1er décembre – Journée mondiale de lutte contre le sida
Matériel de prévention : PrEP et préservatifs utilisés dans les actions d’information et d’accompagnement.
Sida Info Service : « Ce n’est pas une IA qui répond, c’est un humain » – et c’est ça qui sauve des vies
À l’heure où les services publics se déshumanisent au profit de chatbots et de plateformes automatisées, Sida Info Service prend le contre-pied radical : face au VIH, ce qui protège réellement, c’est l’humain.
Et les chiffres le prouvent. En 2024, l’association a répondu à 88 287 entretiens “à contenu”, dont 52 640 spécifiquement liés au VIH.
Derrière chaque appel et chaque tchat, il y a une réalité : peur, urgence, doute, risque, besoin de parler à quelqu’un maintenant.
Des situations où une intelligence artificielle — aussi sophistiquée soit-elle — ne pourra jamais remplacer l’écoute humaine.
« Ce n’est pas une IA qui répond, c’est un humain » : une conviction, pas un slogan
Chez Sida Info Service, ce principe n’est ni un gimmick marketing, ni un détail technique :
c’est un choix éthique et une stratégie de santé publique.
Les chiffres le confirment :
- 64 % des échanges VIH se font encore par téléphone — parce que rien ne remplace une voix humaine qui écoute, rassure, évalue.
- 29 % passent par le Live Chat, mais toujours avec un écoutant réel derrière l’écran.
- 6 % par mail.
Les personnes qui contactent l’association sont majoritairement :
- 82 % des hommes,
- 52 % ont entre 25 et 39 ans,
- 35 % vivent en Île-de-France.
Un être humain formé sait faire en quelques minutes ce qu’aucun robot ne sait faire :
poser les bonnes questions, détecter l’urgence, comprendre un tremblement dans la voix, orienter immédiatement.
Les vraies urgences : celles que l’IA ne saura jamais gérer
Pour les personnes séronégatives ou dont le statut est inconnu :
- 55 % des sollicitations portent sur la question :
« Ai-je vraiment pris un risque ? » - 32 % concernent le dépistage : où aller, quand, avec quelle fiabilité.
- Sur les questions liées aux traitements :
- 55 % concernent le TPE (traitement post-exposition),
- 39 % la PrEP.
Là encore, l’humain est indispensable :
il transforme une panique en plan d’action clair, adapté, personnalisé.
Grâce à cette écoute, près de 400 personnes ont été orientées en 2024 vers VIH Test, un dispositif permettant un dépistage gratuit en laboratoire, sans ordonnance et sans avance de frais — encore très méconnu du public.
Et sur le terrain ? Toujours l’humain d’abord
L’action de Sida Info Service ne se limite pas au téléphone ou au chat.
- 1 013 missions hors-les-murs menées en 2024
- dont 402 dépistages rapides réalisés directement auprès des publics les plus vulnérables :
maraudes, centres d’hébergement, milieux festifs, quartiers populaires…
Ces opérations touchent surtout des personnes qui, sans cela, ne se feraient jamais tester.
Aucune borne automatique ne peut remplacer cette proximité-là.
Un message fort de la directrice, Dr Arame Mbodje
« On peut mettre tous les algorithmes du monde : jamais une machine ne remplacera l’écoute, l’empathie et la réactivité d’un humain formé.
La prévention du VIH, c’est d’abord une relation de confiance, établie en quelques secondes. »
Un constat renforcé par le comportement des jeunes :
43 % des moins de 25 ans passent désormais par le Live Chat — toujours avec un écoutant réel.
5 réflexes 100 % humains pour se protéger
- Appeler le 0 800 840 800 (gratuit, anonyme, 24/7) ou utiliser le Live Chat.
- Parler à un écoutant formé pour évaluer son risque réel.
- Agir vite si besoin : TPE dans les 48 h après exposition.
- Se faire tester au bon moment et au bon endroit (TROD, CeGIDD, VIH Test).
- Prévenir la suite : préservatif, PrEP, vaccins adaptés.
Parce qu’au final, la prévention du VIH reste profondément humaine
Aucun questionnaire en ligne, aucun assistant automatisé, aucune IA ne peut remplacer l’écoute, la nuance, la prudence, la pédagogie et l’empathie d’un professionnel formé.
Tant que Sida Info Service existera,
il y aura toujours une voix humaine au bout du fil.