Laurent Douziech, Douro et Vicio : quand la relation avec le cheval devient création
Spectacle Equinoche : à l'écurie de Pachka à Castelmayran
À Castelmayran, dans le Tarn-et-Garonne, les trois soirées d’Équi’noche ont marqué l’été 2026 aux Écuries Pachka. Mais derrière les figures de voltige, les chevaux en liberté et les performances aériennes se trouve une histoire beaucoup plus longue que les quelques minutes passées devant le public. Celle de Laurent Douziech et des chevaux avec lesquels il travaille, d’une relation construite au quotidien, mais aussi d’un savoir qui se partage avec celles et ceux qui viennent apprendre.
Le 29 août, dernière date d’Équi’noche après les soirées des 4 et 25 juillet, Laurent Douziech présentait notamment un travail en liberté avec Douro et Vicio. Les trois rendez-vous constituaient l’intégralité du calendrier estival 2026 de cette guinguette équestre installée aux Écuries Pachka.
La représentation durait un peu plus d’une heure et demie. Dressage de haute école, chevaux en liberté, voltige cosaque et cascades y côtoyaient les arts aériens, avec tissu et cerceau au-dessus de la carrière. Lumières et bande-son complétaient la mise en scène.
Pour le public, le spectacle commence lorsque les artistes entrent en piste. Pour Laurent Douziech et les chevaux, il a commencé bien avant.
Le travail en liberté en donne probablement l’une des expressions les plus lisibles. Sans harnachement, la relation entre l’homme et l’animal devient centrale. Aux Écuries Pachka, son apprentissage passe notamment par la voix et les gestes, la compréhension des codes du cheval et la recherche d’une relation de complicité.
C’est dans cette construction que la confiance prend toute sa place. L’homme doit apprendre à connaître l’animal avec lequel il travaille, observer son comportement et adapter ses demandes. Le cheval, lui, doit pouvoir évoluer avec l’homme et répondre aux indications qui structurent le travail commun. La relation n’est donc pas figée : elle se construit et se réajuste avec l’expérience.
Avec Douro et Vicio, cette relation devient visible lorsqu’elle quitte le travail quotidien pour entrer dans la carrière. Mais elle ne peut être réduite à l’image finale offerte au public.
Une relation qui continue lorsque les lumières s’éteignent
Les Écuries Pachka ne vivent pas seulement les soirs d’Équi’noche. À Castelmayran, l’activité se poursuit tout au long de l’année, entre pension de chevaux, cours, stages et différentes pratiques équestres. Le centre accueille enfants, adolescents et adultes, avec un enseignement principalement orienté vers le saut d’obstacles et le dressage.
C’est ici que la relation entre l’homme et le cheval prend une autre dimension : celle de l’apprentissage.
Pendant les vacances scolaires, des stages à la journée ou à la demi-journée permettent de progresser, de découvrir d’autres disciplines ou de préparer les examens fédéraux. Des activités thématiques sont également consacrées à la voltige cosaque, à l’acrobatie équestre, au travail à pied et à la liberté.
La diversité des niveaux est importante. Le travail à pied et la liberté ne demandent aucun niveau minimum de Galop et peuvent être abordés par des débutants. La voltige cosaque nécessite davantage d’aisance : les premières figures peuvent être apprises sur un cheval arrêté ou au pas avant que le travail au galop exige une maîtrise physique plus importante.
L’apprentissage ne concerne donc plus seulement Laurent et ses chevaux.
L’expérience construite entre l’artiste et l’animal devient disponible pour d’autres. Les stages animés par l’équipe de Douziech Horse Events accueillent des cavaliers amateurs comme confirmés, avec un travail adapté aux capacités de chaque binôme cavalier-cheval.
Celui qui vient apprendre ne reçoit pas uniquement une technique. Dans le travail en liberté, il doit lui aussi découvrir les codes du cheval, apprendre à utiliser sa voix et ses gestes et construire progressivement sa propre relation avec l’animal.
L’apprentissage change ainsi de protagonistes sans perdre son principe : une expérience acquise entre l’homme et le cheval permet à d’autres binômes de commencer leur propre parcours.
Cette ouverture concerne également la vie collective du centre. Des animations, challenges, randonnées et journées thématiques complètent les cours et les stages, tandis que la fête du club réunit cavaliers et familles autour de démonstrations, baptêmes à poney et moments de convivialité.
Apprendre avant de maîtriser, maîtriser avant d’inventer
Laurent Douziech occupe une place particulière dans cet environnement. Les informations disponibles le présentent non seulement comme enseignant, mais avant tout comme artiste et cascadeur équestre professionnel.
Cette double activité relie directement apprentissage et création.
La maîtrise technique reste indispensable. En voltige, le corps de l’artiste doit évoluer autour d’un cheval en mouvement ; dans le travail en liberté, les indications passent autrement ; dans le dressage, précision et rigueur deviennent centrales. À côté de ces disciplines artistiques, les écuries préparent également cavaliers et chevaux aux compétitions officielles de CSO et enseignent le dressage.
Mais maîtriser une technique ne signifie pas encore créer.
À Castelmayran, le travail franchit cette frontière. Les installations servent de lieu d’entraînement et de répétition pour expérimenter de nouvelles figures, approfondir la voltige cosaque, travailler des figures complexes en liberté ou rechercher de nouvelles associations entre cheval et arts aériens.
L’écurie devient alors un laboratoire.
Le cheval n’est plus seulement celui avec lequel on apprend un exercice. Son mouvement, son rythme et sa relation avec l’artiste entrent dans la construction même du numéro.
