Sommet – Washington: Trump reçoit lundi le président Volodymyr Zelensky, accompagné de plusieurs dirigeants européens
Après l’échec du sommet en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine, la diplomatie mondiale se déplace à Washington. Le président américain reçoit Volodymyr Zelensky, accompagné de plusieurs dirigeants européens, pour discuter d’un accord de paix, des garanties de sécurité pour l’Ukraine et du renforcement des sanctions contre la Russie.
Après plus de trois ans et demi de guerre en Ukraine, les lignes diplomatiques bougent à grande vitesse. Les Européens, qui redoutent un marché conclu au détriment de l’Ukraine, entendent afficher leur unité en accompagnant Volodymyr Zelensky à Washington.
Après le sommet en Alaska, où Donald Trump et Vladimir Poutine n’ont pas réussi à parvenir à un accord de cessez-le-feu,
La présidente du Conseil européen, Ursula von der Leyen, a reçu aujourd’hui le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Mme Ursula von der LEYEN a exprimé son soutien à l’Ukraine, en énumérant trois points concrets :
- « nous devons disposer de solides garanties de sécurité pour protéger les intérêts vitaux de l’Ukraine et de l’Europe en matière de sécurité. L’Ukraine doit pouvoir préserver sa souveraineté et son intégrité territoriale. »
- « concernant les questions territoriales en Ukraine : la position est claire : les frontières internationales ne peuvent être modifiées par la force. Ces décisions doivent être prises par l’Ukraine et par elle seule, et elles ne peuvent être prises sans la participation de l’Ukraine. »
- « tant que le bain de sang en Ukraine se poursuivra, l’Europe maintiendra sa pression diplomatique et, surtout, économique sur la Russie.
L’Europe continue de renforcer les sanctions. Nous avons adopté 18 paquets de sanctions à ce jour et nous préparons le 19e. Quel paquet sera disponible début septembre, (…) les sanctions sont efficaces, nous avons déjà mis à profit les ressources russes immobilisées au profit de l’Ukraine.
Ont continuéons de faire pression sur l’économie de guerre russe pour amener le président Poutine à la table, »
Après la rencontre entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ils se sont entretenus par visioconférence organisée dans le cadre de la Coalition des volontaires.
Ursula von der Leyen a annoncé sa présence aux côtés du président Zelensky, aux côtés d’autres dirigeants européens, tels que le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, la présidente du Conseil des ministres d’Italie Giorgia Meloni et le président finlandais Alexander Stubb ont également confirmé leur présence, lors de la réunion qu’elle aura demain avec le président américain Donald Trump à la Maison Blanche.
À l’issue de son sommet vendredi avec Vladimir Poutine, Donald Trump avait fait savoir que ses efforts portaient désormais sur l’élaboration d’un accord de paix permettant de mettre fin à la guerre, sans passer par l’étape d’un cessez-le-feu.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé dimanche que la «décision» des États-Unis de fournir à l’Ukraine des «garanties de sécurité» pour arrêter la guerre avec la Russie était «historique», avant sa rencontre prévue lundi à Washington en présence des dirigeants européens avec Donald Trump.
«Des garanties de sécurités, comme résultats de notre travail commun, doivent vraiment être très pratiques, fournir une protection au sol et dans les airs, en mer, et doivent être développées avec la participation de l’Europe», a indiqué sur les réseaux sociaux M. Zelensky, après une réunion en visioconférence de la «Coalition des volontaires» regroupant des alliés de Kiev.
Le président français, Emmanuel Macron, a affirmé dimanche que son homologue russe, Vladimir Poutine, «ne voulait pas la paix» mais une «capitulation» de l’Ukraine, à l’issue d’une réunion en visioconférence avec la «coalition des volontaires» alliés de Kiev.
«Il ne peut pas y avoir de discussions territoriales sur l’Ukraine sans les Ukrainiens» et, «de la même manière pas de discussion sur la sécurité des Européens sans eux», a-t-il ajouté, demandant à ce que les Européens soient conviés aux prochains sommets sur l’Ukraine.
L’émissaire spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, a assuré dimanche que la Russie avait fait «des concessions» territoriales concernant cinq régions ukrainiennes, à la veille de la réception à la Maison-Blanche de Volodymyr Zelensky et de dirigeants européens.
«Les Russes ont fait certaines concessions à la table (NDLR: des négociations en Alaska vendredi) concernant l’ensemble des cinq régions (de l’est de l’Ukraine). Il y a une importante discussion sur Donetsk et ce qui se passera là-bas», a déclaré M. Witkoff sur la chaîne CNN, deux jours après un sommet entre les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine à Anchorage qui n’avait pas permis d’avancées concernant un cessez-le-feu en Ukraine.
Sur CBS, le secrétaire d’Etat Marco Rubio a estimé de son côté que « les États-Unis ne sont pas en position d’accepter quoi que ce soit ou de rejeter quoi que ce soit, car en fin de compte, cela dépend des Ukrainiens ». Il a aussi menacé la Russie de nouvelles sanctions si un accord n’est pas conclu.
En effet, l’Italienne va pouvoir faire le lien entre les différentes parties en présence, car elle est très proche des idées du président américain tout en étant une fervente défenseure de l’Ukraine. Un visage ami dans la délégation, mais qui parle de la même voix que les autres Européens.
Le président américain soutient aussi une proposition de la Russie renforçant sa présence dans l’est de l’Ukraine, d’après un responsable au courant d’échanges téléphoniques samedi entre Donald Trump et des dirigeants européens.
Selon cette source anonyme, le président russe « demande dans les faits que l’Ukraine quitte le Donbass » et cède donc totalement ce territoire rassemblant les régions de Donetsk et Lougansk dans l’est de l’Ukraine. Il propose par ailleurs un gel du front dans les régions de Kherson et Zaporijjia (sud).
Quelques mois après avoir lancé son invasion de l’Ukraine, la Russie avait proclamé en septembre 2022 l’annexion de ces quatre régions ukrainiennes, même si ses troupes n’en contrôlent toujours aucune en totalité. De son côté, Kiev a jusqu’ici rejeté toute concession territoriale, disant avoir les mains liées par la Constitution ukrainienne.
Donald Trump a aussi laissé entrevoir un possible sommet tripartite, en présence de Vladimir Poutine et de Volodymyr Zelensky si « tout marche bien » lorsqu’il recevra le président ukrainien ce lundi. Cette rencontre doit avoir lieu « aussi rapidement que possible », a martelé Ursula von der Leyen, dimanche.
Après le sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska, le calendrier diplomatique s’accélère.
Alors que ce lundi 18 août, Volodymyr Zelensky se rendra à Washington pour rencontrer à son tour le président américain, une réunion tripartite pourrait être organisée avant le 22 août.