La nouvelle plume, Frieda Léo signe son premier roman

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Elle s’est Mado. Depuis dix ans, l’écrivain qu’elle est vit avec un homme qu’elle considère comme son « pharaon » et pourtant, il ne la connait pas.  Elle veut des enfants, lui non. Ses tentatives sont vaines. Son ventre refuse de donner la vie. Et pour cause, elle est infertile. Les traitements hormonaux vont cependant avoir raison d’elle. Elle se retrouve enfin enceinte. Mais l’ironie du sort veut que son mari décide de la quitter sans avoir connaissance de la nouvelle. C’est que cela devait être ainsi.

Cette grossesse va alors réveiller en Mado un travail d’introspection. Alors que pendant toutes ces années le vide de ne pouvoir enfanter la faisait souffrir du syndrome de la page blanche, Majdouline retrouve l’inspiration. Cette vie qui prend place en elle l’incite à s’exprimer. C’est sur la genèse de l’humanité qu’elle le fait, aidée par une seule volonté : celle de réhabiliter le nom d’une femme oubliée de tous alors qu’elle a créé la légende et aurait dû faire partie de la mémoire collective. Cette femme c’est Hajar, la mère d’une multitude de nations.

Il y a trois mille ans, dans l’Égypte antique, elle était l’esclave sexuelle de Pharaon. À ses treize ans, il en fit don comme servante à Abraham pour qu’elle loue son ventre et sa jeunesse à Sarah, son épouse stérile, afin de satisfaire son désir d’être mère et lui permettre d’assurer leur descendance. Ainsi naîtra Ismaël.

Hajar serait donc à l’origine du monde. En fait, Ève, c’est elle. Et même plus. Elle est la toute première mère porteuse.  Elle « a donné la vie pour l’agrément d’une autre. » Par son rôle de « mandataire à la procréation » elle a fait l’histoire ! Comme quoi, la GPA, légale aux USA, mais prohibée en France, ne date pas d’hier ! Il était temps que justice soit rendue à cette génitrice et que « les apôtres de la morale » fassent amende honorable.

En dédiant ses mots à Hajar, dont on a certes marchandé le corps, Mado va libérer ses propres maux. En racontant qui était Hajar, c’est après son miroir, son double, sa chair qu’elle part en quête. Mado, la Hajar des temps modernes, en fait un personnage à sa hauteur, une héroïne pour qu’on ne l’abandonne pas une seconde fois et que son nom ne soit plus oublié. Au fil de sa plume, leurs prénoms viennent à se confondre et leur identité à se transposer. Mado et Hajar. Au nom de la vie, la légende de l’une fait l’histoire de l’autre.

« Au commencement était le ventre » de Frieda Léo aux éditons Librinova, un voyage mythique sur fond d’histoire pédagogique qui reflète tout en subliminal, une réalité très contemporaine : celle de la procréation et de la gestation pour autrui. Un premier romain comme une naissance, qui incite à la réflexion. Tout simplement, une ode à la vie.

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