C’est dans ce travail qu’est notamment né « Fusion », développé à Castelmayran en collaboration initiale avec la compagnie Équimuse. Le numéro associe voltige cosaque et haute voltige aérienne, avec un agrès en forme de lune suspendu au-dessus des chevaux. Cette recherche a ensuite servi de fil conducteur au lancement du format Équi’noche.
La trajectoire devient alors beaucoup plus claire : ce que le public découvre pendant une soirée n’est pas une création apparue pour l’occasion. Elle est le résultat visible d’un processus commencé dans le travail quotidien.
Équi’noche, trois soirées dans une année beaucoup plus longue
Les soirées estivales transforment ce travail en représentation.
La carrière devient une scène centrale, entourée du public, tandis que les Écuries Pachka prennent temporairement la forme d’une guinguette équestre en plein air.
C’est ici que la création change une nouvelle fois de fonction.
Ce qui avait été relation entre l’homme et le cheval, puis apprentissage, répétition, maîtrise et expérimentation, devient une expérience partagée avec des spectateurs. Le travail en liberté de Laurent avec Douro et Vicio prend alors un autre sens : le public ne voit pas toutes les heures qui l’ont précédé, mais il en voit le résultat.
La photographie permet justement d’en conserver certaines étapes visibles : la proximité de l’homme et des chevaux, leurs déplacements, puis l’accélération du mouvement lorsque la représentation entre dans la voltige et l’acrobatie. Le reportage photographique ne remplace pas le travail invisible ; il en saisit l’aboutissement pendant quelques fractions de seconde.
Mais Équi’noche ne constitue toujours pas le terme du parcours.
De Castelmayran aux spectacles hors les murs
Lorsque la saison estivale s’achève fin août, Laurent Douziech et Douziech Horse Events ne cessent pas pour autant leur activité artistique. La compagnie se produit régulièrement hors de sa base de Castelmayran.
Cette mobilité apporte une autre dimension à la création : changer de scène signifie aussi rencontrer d’autres publics, d’autres artistes et d’autres configurations de spectacle.
Le parcours documenté passe notamment par la Nuit du Cheval de Foix, où Laurent Douziech et Eline Chorches présentent un ballet équestre et aérien, par la Nuit du Cheval de Rignac avec des numéros de voltige cosaque et de liberté, ou encore par le Festibérique de Caussade. Des spectacles ont également accompagné des festivités du 14 juillet, comme Chevauchée sous les étoiles à Villeréal.
À chaque déplacement, le travail né avec les chevaux rencontre un environnement différent.
La création peut également changer avec les partenaires. Douziech Horse Events collabore avec d’autres artistes et structures ; les informations disponibles mentionnent notamment des expériences avec la Troupe du Ménil Saint-Michel et des productions associant plusieurs univers du spectacle équestre.
Ainsi, la relation construite à l’écurie ne conduit pas vers un spectacle unique. Elle alimente différentes créations, qui elles-mêmes apportent de nouvelles expériences avant le retour au travail.
Avignon, autre temps fort d’un parcours qui continue
L’hiver ouvre une nouvelle période.
Parmi les grands rendez-vous, le Gala des Crinières d’Or du Salon Cheval Passion à Avignon constitue un repère historique et régulier dans le parcours de Laurent Douziech. Les informations disponibles rappellent notamment sa participation avec Mathilde Maestrello autour de Dream Horse, numéro mêlant émotion et haute voltige, ainsi que son caractère récurrent sur cette scène.
La prochaine édition de Cheval Passion est annoncée du 14 au 18 janvier 2027.
Il serait cependant prématuré d’affirmer ici une participation de Laurent Douziech à cette édition sans confirmation spécifique de programmation. Ce qui est établi est la continuité historique de son travail avec ce rendez-vous majeur.
Cette distinction est importante : suivre une activité tout au long de l’année signifie aussi séparer les représentations documentées, les collaborations récurrentes et les engagements futurs encore à confirmer.
Et le parcours revient toujours au même endroit : au travail.
Après une représentation, le cheval et l’artiste ne restent pas figés dans la figure que le public vient d’applaudir. Ils retournent à l’entraînement avec l’expérience de ce qui vient d’être vécu. Une indication peut être affinée, une figure retravaillée, une nouvelle association testée. La maîtrise peut produire une nouvelle expérimentation, et l’expérimentation une autre création.
C’est pourquoi la relation entre Laurent Douziech et ses chevaux ne peut pas être racontée uniquement à travers le calendrier des spectacles.
À Castelmayran, elle existe aussi lorsqu’il n’y a ni lumière, ni musique, ni public.
Douro et Vicio en liberté, les cavaliers qui viennent apprendre, les répétitions quotidiennes, Fusion, les trois soirées d’Équi’noche, les scènes extérieures et les collaborations appartiennent à des moments différents d’une même activité. Le spectacle en révèle une partie ; l’apprentissage et le travail quotidien en construisent la continuité.
Et lorsque le cheval entre à nouveau dans la carrière avec l’homme, ce qui paraît être le commencement du spectacle est en réalité la continuation d’une relation déjà en mouvement.


































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Gabriel MIHAI
Gabriel Mihai est journaliste et rédacteur en chef pour IMPACT EUROPEAN. Il couvre l’actualité européenne et internationale, les analyses politiques et les tribunes d’experts. Passionné par la géopolitique et le journalisme d’investigation, il coordonne les publications et veille à l’exactitude des informations publiées sur le site.