Quand le Salon de l’Histoire rappelle que la mémoire est un acte de résistance
Le 15ᵉ Salon de l’Histoire a célébré, ce mercredi 26 novembre 2025, l’excellence de la recherche historique française. Dans le cadre prestigieux du Cercle National des Armées, auteurs, éditeurs et passionnés d’histoire se sont retrouvés pour une cérémonie rythmée, chaleureuse et marquée par l’émotion.
Au programme : quatre prix majeurs, des finalistes remarqués, et un hommage vibrant à l’une des grandes figures de la discipline, Alain Decaux.
Dans un pays où l’actualité chasse sans cesse la précédente, le Salon de l’Histoire fait figure de parenthèse salutaire. En célébrant des ouvrages consacrés à Cyrano, Napoléon, Napoléon III ou Charles Pasqua, l’édition 2025 nous rappelle une évidence trop souvent négligée : revenir sur les grandes figures françaises n’est pas un exercice de nostalgie, mais un outil pour comprendre le présent.
Le palmarès de cette année a un fil rouge : la réhabilitation.
Cyrano l’écrivain, Napoléon l’homme d’État, Napoléon III le mal-aimé, Pasqua l’indéboulonnable stratège politique… Tous, à leur manière, ont laissé une trace ambiguë, parfois caricaturée, parfois méconnue. Les ouvrages primés entreprennent de nuancer, contextualiser, questionner. Bref : ils font exactement ce que l’Histoire devrait toujours faire.
Dans un contexte où débats, polémiques et récits partisans saturent l’espace public, ce Salon rappelle qu’un pays ne peut avancer qu’avec une mémoire solide, lucide, assumée.
Il rappelle aussi que la transmission historique est un acte de résistance, un rempart contre l’oubli et la simplification.
Le moment d’émotion dédié à Alain Decaux, figure emblématique de la vulgarisation historique, a d’ailleurs donné à la soirée une dimension presque symbolique : celle d’un passage de relais. À l’ère des écrans rapides, célébrer un historien qui prenait le temps de raconter, d’expliquer, de transmettre, c’est affirmer que la profondeur a encore sa place.
Son fils, présent, a salué la mémoire d’un homme qui a contribué à rapprocher l’Histoire du grand public, rappelant l’importance de transmettre et de partager.
Le Salon de l’Histoire 2025 n’a donc pas seulement récompensé des livres.
Il a rappelé, subtilement mais fermement, que l’Histoire n’est pas un héritage figé : c’est un regard. Et ce regard conditionne notre vision de la France d’aujourd’hui et de demain.
Quatre prix pour quatre regards sur les grandes figures de l’histoire
• Gérard de Cortanze — Prix du Guesclin
Récompensé pour Savinien de Cyrano, sieur de Bergerac (Albin Michel), Gérard de Cortanze ravive le destin flamboyant du véritable Cyrano, bien au-delà du mythe théâtral.
• Charles-Eloi Vial — Prix des Empires Prince Joachim Murat
Avec Les lieux de Napoléon (Perrin), Charles-Eloi Vial propose une plongée captivante dans les décors réels du pouvoir impérial. Un voyage érudit au cœur des espaces qui ont façonné l’histoire.
• Joachim Murat & Olivier Pastré — Trophée de la Biographie Gonzague Saint-Bris
Le duo remporte la distinction pour Napoléon III l’incompris, un ouvrage qui revisite avec finesse et nuance l’héritage contrasté du dernier souverain français.
• Pierre Manenti — Prix de la Mairie du 8ᵉ
Avec Charles Pasqua (Passés Composés), Pierre Manenti dresse un portrait politique dense et incisif d’une figure incontournable de la Ve République.
Une soirée rythmée par les échanges, la passion et la mémoire
Devant un parterre de personnalités du monde culturel et historique, les membres du jury — parmi lesquels Jean-Christophe Buisson, Franck Ferrand, Clémentine Portier-Kaltenbach, Jean Tulard ou encore Emmanuel de Waresquiel — ont salué la vitalité d’une production éditoriale qui continue d’éclairer le passé pour mieux comprendre le présent.
Les prix ont été remis en présence de Philippe du Guesclin, du Prince Joachim Murat, d’Edouard Saint-Bris, ainsi que de Jeanne d’Hauteserre, maire du 8ᵉ arrondissement. Une cérémonie élégante, ponctuée d’échanges et de rencontres privilégiées entre auteurs et lecteurs.
Finalistes remarqués et un hommage marquant
Les finalistes de l’édition 2025 ont également été applaudis :
Geneviève Chauvel – Mission en terres barbaresques (Artège)
Gauthier Devars du Mayne – 1627, le siège de La Rochelle (Erick Bonnier)
Dounia Tengour – Catherine d’Aragon et Jeanne la Folle (Perrin)
Charles-Eloi Vial – Talleyrand, la puissance de l’équilibre (Perrin/BNF)
Jacques de Villiers – Le bâtard du Roussillon (Fayard)
Les organisateurs ont également rappelé les lauréats 2024 : Philippe Charlier, Vincent Haegele, Stéphanie des Horts et David Gaillardon, marquant ainsi la continuité et le prestige du Salon.
Un palmarès riche et engagé, qui ouvre déjà la voie à l’édition 2026.


































