Mosaïca : Marie Cantagrill fait naître un nouveau concerto au Mas-d’Azil
Au Mas-d’Azil, la création musicale s’est conjuguée à la transmission et au soutien de la culture en milieu rural. Du 8 au 10 octobre, la violoniste Marie Cantagrill a retrouvé le compositeur Omar Yagoubi pour donner vie à Mosaïca, son deuxième concerto pour violon et orchestre, créé en première mondiale le samedi 10 octobre dans l’église Saint-Sernin. Une aide de 2 000 euros de la Fondation Banque Populaire du Sud a également accompagné le projet.
Trois jours pour faire naître une œuvre
Du 8 au 10 octobre 2026, le village ariégeois du Mas-d’Azil a accueilli une résidence d’artistes consacrée à la création de Mosaïca, le Concerto n° 2 pour violon et orchestre d’Omar Yagoubi. Au centre de cette aventure musicale, Marie Cantagrill, violoniste et interprète de l’œuvre, a travaillé avec le compositeur et cinq musiciens de l’Orchestre de Chambre d’Ariège.
Cette résidence ne s’est pas limitée à la préparation d’un concert. Les répétitions ouvertes, les ateliers interactifs et les rencontres avec des élèves et des étudiants ont permis de faire entrer le public dans le processus de création. De la lecture de la partition aux échanges autour de l’interprétation, la musique s’est ainsi présentée comme une œuvre en construction, nourrie par le dialogue entre le compositeur, les instrumentistes et les auditeurs.
Le rendez-vous s’inscrit dans la continuité d’une collaboration déjà marquée par L’Ariégeois, le premier concerto pour violon d’Omar Yagoubi, créé par Marie Cantagrill à Foix en 2017. Avec Mosaïca, les deux artistes poursuivent cette relation autour d’une nouvelle partition conçue pour la violoniste.
Trois mouvements, trois univers
Le concerto se déploie en trois mouvements aux caractères distincts. Le premier traverse différentes émotions, entre rythme dansant, joie et introspection. L’écriture invite à passer d’une énergie affirmée à des moments plus intérieurs, en faisant du violon le fil conducteur de ces contrastes.
Le deuxième mouvement, intitulé « Éloge de la simplicité », adopte le caractère apaisé d’une valse. Après les variations émotionnelles du premier volet, cette partie propose une respiration, portée par la simplicité du mouvement et la recherche d’un équilibre musical.
Le troisième mouvement, « L’Azilien », ancre l’œuvre dans l’identité du territoire. Son titre fait référence à la grotte du Mas-d’Azil et à la culture azilienne, héritage préhistorique qui donne au village une place particulière dans l’histoire humaine. L’enfance figure également parmi les inspirations de cette partie, créant un lien entre mémoire ancienne, imaginaire et regard porté sur le monde.
La référence au patrimoine local ne constitue donc pas seulement un décor. Elle participe à l’identité de la composition, en rapprochant la création contemporaine d’un lieu chargé d’histoire.
Cinq musiciens au service de la création
Aux côtés de Marie Cantagrill, cinq instrumentistes de l’Orchestre de Chambre d’Ariège ont pris part au travail collectif : Romuald Toïga au premier violon, Enora Durando au deuxième violon, Damien Bec à l’alto, Annick Paré au violoncelle et Titouan Gomez à la contrebasse.
Leur participation a contribué à donner forme à l’œuvre au fil de la résidence. Les moments de répétition et de transmission ont également mis en lumière la dimension pédagogique du projet. Une démonstration consacrée à la tenue du violon, menée par Damien Bec, illustre cette volonté de rendre les pratiques instrumentales accessibles et de partager les gestes qui se cachent derrière l’interprétation.
La résidence a ainsi réuni plusieurs dimensions : l’exigence artistique, le travail d’ensemble et l’ouverture aux publics. La rencontre avec les élèves et les étudiants a permis de dépasser le cadre habituel du concert, en donnant à voir et à comprendre les étapes qui précèdent une création.
Un soutien de 2 000 euros pour la culture en milieu rural
La Fondation Banque Populaire du Sud a apporté une contribution financière de 2 000 euros au projet. La remise du chèque, organisée à l’occasion de l’événement, souligne l’importance du soutien aux initiatives culturelles locales et à la création artistique en milieu rural.
Au-delà du montant, cette aide accompagne une démarche qui associe diffusion de la musique classique, transmission des savoirs et rencontre avec les habitants. Dans les territoires où l’accès aux grandes programmations culturelles peut être plus limité, les résidences d’artistes constituent un moyen de rapprocher la création des publics, sans réduire la musique à sa seule représentation finale.
Le projet rappelle également que la création contemporaine repose sur plusieurs formes d’engagement : celui des artistes, celui des structures qui organisent les rencontres et celui des partenaires qui contribuent à leur réalisation.
Une première mondiale à l’église Saint-Sernin
Le samedi 10 octobre à 17 heures, l’église Saint-Sernin du Mas-d’Azil a accueilli le concert de création de Mosaïca. La représentation a marqué l’aboutissement de ces trois jours de résidence et la première présentation publique de l’œuvre.
Parmi les personnalités présentes figuraient Hervé Brabant, préfet de l’Ariège, Sophie Pauzat, sous-préfète, et Raymond Berdou, maire du Mas-d’Azil. Leur présence a inscrit ce rendez-vous dans la vie culturelle et institutionnelle du territoire.
Avec Mosaïca, Marie Cantagrill et Omar Yagoubi poursuivent un travail où la musique contemporaine rencontre le patrimoine, la pédagogie et la vie locale. Au Mas-d’Azil, la création d’un concerto ne s’est donc pas résumée à une première mondiale : elle a aussi donné lieu à un temps de partage, au croisement des artistes, des élèves, des partenaires et du public.



















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Gabriel MIHAI
Gabriel Mihai est journaliste et rédacteur en chef pour IMPACT EUROPEAN. Il couvre l’actualité européenne et internationale, les analyses politiques et les tribunes d’experts. Passionné par la géopolitique et le journalisme d’investigation, il coordonne les publications et veille à l’exactitude des informations publiées sur le site.