Colomiers : la foi inébranlable, une remontada historique face à Oyonnax (24-23)
Jérémy Bechu , 3 ème ligne de Colomiers
Stade Michel-Bendichou, Colomiers – Vendredi 16 janvier 2026
Pro D2 – 17e journée
Affluence : 4 589 spectateurs
Arbitre : M. Coulon (Occitanie)
Score final : Colomiers 24 – 23 Oyonnax
Mi-temps : 7-23
Menés 7-23 à la 70e minute, les Columérins ont réalisé l’un des scénarios les plus fous de la saison en Pro D2. En inscrivant trois essais en huit minutes, Colomiers a renversé Oyonnax sur le fil (24-23) au terme d’un match aux allures de phases finales, qui restera gravé dans les mémoires du Stade Michel-Bendichou.
Oyonnax impose son rythme et assomme Colomiers avant la pause
Dès les premières minutes, Oyonnax prend le contrôle de la rencontre. Solides en conquête et dominateurs au pied — l’équipe qui tape le plus en Pro D2 cette saison — les Oyomen ouvrent logiquement le score par une pénalité de Justin Bouraux (0-3, 6e).
La pression s’accentue rapidement. Sur un magnifique mouvement collectif, Enzo Reybier conclut sur l’aile droite (0-10, 11e). Colomiers réagit timidement par un essai de Vincent Pinto, transformé par Danglot (7-10, 16e), mais Oyonnax repart aussitôt à l’assaut. Hermet aplatit en force (7-17, 20e), avant que Bouraux n’ajoute deux nouvelles pénalités juste avant la pause (35e, 39e).
À la mi-temps, le choc du haut de tableau tourne à la démonstration aindinoise : 23-7.
Une seconde période maîtrisée… jusqu’à la 70e minute
Au retour des vestiaires, le scénario ne change pas. Oyonnax maîtrise les débats, asphyxie Colomiers en défense et semble filer vers une septième victoire en huit matchs.
Pourtant meilleure défense du championnat, Colomiers accumule les maladresses : touches perdues, conquête fébrile, imprécisions dans les zones clés. À la 70e minute, le score est toujours de 7-23. Dans les tribunes, certains supporters commencent à quitter le stade, résignés.
Le match bascule : huit minutes totalement irréelles
Et puis, l’incroyable se produit.
À la 70e minute, Matías Osadczuk inscrit un essai rageur qui redonne espoir aux siens (12-23). Le stade se réveille. Deux minutes plus tard, Marta perce plein champ, enchaîne plusieurs temps de jeu et sert Ugo Séguéla, qui conclut après un énorme effort collectif (17-23, 74e). L’essai est validé après vidéo, mais la transformation est manquée.
L’élan est lancé, la pression devient irrespirable.
Béchu, Delpy et la délivrance de Michel-Bendichou
À la 78e minute, Colomiers obtient une nouvelle pénaltouche. Le maul avance, la défense d’Oyonnax est fixée, puis Séguéla renverse le jeu avec lucidité pour Julien Béchu. L’ailier file dans le fermé et inscrit l’essai de la victoire.
Valentin Delpy, l’ouvreur prêté par le Stade Toulousain, prend ses responsabilités. Sous une pression immense, il transforme : 24-23. Le stade explose, Oyonnax est à terre.
L’ADN combatif de Colomiers et une victoire fondatrice
Trois essais en huit minutes, zéro point encaissé dans ce money-time irrespirable : Colomiers a puisé dans son ADN combatif. Comme le résumait Aurélien Béco, co-entraîneur du club :
« On ne peut pas expliquer l’inexplicable… la nature des joueurs a repris le dessus. »
Les héros du soir se nomment Ugo Séguéla (entrée décisive, un essai et une passe), Vincent Pinto (premier à y croire), Mihai Osadczuk et Julien Béchu, sans oublier le sang-froid de Delpy au moment décisif.
Cruel dénouement pour Oyonnax, Colomiers reste dans le top 4
Pour Oyonnax, la cruauté est totale. Malgré une domination écrasante pendant 70 minutes — deux essais de Reybier et Hermet, deux transformations et trois pénalités de Bouraux — les Aindinois repartent avec un bonus défensif amer et perdent du terrain dans la course au top 6.
Au classement, Colomiers (51 points) reste solidement installé dans un top 4 ultra-serré, tandis qu’Oyonnax (44 points) voit sa belle série stoppée net.
Et maintenant ?
Colomiers se déplacera à Agen pour un rendez-vous périlleux lors de la 18e journée.
Oyonnax tentera de se relancer sur la pelouse de Soyaux-Angoulême.
Une chose est sûre : à Colomiers, on ne lâche jamais rien. Cette victoire aussi improbable qu’« inexplicable » pourrait bien marquer un tournant dans la saison du club à la colombe.






















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Gabriel MIHAI
Gabriel Mihai est journaliste et rédacteur en chef pour IMPACT EUROPEAN. Il couvre l’actualité européenne et international, les analyses politiques et les tribunes d’experts. Passionné par la géopolitique et le journalisme d’investigation, il coordonne les publications et veille à l’exactitude des informations publiées sur le site.