Les syndicats sur le pied de guerre

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Les syndicats n’ont pas chômé pendant 2 jours entre la rencontre avec le Président de la République et le patronat à l’Elysée le 4 juin et première réunion intersyndicale post-confinement le lendemain, 5 juin.

4 JUIN A L’ELYSEE

Syndicats(CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa), patronat (Medef, CPME, U2P, FNSEA) et ministres (Muriel Penicaud, ministre du travail; Gérald Darmanin,  ministre des Comptes publics; Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education) se sont réunis autour du Président Emmanuel Macron  et du Premier Ministre Edouard Philippe afin de trouver des solutions pour sauver l’emploi suite à la récession liée à la crise du coronavirus, l’exécutif misant sur le déconfinement en cours pour relancer l’activité.

Cette première rencontre en face-à-face depuis le début de la crise, a duré près de 3 heures. A son issue, on peut retenir certaines annonces dont celle concernant l’embauche d’un apprenti (les entreprises qui recruteront un apprenti du 1er juillet au 28 février bénéficieront d’une aide élargie à l’embauche de 8000 euros pour les majeurs et 5000 euros pour les mineurs, alors qu’elle était réservée jusqu’aujourd’hui à des entreprises de moins de 250 salariés et pour des diplômes au niveau inférieur ou égal au bac, le dispositif serait élargi jusqu’au niveau de la licence et à toutes les entreprises ( un coût supplémentaire supérieur à un milliard d’e.uros )

Pour la ministre du travail, “l’enjeu est  de sauver l’emploi et de bâtir une nouvelle donne pour préserver les compétences des salariés.”… “Des discussions sur la réforme contestée de l’assurance-chômage vont s’ouvrir dans les semaines qui viennent  avec les organisations syndicales et patronales en vue de parvenir à des décisions d’ici l’été“.

Les organisations syndicales réclament l’annulation de cette réforme dont le second volet a été reporté au 1er septembre pour permettre de s’accorder sur les critères ou les mesures à adapter pour tenir compte du contexte  de la crise, de même que sur la date d’application.

Nombreuses réactions syndicales et patronales ont été divergentes, les indicateurs macroéconomiques sont tous au rouge: une chute du PIB de 11% cette année en raison du choc économique extrêmement brutal provoqué par l’arrêt quasi total de l’économie. Le déficit public français va se creuser à 11,4% du PIB cette année, contre 3% en 2019 selon Gérald Darmanin.

Plus de 8 millions de personnes sont au chômage partiel et plus de six millions de demandeurs d’emploi ont été comptabilisés par Pôle emploi en avril, la situation devrait s’aggraver: la France repasserait les 10% de taux de chômage contre 8,1% avant l’épidémie. Le secteur de l’intérim a plongé de 61% en avril, selon des chiffres publiés  par la fédération des entreprises du secteur.

L’accélération de la reprise est liée au déconfinement et à la levée de déplacement à plus de 100 km ainsi qu’à l’ouverture partielle des bars et restaurants ainsi que les petites salles de spectacle et  Jean-Michel Blanquer, espére voire le protocole ds les écoles s’ assouplir.

A la suite de cette réunion, plusieurs syndicats (CGT, FO, SUD, Unsa) et collectifs hospitaliers (Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux)  se sont réunis pour  appeler à une journée d’action nationale le 16 juin pour réclamer notamment des moyens supplémentaires et une revalorisation générale des salaires, en plein “Ségur de la santé” lancé par l’exécutif pour concrétiser le plan massif d’investissement et de revalorisation annoncé par Emmanuel Macron fin mars. Des soignants se sont de nouveau rassemblés par centaines devant des hôpitaux malgré l’annonce de l’hommage qui leur sera rendu le 14 juillet à la Concorde.

5 JUIN

Le 5 juin, la première réunion physique intersyndicale post-confinement a eu lieu avant la tenue du conseil commun de la fonction publique le 25 juin prochain. Cette réunion et les suivantes doivent mettre en oeuvre la “Loi de transformation de la fonction publique”, qui prévoit notamment la fusion des CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) dans les comités sociaux, unanimement dénoncée par les syndicats.

Visiblement en désaccord, 5 des 9  syndicats de la fonction publique ont quitté la réunion,  jugeant “inacceptable de discuter de la suppression des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail  avant même de  “tirer les enseignements de la crise”.

 FA-FP, FO, FSU et Solidaires représentent 58% des mandats dans la fonction publique ; ils réclament “un bilan de cette crise” ainsi qu uneréunion salariale” qui ne s’arrête pas à des mesurettes partielles” alors que les CHSCT sont en première ligne pour défendre la santé des personnels, c’est par la suppression de cette institution que la direction de la fonction reprend la négociation

Le “rendez-vous  salarial” fin juin ou début juillet, proposé par le secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique, Olivier Dussopt serait un  “pseudo-rendez-vous“. Les syndicats réclament une revalorisation salariale générale de la fonction publique alors que la valeur du  point est quasiment figée depuis plus de dix ans selon Gaelle Martinez (Solidaires).

On reprend l’agenda comme si de rien n’était, nous demandons de tirer avant tout les enseignements de la crise, alors que les personnels ont fait la preuve de leur dévouement, particulièrement dans la fonction publique hospitalière. Le gouvernement dit que 1% de hausse de la valeur du point coûterait 1,9 milliard par an, mais il oublie de dire que 500 millions reviendraient en cotisations sociales et impôts dans le budget de l’Etat, ce qui revient à 1,4 milliard en réalité… “Il veut procéder avec des primes ou des revalorisations catégorielles, qui sont  “une reconnaissance légitime, mais pas une augmentation de salaires générale”, assure Jean-Marc Canon, secrétaire (UFSE-CGT).

4 syndicats sont restés dans la négociation: CFDT, CFTC, Unsa et CFE-CGC.

Pour Luc Farré (Unsa), à partir du moment où la loi sur la transformation de la fonction publique a été votée malgré notre désaccord, nous continuerons à discuter, notamment pour renforcer le rôle des futures formations spécialisées qui doivent remplacer les CHSCT au sein des comités sociaux.

 La CFDT a fait le choix de rester travailler pour créer et préserver le dialogue social dans les fonctions publiques.

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