Sommet mondial sur le nucléaire à Paris : la France en première ligne avec l’AIEA
Le mardi 10 mars 2026, la France s’est placée au premier plan du débat international sur l’énergie nucléaire en accueillant le deuxième sommet mondial consacré à l’énergie nucléaire civile, organisé en collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Cette rencontre internationale s’inscrit dans la continuité de l’objectif annoncé lors de la COP28 à Dubaï en 2023 : tripler les capacités nucléaires civiles installées dans le monde d’ici 2050.
Le sommet s’est tenu à La Seine Musicale, à Boulogne-Billancourt, et a réuni une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des représentants de l’Union européenne, d’organisations internationales, d’institutions financières et des acteurs majeurs de l’industrie nucléaire.
Organisé par la France, l’une des principales puissances nucléaires civiles au monde avec 57 réacteurs en activité, ce sommet a rassemblé près de quarante pays ainsi que plusieurs organisations internationales, dont des représentants des États-Unis, de la Chine, de plusieurs États européens et des pays membres du G7. La Russie, autre géant du secteur, n’était cependant pas présente en raison de la guerre en Ukraine.
Aujourd’hui, l’énergie nucléaire représente environ 10 % de l’électricité produite dans le monde, grâce à quelque 450 réacteurs répartis dans une trentaine de pays.
Selon l’Élysée, les besoins d’investissement pour les projets nucléaires européens sont estimés à plus de 240 milliards d’euros. Dans ce contexte, la mobilisation des banques multilatérales, des institutions financières et des investisseurs privés apparaît comme une condition essentielle pour relancer la construction de nouveaux réacteurs dans plusieurs régions du monde.
Ce sommet intervient également dans un contexte énergétique tendu. Le prix du pétrole connaît une forte hausse en raison de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, ce qui renforce l’intérêt pour des sources d’énergie alternatives et bas carbone.
Pour la présidence française, l’objectif de cette rencontre est d’encourager la construction de centrales nucléaires dans un maximum de pays afin de contribuer à la transition énergétique tout en garantissant l’indépendance énergétique des États.
En ouverture du sommet, le président français Emmanuel Macron a souligné l’importance stratégique de l’énergie nucléaire :
« Le nucléaire est clé pour réconcilier à la fois l’indépendance et donc la souveraineté énergétique, la décarbonation et donc la neutralité carbone à horizon 2050, et la compétitivité et donc la création d’emplois de nos économies. »
Paris entend faire de cette rencontre une étape politique majeure dans la mise en œuvre de la déclaration adoptée lors de la COP28 visant à tripler les capacités nucléaires installées d’ici 2050. Une trentaine de pays ont déjà soutenu cette initiative, et la France espère voir de nouveaux États rejoindre cette feuille de route.
Selon l’Élysée, cette réunion s’inscrit dans une séquence politique plus large visant à soutenir la relance du nucléaire dans la transition énergétique mondiale et à renforcer la souveraineté énergétique des États dans un contexte géopolitique incertain.
Avant la tenue du sommet, plusieurs événements scientifiques ont également été organisés afin de débattre des infrastructures de recherche nécessaires au développement de la filière nucléaire.
Les discussions ont porté sur plusieurs thématiques clés : le financement des projets nucléaires, les nouveaux usages de l’électricité et de la chaleur bas carbone, l’organisation des chaînes de valeur industrielles ainsi que la sécurisation de l’approvisionnement en combustible nucléaire.
Toutefois, retrouver un « âge d’or » du nucléaire comparable à celui des années 1970 et 1980 impliquera de relever plusieurs défis majeurs.
Selon Clément Le Roy, les obstacles concernent notamment les capacités industrielles, la maîtrise des coûts et des délais, l’accès aux financements, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en combustible et la formation des compétences humaines nécessaires.
Dans son discours d’ouverture, Emmanuel Macron a également reconnu la dépendance française à l’uranium russe et a plaidé pour une coopération internationale renforcée dans ce domaine.
En fin de journée, le président de la République a convié les chefs d’État et de gouvernement, les représentants d’organisations internationales, les acteurs de la filière nucléaire française ainsi que plusieurs investisseurs et opérateurs énergétiques à un dîner officiel au Palais de l’Élysée.






































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Gabriel MIHAI
Gabriel Mihai est journaliste et rédacteur en chef pour IMPACT EUROPEAN. Il couvre l’actualité européenne et internationale, les analyses politiques et les tribunes d’experts. Passionné par la géopolitique et le journalisme d’investigation, il coordonne les publications et veille à l’exactitude des informations publiées sur le site.