seulement acheteuse de matériel militaire, mais développer une industrie nationale, en partenariat avec les groupes français.
Cette orientation inclut :
- la participation d’entreprises françaises à des projets roumains,
- la coproduction,
- le transfert technologique,
- une montée en capacité locale pour répondre aux besoins de l’OTAN et du marché européen.
Sécurité en mer Noire, Ukraine et « guerre hybride »
Les deux présidents ont consacré une partie importante de l’entretien :
- à la situation en mer Noire,
- au renforcement du flanc Est de l’OTAN,
- au soutien à l’Ukraine,
- et aux défis liés à la désinformation, identifiée comme un élément central de la « guerre hybride ».
Nicușor Dan a précisé :
« Nous partageons nos expériences concernant la désinformation. C’est un défi pour nous tous. Nous avons convenu que nous pouvons apprendre les uns des autres. »
Drones et sécurité du territoire : un message de fermeté
Interrogé par une journaliste d’Antena 3 CNN sur la capacité de la Roumanie à intercepter les drones russes qui ont déjà violé son espace aérien, le président a répondu sans ambiguïté :
« J’espère qu’ils n’arriveront plus, mais s’ils arrivent, vous verrez. Oui, la Roumanie est prête et ne permettra plus de violation. »
Un message clair, qui s’inscrit dans le renforcement de la posture roumaine au sein de l’alliance.
Investissements français : énergie, industrie et long terme
Le président Macron a, selon Nicușor Dan, rappelé que les investissements français en Roumanie sont majoritairement stratégiques, notamment dans l’énergie, les infrastructures et la défense.
Un projet majeur a été évoqué :
l’investissement d’une entreprise française dans le domaine énergétique à Tarnița, un chantier structurant pour la transition énergétique roumaine.
Par ailleurs, le président Dan a rencontré :
- des représentants du Medef,
- le maire de Paris,
- et a inauguré une allée portant un nom roumain dans la capitale française — symboles de la forte présence culturelle et économique roumaine en France.
AUR, Europe et géopolitique : réponses aux préoccupations
Interrogé sur les critiques américaines décrivant l’Europe comme « en déclin », Nicușor Dan a relativisé l’analyse et plaidé pour :
« une mobilisation européenne pour assurer sa sécurité, dans un débat idéologique interne, mais avec des intérêts et des valeurs communes qui continueront de cimenter le lien transatlantique. »
Il a aussi nuancé la montée du parti AUR, qualifié d’extrémiste par certains médias occidentaux :
« Beaucoup de ses électeurs sont motivés par la révolte contre la manière dont la politique a été menée en Roumanie. Le parti devra évoluer car il porte des éléments antieuropéens et prorusses. »
Une invitation à Macron : cap sur 2026
Enfin, Nicușor Dan a annoncé avoir invité Emmanuel Macron en visite officielle en Roumanie en 2026. Le président français a accepté.
Cette annonce donne une perspective claire :
la relance du partenariat franco-roumain sera suivie au plus haut niveau.
La visite de Nicușor Dan à Paris marque une étape stratégique pour la Roumanie :
- consolidation du partenariat militaire avec la France ;
- montée en gamme de l’industrie de défense roumaine ;
- coopération renforcée dans l’énergie, l’économie et les technologies ;
- coordination accrue face aux menaces hybrides ;
- confirmation d’un dialogue politique stable entre Paris et Bucarest.
Dans un contexte géopolitique tendu, l’axe Paris-Bucarest s’affirme comme l’un des piliers du flanc Est européen.










































