Toulouse FW2025: Quand l’héritage devient avant-garde à Toulouse
Futura Couture
Fin novembre, la Ville rose s’est parée de ses plus beaux atours pour accueillir la Toulouse Fashion Week 2025, un événement hors norme qui, les 28 et 29 novembre, a transformé Interférence (Balma) en véritable laboratoire de la création contemporaine. Plus qu’une succession de défilés, la TFW 2025 fut une immersion sensorielle et émotionnelle au cœur de la mémoire textile mondiale, une célébration des savoirs ancestraux et des audaces contemporaines.
Durant deux soirées, 24 créateurs internationaux — venus de Corée du Sud, de Pologne, du Nigeria, d’Algérie, du Sénégal, d’Indonésie, de Guyane, du Brésil, du Venezuela, de France et d’ailleurs — ont fait vibrer les planches d’un catwalk monumental en forme de “U”, long de 45 mètres, le plus vaste jamais construit en Occitanie. Entre lumières, musiques et élégance, la mode s’y est faite langage universel, racontant l’histoire des peuples et des générations.
L’héritage comme fil d’or
Le thème de cette édition, « Héritage », a résonné comme un écho poétique entre passé et avenir. Ici, le vêtement ne se contentait plus d’habiller : il transmettait, questionnait et sublimait. Chaque couture devenait mémoire, chaque étoffe, un fragment d’humanité.
Sous la direction artistique de Fabrice Sauriat et portée par l’Institut des Arts & de la Mode, la TFW a su conjuguer authenticité et innovation. Unique par son modèle associatif — près de 300 bénévoles unis par une même passion — l’événement a affirmé une vision rare : celle d’une mode inclusive, durable et engagée, nourrie de diversité culturelle.
Une scène vibrante d’art et de musique
Le spectacle d’ouverture a donné le ton. Laëly, révélation de The Voice, a prêté sa voix à une performance magistrale, accompagnée du guitariste Laurent Pisula (Vitaa, Renan Luce, David Hallyday). Les danseuses Louhane Pilod et Clara Grataloup, championne de France de hip-hop, ont électrisé la scène, fusionnant rythme, élégance et puissance.
Quant à Tonye Aka, marraine d’exception de cette édition, elle a incarné avec force l’esprit de l’Héritage. Fondatrice de Tonye’s Fashion et Maître Artisan, elle milite depuis plus de treize ans pour une couture responsable et la transmission du savoir-faire. Sa collection Désir, alliance subtile de paillettes et de lignes éco-conscientes, a su conjuguer émotion, brillance et artisanat d’exception.
Les créateurs en lumière
Parmi les talents présentés, Agnès Wuyam a offert une rétrospective élégante de ses 30 ans de création, entre sophistication parisienne et influences cosmopolites. Ses pièces sur mesure, d’une fluidité sculpturale, ont incarné une vision intemporelle de la féminité et de la liberté.
Véronique Magny, pionnière de l’Art Porté, a marqué les esprits avec Les Noces Alchimiques, une ode poétique à la métamorphose et à l’environnement. Entre alchimie, recyclage et performance scénique, son travail a rappelé que la beauté pouvait aussi être un acte engagé.
La plasticienne Estelle So a, quant à elle, transporté le public dans son univers TaleVerse, où contes et mythes se réinventent à travers un dialogue subtil entre Orient et Occident. Une proposition visuelle forte, à la fois introspective et féerique.
Et si la scène toulousaine s’enrichit de talents venus du monde entier, elle séduit aussi ceux qui choisissent de s’y installer. La créatrice brésilienne Kamila Ferreira, récemment arrivée à Toulouse, confiait avec émotion :
« Je suis tombée amoureuse de chaque détail de ce magnifique spectacle. C’était une soirée magique, une rencontre entre cultures et émotions. »
L’avenir de la mode passe par la mémoire
En mêlant art, musique, danse et coutures du monde, la Toulouse Fashion Week 2025 a démontré qu’elle n’était pas une simple vitrine de tendances, mais bien un pont culturel entre les générations.
Dans chaque silhouette se lisait une promesse : celle d’une mode porteuse de sens, consciente de ses racines mais résolument tournée vers demain. En Occitanie, ce fil invisible entre passé et futur a trouvé son écrin.
Et s’il fallait résumer cette édition en une phrase : habiller l’âme autant que le corps, et faire de chaque vêtement une mémoire vivante.


































